samedi, novembre 1 2014

Logiciel libre en Afrique : l'appel de Bouaké


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En juin 2013, nous nous sommes rendus à Bouaké, une ville située au centre de la Côte d'Ivoire à plus 350 km d'Abidjan,  dans le cadre d'un atelier de formation sur les logiciels libres. Du 14 au 17 Juin 2013, nous avons rencontré la jeunesse de Bouaké, avec laquelle nous avons partagé notre vision du développement numérique par la philosophie du logiciel libre. Au soir de ses 4 jours de prototypage de projets numériques basés sur les logiciels libres et les SMS, j'ai lancé un appel à cette jeunesse qui pour moi représente un acteur principal du développement numérique de la Cote d'Ivoire.

Plusieurs mois après, j'ai jugé opportun de retranscrire ce message dans ce billet !


« En venant à Bouaké et après avoir bravé ce long trajet, nous nous posions la question de savoir si : nous allions trouver sur place une équipe motivée ? J'avoue que je suis surpris car nous  avons trouvé une équipe hyper-motivée ! Je tiens sincèrement à vous féliciter pour cette mobilisation exceptionnelle autour du logiciel libre. Sachez que la route est (peut-être) longue mais la voie est Libre. Aujourd'hui vous avez tutoyé les logiciels libres, vous avez fait des installations, des configurations, vous avez fait des prototypes de ce qui était seulement hier une idée de projets. Vous avez touché de vos mains, ce qu'on appelle le logiciel libre. Vous avez appris à travailler  en équipe tout en découvrant des méthodes agiles de conduite de projets telles que Scrum et Extrem Programming. Des méthodes que chacun de vous a appliquées tout le long de ces 4 jours d'ateliers intenses. Vous avez tout simplement appris par l’expérimentation et c'est ainsi que nous voulons faire passer le message du Libre : la formation par l’expérimentation.

Le logiciel libre vous donne le pouvoir ! Le pouvoir de faire tout ce que vous souhaitez de votre informatique. Le pouvoir de faire ce que vous voulez sur votre ordinateur. Et le pouvoir surtout de prendre le contrôle sur votre formation. C'est cela le message que nous voulons faire passer ce jour. Je voudrais solennellement vous lancer un appel, un appel à l'action, un appel à vous libérer des idées reçues sur le logiciel libre. Nous ne sommes pas venus vous voir avec un discours, mais plutôt avec une preuve de faisabilité que vous avez vous même expérimentée. Alors, rejoignez nous  dès aujourd'hui dans cette mission !

Allez dans vos villages, vos quartiers et vos rues et aussi dans vos villes car je pense à ceux qui ont fait le déplacement de Béoumi. Retrouvez vous à plusieurs, travaillez sur vos projets, partagez vos expériences et mettez en commun vos compétences. Ce n'est pas en déplaçant des montagnes qu'on change le monde, mais c'est en rassemblant de petites pierres. Celui qui déplace des montagnes ne m'impressionne pas, mais c'est celui qui arrive à faire les petites choses, simplement et librement, en reconnaissant la valeur de son collaborateur qui est en face de lui et en reconnaissant que le partage est le socle de la réussite, c'est celui là qui peut m'impressionner.

Le logiciel libre c'est notre passion, et notre présence ici à Bouaké à plus de 350 km d'Abidjan, à nos propres frais pour partager et communier avec vous est l'expression de cette passion.  Croyez en vous, croyez en votre pays, croyez en votre continent  car nous aurons notre mot à dire, mais ne vous détournez pas des logiciels libres.  Les logiciels libres vous donneront le pouvoir sur l’incompétence, sur l'ignorance , sur la pauvreté et sur le chômage. Partout où vous vous rendez, dans n'importe quelle ville de la Côte d'Ivoire, lorsque vous allez fouler le sol de n'importe quelle campagne, parlez des logiciels libres et expliquez comment le libre peut aider à renforcer la formation de notre jeunesse et l'orienter vers l'auto-emploi. Donnez le pouvoir aux jeunes de comprendre comment développer une économie numérique en se basant sur les logiciels libres. Continuez à travailler sur vos différents projets que nous avons déjà prototypés avec vous. Ce n'est que le début d'une belle et passionnante aventure avec le logiciel libre . Continuez à croire en vos projets, ce sont peut-être des projets sur des thèmes que vous découvrez mais ce sont des projets très innovants. Ce sont des projets qui donneront la chance à chaque jeune africain de créer son travail.

Merci de croire en vous, et de croire aussi en nous car cela n’était pas évident de mobiliser autant de monde autour des logiciels libres mais vous, vous l'avez réussi. Vous  avez cru en nous et en la force des logiciels libres.

Demain nous appartient tous !



Florent YOUZAN

lundi, octobre 13 2014

L'Appel de Namur : mobiliser les acteurs de l'innovation en Francophonie

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J'ai eu l'honneur de participer du 23 au 25 septembre 2014 à Namur (Belgique), au 1er Forum Francophone de l'Innovation. Une rencontre organisée par l'organisation internationale de la Francophonie (OIF) avec l’appui de la Fédération Wallonie-Bruxelles, l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF) et l’Agence française de développement (AFD).

Avec plus d'une centaine de participants, tous acteurs de l'innovation , les travaux du forum de Namur ont permis d'aborder les différentes formes d'innovation qu'elles soient technologiques, organisationnelles, sociales, économiques, de produits et de procédés.

Au bout de 3 jours de concertation, les travaux de ce forum ont été sanctionnés par un appel dont l'objectif est de mobiliser les acteurs de l'innovation en Francophonie.

En résumé , il faut retenir que l'"Appel de Namur" souligne notamment "l'importance pour les États et gouvernements ayant le français en partage de garantir aux acteurs francophones la mise en place de conditions-cadres favorisant l’innovation ouverte et ascendante et d'accroître les investissements dans la recherche et l'innovation" et "la nécessité pour les organisations internationales, régionales et nationales de veiller à placer l’innovation au cœur de leurs actions en recherchant notamment des synergies avec les acteurs du Réseau FINNOV". 



Ci-dessous l’intégralité de l'appel de Namur pour la mobilisation des acteurs de l'innovation en Francophonie.



A l’issue du premier Forum francophone de l’innovation, organisé du 23 au 25 septembre 2014 à Namur , par l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) , en partenariat avec la Fédération Wallonie - Bruxelles (FWB) , avec l’appui de l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF) et de l’Agence française de développement (AFD) , et la participation de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI ) en qualité d’ invité spécial, les participants ont décidé de lancer l’ « Appel de Namur » dans lequel ils soulignent :


1. l'importance pour les États et gouvernements ayant le français en partage de garantir aux acteurs francophones la mise en place de conditions - cadres favorisant l’innovation ouverte et ascendante et d'accroître les investissements dans la recherche et l'innovation.


2. l’importance pour les États et gouvernements ayant le français en partage d’unir leurs efforts et leur collaboration en renforçant les espaces de dialogue et de concertation entre les systèmes d’innovation régionaux, nationaux et locaux .


3. l’importance pour l’ OIF et les opérateurs spécialisés de la Francophonie à travailler de concert avec les coopérations internationales, régionales et nationales concernées par la promotion de la science, de la technologie et de l’innovation dans une démarche partenariale et collaborative.


4. l’importance pour les acteurs de l’innovation d’être accompagnés et encouragés dans leurs démarches de valorisation des idées, des processus et des produits, en attachant une attention particulière au soutien à apporter aux femmes et aux jeunes dans leurs efforts d’insertion économique et sociale .


5. la nécessite de poursuivre l’implication des acteurs de terrain dans la dynamique d’animation des filières thématiques du Réseau francophone de l’innovation (FINNOV) afin de prendre en compte les nécessités spécifiques de ces secteurs de l’innovation .


6. la valeur ajoutée de la plateforme virtuelle de l’initiative FINNOV dans l’exercice d’identification et de mobilisation des acteurs de terrain autour des défis transversaux de l’innovation et leur déclinaison dans les filières thématiques.


7. la nécessité pour les organisations internationales, régionales et nationales de veiller à placer l’innovation au cœur de leurs actions en recherchant notamment des synergies avec les acteurs du Réseau FINNOV .


8. l’enjeu que représentent l’innovation et le développement des services numériques pour le développement durable et la diffusion des connaissances et des savoirs, en tenant compte particulièrement des attentes et des besoins du continent africain.


9. l’importance de valoriser la préservation des héritages culturels et des savoirs traditionnels, les nouvelles dynamiques de création collaborative et ouverte ainsi que le respect de la propriété intellectuelle .


10. l’importance de réfléchir à la mise en place et au renforcement de mécanismes de financement souples et adaptés qui puissent répondre aux besoins multiples des acteurs de l’innovation.

mercredi, octobre 8 2014

Le forum Innovafrica en 5 histoires inspirantes !

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Invité à Namur en Belgique dans le cadre du 1er Forum Francophone de l'Innovation qui s'est tenu du 23 au 25 septembre 2014 au Palais des Congrès de Namur, Jean-Michel Cornu, Directeur scientifique de la Fondation Internet Nouvelle Génération (FING) et Chief Visionary Officier à Imagination for People a effectué une présentation du Forum Innovafrica, la fête de l'innovation africaine. Innovafrica a été raconté sous forme de cinq histoires par Jean-Michel Cornu. Cinq belles histoires qui ont retenu mon attention et que je souhaiterais partager avec vous.

Le forum InnovAfrica, la fête de l’innovation en Afrique

(Jean-Michel Cornu, Imagination for People - Présentation au forum Finnov de Namur)



Le forum innovAfrica est une semaine de rencontres, d’ateliers pratiques et de sessions organisée annuellement depuis 2009 grâce au soutien de l’Organisation Internationale de la Francophonie, au Programme des Nations Unis pour le Développement et Orange Lab. Il s’est tenu successivement à Bamako, Mali (2009 et 2010), Ougadougou, Burkina Faso (2011), Dakar, Sénégal (2012) et Abidjan, Cote d’Ivoire (2013). Il a rassemblé jusqu’à 350 personnes du monde entier.

Plutôt que de présenter l’organisation du forum, nous vous proposons 5 histoires qui montrent comment le forum InnovAfrica permet de démarrer des dynamiques en Afrique (le forum se termine non pas par une session de clôture mais par une « session de commencement »).

En 2011 à Ouagadougou, a eu lieu la semaine avant le forum proprement dit un « bootcamp », un atelier d’une semaine pour construire deux fraiseuses numériques afin d’initier des Fab labs, des ateliers de fabrication numérique (à cette date il n’y avait aucun fab lab dans les pays d’Afrique francophone). Une partie de l’équipe naissante de IP Burkina, le groupe des innovateurs du Burkina Faso, entraînée par Gildas Guiella a décidé de créer le Ouagalab, le premier fablab en Afrique occidentale. Les démarrages ont été modestes avec la simple fraiseuse d’abord dans la rue puis hébergé par une association locale. Mais deux ans après, le Ouagalab présentait une éolienne entière construire en matériaux recyclés au carrefour des possibles à Abidjan à l’occasion du forum InnovAfrica 2013. Le Ouagalab a su rassembler une communauté autour de son projet et en 2014 il a lancé un financement participatif (crowd funding) pour construire de nouveaux bâtiments sur un terrain pour accueillir le fablab. L’inauguration est pour bientôt ! Depuis, plusieurs fablabs se sont montés dans différents pays de la sous région.

Au forum InnovAfrica de 2012 à Dakar a eu lieu la première rencontre Emerginov qui rassemble une communauté de développeurs autour de l’outil d’Orange Lab, Emerginov, qui permet de faire des passerelles entre le Web et le téléphone (serveurs vocaux et textos). A cette occasion, Orange a annoncé le passage d’Emerginov en logiciel libre. Tidiane Ball est un médecin malien qui a lancé le site Mali santé qui permet de localiser tous les services de santé dans le pays. Les échanges lors du forum ont permis de développer des synergies. Mali Santé s’est allié à Sénégal Santé et aux développeurs Emerginov pour proposer un service accessible par SMS dans la sous région. Emerginov a aussi permis de donner une nouvelle vie à un projet initié au tout premier forum InnovAfrica en 2009 à Bamako : le Moniba. Il s’agit d’une monnaie destinée aux échanges de savoir faire entre les chômeurs qui permet de faciliter l’attribution de bourse de formation par l’Anpe du Mali.

En 2011 à Ouagadougou, un des ordinateurs utilisé pour l’organisation du forum InnovAfrica était un peu particulier... Il s’agissait d’un ordinateur recyclé, monté dans un jerrican. Le projet Jerry Clan a pour but de recycler d’anciens ordinateurs en leur installant une distribution Ubuntu (version du système d’exploitation libre Gnu/Linux développée en Afrique du Sud, facile d’accès aux utilisateurs et qui remplace le système propriétaire Windows de Microsoft). L’installation des pièces récupérées dans des jerrican permet de produire des PC à très bas coûts. L’idée à fait son chemin et des communautés Jerry Clan se sont montées au Togo, en Cote d’Ivoire, etc. Au Burkina Faso a été testé en 2014

A Dakar en 2012 au eu lieu en amont du forum un deuxième bootcamp (en plus du bootcamp fablab). Celui-ci portait sur la cartographie et en particulier l’outil Open Street Map. Ce fut l’occasion de développer avec Jean- Marie Mancabou du Grand Dakar et Alban Tiberghien Nanu Yegglé, une carte contributive où les habtiants peuvent faire remonter les problèmes urbains et territoriaux aux institutions municipales. Le forum fut l’occasion aussi d’une rencontre spécifique sur la cartographie animée par Humanitarian Openstreetmap Team (HOT).

L’année suivante à Abidjan l’atelier de cartographie a pris de l’ampleur : 150 participants ont cartographié un bas quartier de 2000 habitants nommé Allahkro. A l’occasion d’un échange sous l’arbre à palabre avec les habitants, ils ont découvert que le quartier devait être rasé avec quelques autres pour faire place à un barrage et les habitants dispersés (ce qui mettait en péril leur survie). Les participants ont ainsi découverts que la cartographie, en rendant visible ce qui ne l’est pas, peut sauver des vies. Et les habitants ont découvert l’importance d’être cartographiés... La cartographie s’est ainsi développées et Florent Youzan a lancé deux projets importants, en 2013 la cartographie en temps réel des zones inondées en Cote d’Ivoire et en 2014 la cartographie des zones touchées et des actions de prévention contre le virus Ebola.

Les tiers lieux sont des lieux qui ne sont ni la maison ni l’entreprise. Ils peuvent comprendre des espaces de coworking, des fablabs, de la formation, etc. Ils facilitent des rencontres et des synergies et permettent une dynamique d’innovation importante. Le groupe international francophone des tiers lieux open sources a été créé en 2012 et rassemble aujourd’hui 1300 participants dont un nombre important sont situés en Afrique. La cinquième histoire reste largement à écrire puisque le forum InnovAfrica 2014 verra la première rencontre africaine des tiers lieux et l’installation d’un tiers lieu éphémère pendant la semaine du forum.

Le prochain forum InnovAfrica aura lieu du 24 au 28 novembre 2014 à Lomé au Togo. Cette année il est coorganisé avec les groupes territoriaux africains (Burkina Faso, Bénin, Cote d’Ivoire, Gabon, Mali, Sénégal, Togo) et permettra des échanges entre les membres de nombeux groupes thématiques (fablab-fr, espace mobile, Kino Afrique, usage-carto, espace santé, femmes & TIC, tiers lieux open source, correspondants innovAfrica, énergie, groupe des animateurs de groupes...).

Vous aussi venez participer à la fête de l’innovation en Afrique !

http://www.innovafrica.org/

samedi, octobre 4 2014

Karim SY : « Notre rôle est de donner des chances au hasard, d’où proviennent les trois quarts des innovations »

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Cet article a été publié en sa version initiale sur le site internet LesEchos.fr

Basé à Dakar, Karim Sy, entrepreneur cosmopolite, a créé le premier espace de travail collaboratif africain. Depuis, il essaime son concept en Europe de l’Est et jusqu’aux Etat-Unis.

C’est une boule d’énergie qui s’est mise au service du partage. Karim Sy, 43 ans, a fondé, en 2010 Jokkolabs, le premier espace de travail collaboratif d’Afrique de l’Ouest qui depuis Dakar a déjà essaimé au Mali, au Burkina-Faso, en Côte d’Ivoire et… à Nanterre. Karim Sy a décidé de porter le principe africain de l’« ubuntu » ( on est ce qu’on est par les autres et à travers les autres ) au cœur de la nouvelle économie. Celle des technologies de la communication dont il pense qu’elles vont transformer le continent et porter sa jeunesse. Le magazine Jeune Afrique l’a ainsi désigné comme l’un des « 25 leaders de demain de l’Afrique francophone » qui incarnent « le futur du continent ». La dimension « globale » est dans ses gènes : né dans une famille originaire du Sénégal, père Malien et musulman, mère Libanaise et chrétienne, travaillant tous deux dans de grandes organisations internationales, il a grandi en France, au Mali, en Côte d’Ivoire et en Ethiopie ; a étudié à Québec et à l’Ecole polytechnique de Montréal en génie informatique. Ce « serial entrepreneur » militant a « déjà eu 15 000 vies ». Leader d’un projet de pompe à eau au Mali à 19 ans, il est passé à une entreprise de forage hydraulique, puis à une petite compagnie d’aviation d’affaires et à l’exploitation d’une mine d’or alluvionnaire. L’informatique le rattrape avec l’avènement d’Internet et le tout début des bases de données relationnelles lorsqu’il rachète la marque Oracle au Sénégal. En 1997, il fonde à Dakar une société d’ingénierie informatique, OpenSys.

Donner sa chance au hasard

Sa conviction est très tôt ancrée : l’avenir est à l’open source, ces logiciels libres qui permettent aux systèmes de communiquer entre eux et servent l’intérêt collectif. C’est cette nouvelle manière de travailler que cet entrepreneur défend sans répit partout dans le monde. C’est aussi l’esprit de Jokkolabs. « Il faut mobiliser l’intelligence collective pour construire un futur meilleur et une prospérité partagée », dit Karim Sy. Quelques principes simples président à sa démarche :

  • offrir un espace physique de bureaux où entrepreneurs actuels ou futurs partagent idées, expériences et projets, sans crainte de la concurrence ( à la différence d’un incubateur );

  • réunir en ligne une communauté virtuelle partageant les mêmes valeurs et préoccupations (plus de 3 000 connexions par jour) ;

  • inciter à l’innovation technologique et sociale « ouverte » en faisant se croiser tous les secteurs et stimuler l’entrepreneuriat dans une région qui en manque ;

  • fonctionner comme un « action tank », au-delà de la seule réflexion.

« Notre rôle est de donner des chances au hasard, d’où proviennent les trois quarts des innovations. On accompagne les réactions en chaîne de la créativité », explique celui qui se voit comme un catalyseur en chef. Des discussions sont en cours avec une vingtaine de pays pour étendre Jokkolabs jusqu’en Europe de l’Est, et des contacts ont été pris aux Etats-Unis et au Canada. Comme le dit le proverbe africain : « Si tu veux marcher vite, marche seul. Si tu veux aller loin, marche à deux ».

Source : Les Echos

lundi, septembre 29 2014

7ème édition du sprint de projets innovants

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Cette 7ème édition se déroule durant le tiers-lieux éphémère, organisé à L'ile aux familles, 410 avenue de Barcelone à Montpellier, dans le cadre du projet Maison des biens communs http://site-coop.net/mbc/wakka.php?wiki=ActionS

Nous connaissons tous autour de nous des projets étonnants parce que créatifs, innovants pour un mieux vivre ensemble !
Il s'agit donc de :

  • Découvrir et recenser des projets sur son territoire
  • Rencontrer des personnes localement partageant cette envie de soutenir les projets sociaux et environnementaux.
  • Découvrir des projets inspirants dans le monde en bénéficiant de l’effort collectif à une échelle internationale
  • Découvrir la rédaction de projets et la communauté de rédacteurs qui alimentent la plateforme.


2 options pour y participer :

Date : Jeudi 2 octobre 2014 à 14:00 - 16:00 (UTC+02)

Lieu : Tiers-lieux éphémère (L'ile aux familles, 410 avenue de Barcelone, à Montpellier) et à distance en visioconférence et chat (bistro)

Le déroulement :

- De 14h à 15h (heure française : UTC +2h) : présentation des contributeurs en présence et en visio à travers le monde, explication du sprint.
- de 15h à 16h : Ajout des fiches projet sur la plateforme collaborative : http://imaginationforpeople.org/fr/project/add/social-innovation/
et poursuite des échanges par chat sur le bistro (salon de discussion d'Imagination for People) : http://imaginationforpeople.org/fr/bistrot/

Déjà plus de 2400 projets recensés à travers le monde : http://imaginationforpeople.org/fr/search/

Liens utiles :


Déclaration de la Free Software Foundation sur la faille « Shellshock » de GNU Bash

Cet article a été publié sur le site internet de l'APRIL



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Suite à l'annonce de la faille de sécurité dans le shell libre GNU Bash, faille appelée « shellshock », la Free Software Foundation (Fondation pour le Logiciel Libre) a publié une réaction. En voici la traduction faite par l'April.

Une faille de sécurité majeure a été découverte dans le shell libre GNU Bash. Les problèmes les plus sérieux ont d'ores et déjà été corrigés et un correctif complet est en cours d'élaboration. Les distributions GNU/Linux travaillent d'arrache-pied pour fournir des paquets à jour à leurs utilisateurs. Tous les utilisateurs de Bash doivent procéder à une mise à jour immédiate et vérifier la liste des services de réseau distants exécutés sur leur système.

Bash est le shell du projet GNU et fait partie de la suite de programmes constitutifs du système d'exploitation GNU. Les programmes GNU associés au noyau Linux forment un système d'exploitation d'utilisation courante, libre et complet, qui s'appelle GNU/Linux. Le bogue, référencé sous le nom de « shellshock », permet aux attaquants, dans certaines circonstances, de prendre la main et de contrôler un système à distance en utilisant Bash (ainsi que les programmes utilisant Bash) comme moyen d'attaque, quel que soit le noyau concerné. Le bogue affecte probablement bon nombre des utilisateurs de GNU/Linux ainsi que ceux qui utilisent Bash sur des systèmes d'exploitation privateurs tels que l'OS X d'Apple et Microsoft Windows. Des détails techniques supplémentaires peuvent être obtenus sur CVE-2014-6271 [en] et CVE-2014-7169 [en].

GNU/Bash [en] doit son succès au fait que c'est un shell libre, fiable et bourré de fonctionnalités. Ce succès a pour conséquence que le bogue majeur découvert hier touche beaucoup de monde. Heureusement, la licence de GNU Bash, la GNU GPL version 3 (licence publique générale GNU) a rendu possible une réaction rapide. Elle a permis à Red Hat [en] de développer et de partager des correctifs conjointement au travail effectué en amont par les développeurs de Bash, correctifs qui peuvent être téléchargés et appliqués par quiconque le souhaite. Toute personne qui utilise Bash est libre de télécharger, d'étudier et de modifier le code source – ce qui n'est pas le cas avec les logiciels de Microsoft, Apple et autres éditeurs de logiciels privateurs.

La liberté du logiciel est une condition préalable à l'informatique sécurisée ; elle assure à chacun la possibilité d'étudier le code source pour y détecter des failles et celle de créer de nouvelles versions sécurisées le cas échéant. Cette liberté ne garantit pas pour autant un code source sans bogue, pas plus que ne le font les logiciels privateurs : l'existence de bogues n'est pas liée à la licence du logiciel. Par contre, lorsqu'un bogue est découvert dans un logiciel libre, chacun dispose de la permission, des droits et du code source requis pour détecter et corriger le problème. Le correctif peut alors être immédiatement et librement distribué à toute personne qui en a besoin. C'est bien pourquoi cette liberté est vitale pour une informatique juste et sûre.

Les logiciels privateurs (c.-à-d. non libres) reposent sur un modèle de développement injuste, qui refuse aux utilisateurs la liberté fondamentale de contrôler leur ordinateur. Quand le code d'un logiciel est maintenu secret, il vous expose non seulement aux bogues, qui restent indétectés, mais aussi à l'introduction et au maintien délibérés de fonctionnalités malveillantes. Les entreprises peuvent utiliser l'opacité de leur code pour passer sous silence de graves problèmes ; il a en outre été prouvé que Microsoft fournit des informations sur les failles de sécurité à des agences de renseignement, avant de les corriger [en].

Les logiciels libres ne peuvent garantir votre sécurité, voire dans certaines situations peuvent sembler moins sécurisés dans des contextes particuliers que certains logiciels privateurs. Mais, comme cela a été largement reconnu à la suite du bogue « Heartbleed » d'OpenSSL, troquer une faille de sécurité unique contre l'insécurité intrinsèque des logiciels privateurs n'est pas la solution ; la solution est bien plutôt de mettre de l'énergie et des ressources dans l'audit et l'amélioration des programmes libres.

Le développement de Bash et, plus généralement, de GNU est le fruit d'un travail presqu'exclusivement bénévole et vous pouvez y contribuer [en]. Nous réexaminons actuellement la procédure de développement de Bash afin de voir si des ressources financières plus importantes peuvent nous aider à éviter d'autres problèmes à l'avenir. Si vous-même ou votre organisation utilisez Bash et trouvez un intérêt à soutenir son développement, n'hésitez pas à nous contacter.

Les correctifs permettant de remédier au bogue peuvent être obtenus directement sur http://ftp.gnu.org/gnu/bash/ [en].

Contact presse :

John Sullivan, directeur exécutif
Free Software Foundation
campaigns@fsf.org


Source : http://www.april.org/declaration-de-la-free-software-foundation-sur-la-faille-shellblock-de-gnu-bash


samedi, septembre 27 2014

Albéric Chimon, une vision si riche mais une vie trop courte

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Le professeur Albéric CHIMON, à l'Université Cheickh Anta Diop de Dakar - Sénégal


Albéric ne recevra certainement pas ces lignes sur l' écran de sa tablette ou de son smartphone mais ceux qui l'ont connu et qui ont profondément été impactés par la simplicité de l'homme, mêlée d'un profond professionnalisme avec un goût prononcé pour l'enseignement, vecteur de tout développement, lui transmettrons la teneur de ce témoignage.

Je voudrais imprimer ses lignes en pensant fortement au Professeur Albéric Chimon, ingénieur chercheur en réseaux sans fil et technologies ouvertes, et directeur du Laboratoire mobile de recherche en réseaux sans fil, énergies renouvelables et technologies ouvertes : Labomobile.

J'ai le clair souvenir de ce humble chercheur, avec une tête bien faite , plongée dans le numérique et l'innovation frugale mais avec les pieds sur son territoire et proche des réalités des populations africaines. Albéric a été pendant 4 ans mon formateur et mon directeur dans les projets de recherche sur les technologies frugales. Je garde une profonde image de ce chercheur qui a impacté ma vie en se donnant corps et âme pour nous offrir un enseignement sur les techniques de recherche et d'innovation répondant aux besoins spécifiques des africains. un visionnaire qui croyait particulièrement au développement de l'Afrique, mais un développement axé sur l'innovation pédagogique. Pour cela, il avait refusé tous les postes que lui proposaient les institutions internationales, pour se consacrer à la recherche au sein du Labomobile. A ces cotés, j'ai réussi à monter en compétences techniques. Il m'a aussi et surtout transmis le savoir et la connaissance. Il a réussi à me séduire et m'imprimer son discours fort simpliste qu'il se plaisait à répéter dans les couloirs du laboratoire : « j'ai le devoir et l'obligation de transmettre mon savoir à la jeunesse africaine pour que ce continent réussisse sa transition numérique, une transition numérique menée par la jeunesse ».

Il le répétait à chacun de ses étudiants, avec une passion et une énergie particulières, tout en vaillant à se débarrasser de son titre de professeur qu'il méritait amplement. Albéric, surprenait toujours ces auditeurs lorsqu'il répétait avec un léger sourire : « je ne rendrai pas service à la jeunesse africaine en restant dans les bureaux des institutions internationales mais plutôt en tutoyant cette jeunesse dans les laboratoires ouvertes et transversaux. »

Il y a 10 ans, je faisais la connaissance de cet homme en intégrant son laboratoire de recherche. Son approche de l'enseignement et de l'encadrement était pour moi une innovation de rupture dans la formation. Quant il s'agit de parler de lui, je me demande si mes mots auront du caractère et si mes caractères auront la meilleure courbure. Mais, à regarder de près, Albéric mérite d’être honoré même si cela ne tient qu'en 2 phrases. Les phrases ne réussiront pas à décrire l'homme que j'ai connu mais le relief que crée l’émotion dans ces phrases nous rapprocheraient de la reconnaissance à laquelle a droit cet enseignant chercheur visionnaire.

Albéric, je vais maintenant m'adresser à toi, cher Maître. Ta vision de l'enseignement et de l’éducation à dessiner en traits forts les chemins de ma vie de bidouilleur et de libriste. De Yaoundé à Abidjan en passant par Niamey, Kinshasa, Cotonou, Lomé, Conakry et Bamako, en pionner de la pédagogie inversée tu n'as cessé de me répéter : « Florent, le savoir s'acquiert et se transmet, veuille à ce que cela reste un credo pour toi ! » . Tu avais tout sacrifié, ton temps, ton énergie et même ta famille pour l'enseignement car pour toi : « La réduction de la fracture numérique passe par la formation d'une masse critique de jeunes africains à la maîtrise des technologies innovantes ».

Albéric, tu n'auras jamais ce témoignage entre les mains, car tu nous as quitté beaucoup trop tôt mais je voudrais que le monde entier sache comment tu as impacté ma vie. Pour moi tu étais un visionnaire, un non conformiste. Tu étais de ceux qu'on appelle aujourd'hui les crapauds fous. Ceux qui créer l'innovation dans le métier de l'enseignement par la transgression des règles ancestrales. Il y a 10 ans, tu m'expliquais comment une invention adaptée aux réalités des populations devient une innovation lorsque les populations s'en approprient pour créer une économie. C'est ainsi , cher maître que tu définissais l'innovation. A tes côtés et sous ton impulsion j'assurai il y a 10 ans mes premières heures en tant que tuteur en e-learning pour l'Université de Laval qui dispensait un module de formation à distance sur les réseaux sans fil. C'est littéralement en me tenant la main que tu m'as appris l'animation des classes virtuelles et ouvertes à tous. Tu me disais que la formation à distance sera l’avenir de l'enseignement en Afrique et je peux te le dire c'est aujourd'hui un axe stratégique de développement de la formation dans plusieurs pays dont la Côte d'Ivoire.

Il a 10 ans , Albéric, tu me formais à la diffusion des formations et des programmes « All in One » et « Wireless Academy for Development » avec des classes virtuelles, ouvertes et accessibles à toute la jeunesse africaine. Eh oui ! Ce qui était une rupture pour moi et l'expression de ta vision des classes ouvertes à tous est aujourd'hui pratiquée par plusieurs universités sous l'appellation de MOOC ou CLOM. Te rappelles tu du modèle de financement basé sur la théorie du trois-tiers (3/3)  ? Dix ans après, ce modèle économique est aujourd'hui intégré dans nos projets ouverts et ascendants. Tu m'expliquais que les liens sociaux devraient être utilisés comme vecteur de transfert de compétences. Plus qu'un directeur de recherche, tu étais pour moi, un maître, un aîné, un frère, un ami et surtout un guide attentionné et infatigable.
Albéric, j'avais voulu dans mes premières heures au sein du Labomobile, tout abandonner pour me consacrer à la recherche ouverte et à l'innovation ascendante. Je me rappelle de ta réponse :  « ce n'est as encore le moment ! lorsque l'heure viendra, ton choix se fera de manière spontanée ». Plusieurs années après, j'ai fait le choix et en effet ce fut spontané mais peut être beaucoup trop tard pour que tu vois celui que je suis devenu.

Je tiens à saluer ta mémoire et te dire combien de fois, tu as dessiné mon profil professionnel en trait doré.


Comme toi, il y a à travers le monde des professionnels de l'enseignement qui ont changé le quotidien de leurs élèves et étudiants et pour leur rendre hommage, la journée du 05 octobre leur a été dédiée. Professeur Alberic Chimon, je te célébrerai certes le 05 octobre mais je te porterai à jamais dans mon cœur. Merci pour le chemin, merci pour la vision, merci pour l'Afrique … merci Prof.
Hacker vaillant rien d'impossible.

Si comme moi, vous pensez qu’un de vos enseignants a marqué votre vie, alors dites lui #merciprof en envoyant votre histoire pour participer au jeu-concours de la Fondation MTN Côte d’Ivoire.

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jeudi, septembre 18 2014

En Afrique, les logiciels libres au secours du développement

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Cet article a été initialement publié sur le site web IJSBERG : https://ijsbergmagazine.com/technologie/article/6355-en-afrique-les-logiciels-libres-au-secours-du-developpement/


Alors que la France a été récemment salué pour sa promotion des logiciels libres dans l’administration, nous avons rencontré Florent Youzan, spécialiste en transformation sociale par les logiciels libres. Le développement de l’informatique en Afrique doit passer selon lui par l’utilisation de logiciels libres, alors même que les géants comme Facebook et Google mettent en place de nombreuses mesures pour booster Internet sur le continent.

Florent Youzan est ingénieur informaticien et spécialiste en Transformation Sociale par les Logiciels Libres. Il est foncièrement convaincu que l’Afrique va se développer. Mais pour lui, ce développement ne pourra se faire sans la conjugaison de la jeunesse et du Logiciel Libre. Lors du Bonoua E-School Time (BEST14) , une université d’été organisée par l’agence E-voir les 4, 5 et 6 septembre, Florent Youzan est revenu sur les enjeux majeurs du développement de l’Afrique par la culture du Libre.

 

Florent Youzan, vous êtes un fervent défenseur du logiciel libre. Et durant les trois jours, vous avez sans cesse répété que le développement de l’Afrique ne se fera que par la culture du logiciel  libre : qu’est-ce que le Logiciel Libre ?

On définit le Logiciel Libre comme étant un logiciel qui respecte quatre libertés fondamentales :

  • la liberté d’utiliser le logiciel pour tous les usages et sans restriction
  • la liberté d’étudier le fonctionnement du logiciel
  • la liberté de  modifier le logiciel afin qu’il fonctionne exactement comme nous le souhaitons, tout en répondant de manière spécifique à nos besoins. Et cette liberté induit l’accès au code source du logiciel
  • la liberté de distribuer les modifications effectuées sur le logiciel. C’est ce que nous appelons la liberté de contribution.

Ces quatre libertés définissent le Logiciel Libre. Ces quatre libertés ne sont pas directement rattachées au logiciel, mais font référence à l’utilisateur et à ses droits fondamentaux.

La philosophie du Logiciel Libre réinstalle donc l’utilisateur dans ses droits tout en montrant, que l’utilisateur doit être au cœur de l’Informatique.

 

Avec cette définition du logiciel libre, où on parle de modifier, d’étudier le fonctionnement et de distribuer le code source. Le logiciel libre ne serait-il pas une affaire d’initiés, de geek ? Pourquoi l’Afrique doit-elle adopter le Logiciel Libre ?

Les logiciels libres tels que définis donnent l’impression qu’ils sont seulement rattachés au domaine informatique.

Mais il faut reconnaître et insister sur le fait que le Logiciel Libre va au-delà de l’informatique.

Aujourd’hui, nous parlons beaucoup plus de culture du Libre plutôt que de Logiciel Libre. Cela nous permet de sortir le Logiciel Libre des laboratoires, des hackerspace et autres makerspace, pour  montrer au citoyen lambda que le Logiciel Libre et la culture du Libre donne une certaine prédisposition pour le développement des différents territoires africains.

Avec le Logiciel Libre vous comprenez que l’informatique ne s’impose pas sur un territoire ni aux utilisateurs, mais doit réussir à s’adapter aux réalités du territoire qui l’accueille. C’est une valeur essentielle à laquelle tiennent tous les défenseurs de l’informatique libre et solidaire.

 

Vous  dites que l’informatique doit s’adapter aux réalités du territoire qui l’accueille. Essayons  alors de transposer le Logiciel Libre dans notre éducation. Que peuvent apporter les  logiciels libres dans l’éducation en Afrique ?

En Afrique, nous continuons d’investir beaucoup d’argent dans l’éducation car nous y tenons. Comme le disait Nelson Mandela : « L’Éducation est l’arme la plus fatale pour changer le monde ». Il est donc pertinent d’éduquer et de former la jeunesse africaine de façon stratégique afin qu’elle soit détentrice d’un savoir libre, afin qu’à partir de ce savoir elle puisse prévoir pour mieux agir.

Les universités et les instituts de formation devraient renoncer à l’utilisation des logiciels non libres (NDLR : nous utiliserons privateurs dans l’article pour désigner ces logiciels) dont le coût d’acquisition reste encore inaccessible. Mais cette raison est superficielle, car des raisons plus profondes devraient être présentées à la communauté éducative africaine.

Lorsque des enseignants forment exclusivement sur des logiciels privateurs dans les écoles d’ingénieurs et universités africaines, ils s’érigent en commerciaux non rémunérés et transforment leurs étudiants en potentiels clients pour ces grosses firmes éditrices de logiciels privateurs.

On ne peut pas gaspiller l’argent du contribuable à former des ingénieurs et des techniciens qui seront des consommateurs à vie des logiciels privateurs sans aucune possibilité de contribution et de créativité.

Est-ce à dire que les grosses firmes comme Microsoft, Apple, etc. empêchent de bien se former en Afrique ?

Pour former de très bons développeurs d’applications en Afrique, les étudiants africains doivent avoir la possibilité d’accéder aux codes sources des logiciels existants afin d’étudier leur fonctionnement. La relecture des codes rédigés par de très bons développeurs permettra à la jeunesse de monter en compétences et en connaissance.

Une autre chose importante qui se  perçoit aisément, c’est que le Logiciel Libre permet à l’étudiant de comprendre le fonctionnement réel d’un système. Mais un étudiant formé sur un système privateurs qui ne lui offre aucune possibilité d’étudier son fonctionnement, ne saura jamais comment il fonctionne et ne pourra jamais contribuer à l’amélioration du fonctionnement de ce système.

À la fin de la formation, lorsque les jeunes africains veulent se lancer dans l’entrepreneuriat, ils n’ont pas la possibilité d’avoir à coût acceptable les logiciels sur lesquels ils ont été formés. Ils sont obligés d’acheter ces logiciels ou des licences. Alors que cette jeunesse africaine veut partir de zéro.

 

 Vous répétez continuellement « Jeunesse et Logiciel Libre ». Que fera cette jeunesse avec le Logiciel Libre ?

Le Logiciel Libre aux mains de la jeunesse fortifiera notre continent. La conjugaison de la culture du Libre et de la jeunesse produira dans nos universités, des technocrates « made in Africa » rompus à la résolution des difficultés de l’Afrique avec le regard africain dans un cocktail de compétences, d’indépendance, d’ouverture, de démystification, de partage, d’accessibilité et de collaboration.

On ne doit pas interdire aux élèves et étudiants de nos universités africaines de partager des codes sources de logiciels, de faire des copies de logiciel et les partager, de s’entraider. C’est malheureusement ce que nous observons. Notre jeunesse est formée dans la division, elle est éduquée à travailler et apprendre séparément dans l’individualité mais paradoxalement après leurs diplômes, on les réinvite à travailler en collaboration en entreprise.

 

Comment les logiciels libres peuvent-ils contribuer à l’insertion socio-professionnelle de cette jeunesse africaine ?

Le Logiciel Libre peut aider les jeunes africains à réussir leur insertion socio-professionnelle en créant eux-mêmes leurs propres emplois. La culture du Libre peut permettre à ces jeunes de participer à l’élaboration d’une économie numérique en se basant sur leurs connaissances, leur savoir, leurs compétences et leurs aptitudes numériques basées sur le Logiciel Libre.

Les éditeurs de logiciels privateurs vous disent aujourd’hui que lorsque vous achetez un système et que vous le partagez avec votre voisin, vous allez contre leurs lois : vous êtes un pirate !

Il nous faut donc adopter une nouvelle posture et bâtir une société citoyenne qui saura s’éloigner des logiciels privateurs lorsqu’elle ne dispose pas de moyens financiers pour acquérir une licence d’utilisation. Cela, c’est aussi être honnête !

La culture du Libre présente à la jeunesse africaine comment travailler tout en restant honnête. Le Logiciel Libre accessible et ouvert à tous sans aucune restriction permet de prototyper rapidement des idées d’entreprises en se basant sur des bribes de codes-source ouverts et modifiables. Donnons la possibilité à chaque jeune africain de créer son travail !

Offrons la possibilité à chaque citoyen de nos différents pays africains de créer son travail en se basant sur du Logiciel Libre. Il n’y aura jamais suffisamment d’emploi pour tout le monde, mais il y aura du travail pour chacun.

Cela ne sera possible qu’avec les logiciels libres qui permettent aujourd’hui à n’importe quel jeune africain de créer sa start-up à partir de zéro. Le Logiciel Libre c’est aussi rendre tangible l’intangible.

  

Quels conseils donneriez-vous à ces jeunes ?

J’ai vu des étudiants apprendre avec la peur au ventre parce qu’ils savaient qu’au soir de leur formation, ils n’auraient pas les moyens d’acheter le système sur lequel ils ont été formés. J’ai vu des parents d’élèves s’interroger sur le fait de pouvoir payer des ordinateurs avec toutes les licences logiciels dont ils besoin. C’est pour toutes ces contraintes que j’ai fait 10 recommandations à la jeunesse africaine pour l’insertion socio-professionnelle à partir du Logiciel Libre.


Source :

https://ijsbergmagazine.com/technologie/article/6355-en-afrique-les-logiciels-libres-au-secours-du-developpement/


dimanche, août 31 2014

Le risque Ebola est réel, restons mobilisés !

1408200336bon1__1_.JPGLe virus à fièvre hémorragique Ebola continue sa triste tournée en Afrique avec son cortège de désolation et de mort. Les populations sont attristées, apeurées et désorientées face à ce fléau d'une ampleur pour l'heure insoutenable, qui endeuille les nations et décime des villages entiers.

Les populations restent impuissantes, leurs prières levées vers Dieu et leurs espoirs tournés vers les autorités censées leur apporter la protection et les soins nécessaires. C'est réel, le mal est profond et dormant à nos frontières et la psychose n'est pas loin de s'emparer des valeureuses populations qui ne demandent qu'à vivre heureuses. L'on se rappelle timidement et avec beaucoup de regret, du premier cas d'Ebola détecté en février 2014 en guinée et qui met aujourd'hui à genou plusieurs systèmes et dispositions de santé. Les pays présentant les cas avérés sont connus : la guinée, le Liberia, la Sierra Leone, le Nigeria, la RDC et depuis quelques jours le Sénégal. Tous les autres pays sont en alerte maximale et c'est le cas de la Côte d'Ivoire qui après avoir fait des recommandations à l'endroit des populations et pris des mesures rigoureuses de prévention, a décidé de faire de chaque citoyen une arme pour la prévention contre la fièvre hémorragique Ebola. Un vibrant appel du gouvernement demandant la mobilisation nationale contre Ebola a été entendu par les blogueurs, ces nouveaux types de citoyens.

En première ligne sur les réseaux sociaux, les forums de discussions et autres canaux numériques de communication, ces blogueurs ont décidé de transformer leurs expériences, leurs compétences, leur intelligence et leur savoir-faire en biens communs. Des biens communs qui pourront renforcer ou relayer les différentes campagnes de sensibilisation contre la l’épidémie d'Ebola. Israël Yoroba, Journaliste-Blogueur, décide d’écrire une chanson de sensibilisation accompagnée d'un clip citoyen. Afin de permettre une libre diffusion, il décide de mettre cette œuvre sous Licence Creative Commons BY-SA, qui est une licence libre de diffusion d'informations. Comme un visionnaire, Israël Yoroba en choisissant une diffusion libre de son œuvre intitulée « StopEbola », d’être vue 11.000 fois en 3 jours. Aujourd'hui ce clip sous licence CC BY-SA a été sous-titré en plusieurs langues dont l'anglais, l'espagnol, l'allemand et bientôt l'arabe.

D'autres initiatives voient le jour sur la toile. Edith Brou blogueuse lance son concept « Mousser Contre Ebola » . Un concept inspiré du défi Ice Bucket, qui consiste à se verser un seau d'eau plein de mousse sur la tête puis d'inviter 3 personnes à en faire autant. Pour chaque personne qui relève le défi le participant à l'origine de l'invitation remet 3 désinfectants pour les mains à son entourage. Et pour chaque personne qui se refuse au jeu, celle-ci doit remettre 9 désinfectants à des personnes de son entourage.

Très rapidement, ce concept fait le buzz sur la toile et ce sont des centaines de désinfectants qui sont distribués. Des hashtags Twitter intensifient les échanges sur le réseau social. Ce sont #StopEbola #QuandTuVeuxTuPeux #MousserContreEbola . Le traditionnel hashtag Twitter #CivSocial est réactivé !

La mobilisation s'intensifie sur le web mais aussi en présentiel avec des café-débat et des conférences sur l'attitude citoyenne responsable en période d'urgence. Un autre blogueur élabore une cartographie libre de toutes les initiatives tant gouvernementales que citoyennes pour la sensibilisation contre Ebola. Une carte libre de la Côte d'Ivoire élaborée sous Umap un outil libre de cartographie thématique avec un fond de carte sous openStreetMap et qui géolocalise les cas suspects, les actions de sensibilisation, les dispositifs sécuritaires mais aussi les zones à risques.

Toutes ces initiatives de ces blogueurs, sont des initiatives spontanées déclenchées par leur prédisposition mentale. Ils ont tous des objectifs citoyens et comme le disait Ken Blanchard : « Les objectifs déclenchent le Comportement ».

La meilleure minute qu'ils dépensent c'est celle qu'ils investissent dans l'engagement citoyen pour une innovation sociale. Le reflet , c'est leur engagement contre la fièvre Ebola en Côte d'Ivoire, car cette maladie est réelle et mortelle.

Il est recommandé :

  • de ne pas chasser, manipuler et manger la viande de brousse

  • d’éviter de serrer les mains et de faire des accolades

  • d’éviter les contacts avec les animaux et les cadavres

  • de se laver régulièrement les mains au savon

  • de désinfecter tout à l'eau de javel

Un numéro vert le 143 est gratuitement mis à la disposition des citoyens !

Florent YOUZAN

jeudi, août 21 2014

Une carte interactive Libre pour la prévention contre l'Ebola en Côte d'Ivoire

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L’épidémie de la fièvre hémorragique Ebola continue de préoccuper le monde entier et principalement l'Afrique de l'Ouest qui reste encore profondément touchée par cette maladie. La Côte d'Ivoire, pays qui fait frontière avec la Guinée et le Liberia, touchés par cette épidémie, est en alerte maximale. Une communication du gouvernement a appelé les ivoiriens à plus de vigilance et à une mobilisation totale ?

Les ivoiriens ont décidé de passer des étapes de la participation passible et active à l'engagement. Plusieurs actions de sensibilisation et de prévention contre le virus Ebola sont en cours. Une chanson de sensibilisation "StopEbola" est en ce moment diffusée sous licence Creative Commons By-SA.

Une carte interactive vient d’être lancée sous une licence libre (CC BY-SA) dans le but de géolocaliser toutes les actions entreprises en Côte d'Ivoire pour la sensibilisation et la prévention contre la fièvre Ebola. Sur cette carte, il est prévu de rendre visibles plusieurs couches avec des marqueurs indiquant :

  • Les cas d'Ebola

  • les cas Suspects détectés

  • les décès causés par la Fièvre Ebola

  • les mesures préventives entreprises

  • Les campagnes de sensibilisation

Cliquez ici pour visualiser la carte interactive : Ebola en Côte d'Ivoire - Prévention et Tracking




Voir en plein écran

mardi, juillet 15 2014

Serge MIAN : « OpenDjeliba jette les bases de la lutte contre la fracture numérique en Afrique »

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Serge Landry Mian, membre du JerryClan Côte d'Ivoire et porteur du projet OpenDjeliba


Lauréat de la 2ème édition du Forum International Francophone de la Jeunesse et de l'Emploi Vert (FIJEV) qui a eu lieu du 10 au 13 juin 2014 à Niamey la capitale de la république du NIGER, avec son projet OpenDjeliba, Mian Serge Landry bénéficiera d'un financement et d'un accompagnement pour un déploiement de sa solution dans toute la Côte d'Ivoire ainsi que dans certains pays africains.

Dans cet interview, qui se décline clairement comme la « fiche verte » du projet OpenDjeliba, nominé meilleure application dans la catégorie « TIC et Développement », Serge Mian présente les articulations de sa motivation pour ce projet d'innovation sociale.

Bonjour Serge

Bonjour Florent

C'est quoi OpenDjeliba ?

OpenDjeliba, une plate-forme libre d'information participative et collaborative par SMS basée sur un serveur Jerry. Ce serveur est conçu avec du matériel de récupération, reconditionné dans un bidon de 20 litres et à qui nous redonnons une âme grâce aux Logiciels Libres. L'objectif de OpenDjeliba est de participer à la réduction de la fracture numérique et au développement durable par le reconditionnement et le recyclage des déchets électroniques. OpenDjeliba veut aussi offrir une plateforme d'information participative et collaborative aux citoyens.

En quoi ce projet est-il singulier et créatif ?

Chaque citoyen peut se saisir désormais de son droit et de son statut de contributeur au développement des territoires, pour informer, alerter et prévenir. Il sera les yeux, les oreilles et la bouche du peuple, qu'il informe en utilisant un téléphone basic et des messages courts de 160 caractères (SMS) . Un modérateur assure le contrôle, la validation et la diffusion de l'information au sein de la communauté d’utilisateurs.

Quel est le potentiel de déploiement de cette initiative ?

Ce projet à l'avantage d’être déployé à 0 F CFA . Il utilise essentiellement des Logiciels Libres installés sur du matériel informatique de récupération (recyclage du vieux matériel informatique). Ces logiciels ont aussi l’avantage d’être accessibles à tous et garantissent une faible consommation énergétique .

Quel a été l'élément déclencheur de ce projet ?

OpenDjeliba a été fortement inspiré, par le manque de système d'information et d'alerte au sein des communautés qui vivent malheureusement une double fracture numérique. Ces communautés n'ont certes pas accès à internet mais ont l'avantage d'être connectées au réseau GSM. OpenDjeliba est un projet qui jette les bases de la lutte contre la fracture numérique et cela en rapprochant les citoyens qui vivent dans les zones rurales du système d'information national grâce aux téléphones mobiles.

Quelle est la localisation de la cible du projet OpenDjeliba ?

OpenDjeliba s'exprime mieux dans les zones rurales où la connectivité est fortement réduite et voire inexistante.

Peux-tu me citer quelques marchés ciblés ?

OpenDjeliba s'adresse directement aux Communautés rurales et agropastorales , aux Organisations Non Gouvernementales (ONG), aux Coopératives Agricoles et aux Centres de santé urbains. Il ne faut surtout pas oublier les Collectivités territoriales, les groupements sociaux informels et les Gouvernements.

Penses-tu que le projet OpenDjeliba s'inscrit dans une dynamique de développement de l'emploi vert en Afrique ?

En termes d’emploi vert, le projet OpenDjeliba, à travers son infrastructure « low cost » Jerry Do It Together, permet de donner une seconde vie aux matériels informatiques usagés par le biais du recyclage. Il fait donc intervenir  les jeunes africains, à plusieurs niveaux du cycle de production pour :

  • la collecte des matériels informatiques

  • la construction du serveur par l’assemblage des composants

  • l’utilisation des Logiciels Libres qui ont l’avantage d’être accessibles à tous et qui garantissent une consommation énergétique réduite

  • la pose de systèmes photovoltaïques dans les territoires non connectés aux infrastructures électriques

Potey Demanois, membre du JerryClan et porteur du projet M-Pregnancy

En novembre 2013, lors de la soirée du Carrefour Des Possibles Afrique 2013 qui a eu lieu à Abidjan pendant la 5ème édition du forum InnovAfrica, Potey Demanois membre du JerryClan Côte d'Ivoire présentait M-Pregnancy, une application mobile de suivi des grossesses et des femmes enceintes par SMS.

Les Carrefours Des Possibles (CDP) détectent et mettent en lumière des usages innovants des technologies de l’information et de la communication (TIC). Organisés en réseaux régionaux et fonctionnant selon un processus de rencontres et de coaching des innovateurs, les Carrefours des Possibles aboutissent à l’organisation de présentations publiques de scénarios d’utilisation.

Retenu parmi les 10 projets d'usages innovants des TIC, M-Pregnancy a été publiquement présenté et la vidéo réalisée par Dimanche Yaméogo reprend les grandes articulations de ce projet social basé sur les TIC et le mobile.



lundi, juillet 14 2014

A la découverte de mPregnancy, une application SMS de suivi de grossesses

m-Pregnancy est une application mobile de suivi des grossesses et des femmes enceintes par SMS. Cette solution permet d'assurer un meilleur suivi de la femme enceinte en lui indiquant les examens obligatoires à faire, des dates des consultations, les dates des échographies, les dates des vaccins, les conseils des médecins en fonction de l'évolution de la grossesse, le calendrier complet de grossesse et tout cela à partir de texto ou messages courts appelés SMS (short message service).



Découvrez OpenDjeliba en vidéo, une application de production libre de contenu par SMS

Le prix du meilleur projet TIC & Développement attribué par le FIJEV 2014 au projet libre Open Djeliba déjà prototypé , lui permettra de bénéficier d'un financement et d'un accompagnement pour un déploiement de la solution dans toute la côte d'Ivoire ainsi que toute l'Afrique, créant ainsi de l'emploi et de l'espoir pour une jeunesse consciente des enjeux du développement durable

Open Djeliba est basé sur un serveur Jerry c'est à dire un ordinateur conçu dans un bidon de 20 litres dans lequel est reconditionné du vieux matériel informatique de récupération. Le serveur ainsi conçu tourne avec un système d'exploitation Emmabuntüs libre et gratuit, qui consomme moins d’énergie tout en redonnant une seconde vie aux vieux composants électroniques.


OpenDjeliba - Présentation en vidéo



samedi, juillet 5 2014

Communiqué de presse de l'OIF, Initiative FINNOV

sans_titre_3-40.jpgCommuniqué de presse de l'OIF, Initiative FINNOV : Connectez-vous au réseau des acteurs francophones de l'innovation !


Il y a tout juste un an, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) lançait le Réseau francophone de l’innovation (FINNOV), en partenariat avec la Fédération Wallonie-Bruxelles et en collaboration avec l’Agence universitaire de la Francophonie.

Répondant à la volonté des Chefs d’Etat et de gouvernement ayant le français en partage de faire de l’innovation l’une des grandes priorités de l’espace francophone, le FINNOV a comme principaux objectifs : la valorisation des initiatives en faveur de l’innovation, le développement des échanges entre acteurs ainsi que le renforcement et le soutien à la diffusion de l’innovation.

L’initiative franchit aujourd’hui une nouvelle étape en lançant sa plateforme collaborative www.francophonieinnovation.org  qui met à la disposition de la communauté francophone des ressources en français sur les bonnes pratiques en matière d’innovation.

Co-développée par l’École nationale supérieure des mines de Saint-Etienne et le Centre international des ressources d’innovation pour le développement durable (CIRIDD), cette plateforme ambitionne de fournir à terme un outil incontournable pour l’orientation des politiques publiques et privées en faveur de l’innovation au sein des pays francophones.

Grâce à cette plateforme, des communautés en ligne pourront échanger en matière d’innovation dans 4 secteurs clés : l’agro-alimentaire, le numérique, l’économie verte et les industries culturelles mais également aborder des thèmes transversaux d’ordre scientifique, institutionnel, économique et financier.

Pour plus d’informations rendez-vous sur : www.francophonieinnovation.org

Source : Organisation internationale de la Francophonie

samedi, juin 28 2014

Framasoft lance un crowdfunding pour améliorer Framapad/Etherpad

campagne-framapad-ulule.jpg

Framapad est l’un des services plus dynamiques du réseau Framasoft (plus de vingt mille pads voient le jour actuellement tous les mois). Il repose sur l’application libre Etherpad. Nous avons décidé de mener une campagne de financement participatif pour créer un plugin Etherpad fortement demandé par la communauté.

Ce plugin, baptisé « MyPads », permettra d’avoir un compte personnel pour gérer de manière fine ses pads, les grouper et les partager avec d’autres.

Nous proposons déjà, et ce depuis le début, la possibilité d’avoir des groupes privés. Mais cette fonctionnalité repose sur une ancienne version d’Etherpad qui n’est plus développée et qui pose de très nombreux problèmes techniques. C’est parce que nous sommes contraints de devoir fermer bientôt ce service, pourtant plébiscité par nos utilisateurs, que nous avons décidé de lancer cette campagne. Il s’agit donc de continuer à offrir ce service, en y ajoutant au passage de nombreuses améliorations. Mais il s’agit également d’apporter collectivement notre propre pierre au développement d’Etherpad.

Pour de plus amples informations nous vous invitons à vous rendre sur Ulule où est hébergée la campagne (vidéo et gif animé inside).

L’objectif est fixé à dix mille euros, somme qui servira à créer et maintenir le plugin « MyPads » en finançant son développement. En cas de succès nous aurons un Etherpad à forte valeur ajoutée. Nous témoignerons également que nos utilisateurs sont soucieux de son caractère libre et participent à son développement au bénéfice de tous.

Nous espérons l’implication de nombreuses organisations (sociétés, associations, collectivités…), utilisatrices de Framapad/Etherpad et attachées à l’écosystème du Libre et à ses modèles économiques originaux. Nous comptons aussi — voire surtout — sur votre participation, qu’elle soit directe par une contribution financière et/ou indirecte en relayant massivement cette campagne.

Framapad/Etherpad est un service gratuit mais surtout libre. Il permet de faire l’expérience du travail collaboratif. Il permet à chacun de l’installer sur son propre serveur. Il permet de décentraliser le Web en offrant une alternative à Google & consorts et en ayant le souci de la vie privée et du respect de nos données personnelles. Il est important de prendre soin de telles applications.

-> Améliorons ensemble Etherpad/Framapad

NB : Il y a des paliers pour la participation mais vous pouvez également soutenir avec un montant libre (avec ou sans contreparties) en cliquant sur le gros bouton bleu Contribuez en haut à droite.

NB2 : Cette campagne se décline également en anglais (si vous avez des relais dans la sphère anglophone…).

Merci.

Source : FramaSoft.org

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