jeudi, février 12 2015

Réinventer l'Afrique dans l’Afrique, Pedro Pires : « la culture de la collaboration sera la clé du succès »

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Le Président Pedro Pires, ancien président du Cap-Vert


L'Afrique, pour ceux qui ne savent pas est un continent !

Un continent sur lequel vivent des femmes et des hommes fiers, qui conjuguent leurs efforts au quotidien pour faire de ce territoire, une terre d'opportunités et de réalisation de soi.

Penser ainsi est un idéal pour bon nombre d'intellectuels parmi lesquels, les plus audacieux ont décidé de trouver une solution au développement de l’Afrique à l'endroit et par les africains. Je me suis donc rapproché de plusieurs réflexions de leaders africains, que je vais vous retranscrire au fil de l'eau. Des réflexions que j'ai gardées dans le coin de mes prises de notes mais que le Président Pedro Pires fait fleurir en ces termes : « promouvoir l'innovation pour la transformation socio-économique de notre continent »

Le Président Pedro Pires, ancien Président du Cap-Vert s'est rapproché du débat sur la réinvention de l'Afrique par les africains pour une seule raison selon ses propres termes : « pour explorer ce que je crois être probablement le plus grand défi de notre temps : Comment transformons-nous l'Afrique ? » . Tout en invitant les africains à une prise de conscience des potentialités et opportunités, le président Pires s'est voulu concis sur la question de l'Innovation en Afrique : « l'innovation est un prérequis pour la croissance et la transformation. Aucune autre région n'a réussi la transformation de son économie et sa société sans s'engager dans un calendrier stratégique de promotion de l'innovation ».

Pour le Président Pedro Pires, la culture de la Collaboration sera la clé du succès de l'Afrique. Une collaboration qui doit se vivre et s'articuler à tous les niveaux : de la collaboration horizontale à la considération des initiatives entre le secteur privé et les États. Nous devons nous servir de notre passé comme miroir pour aller de l'avant. Ce passé africain que nous assumons fièrement et qui devra désormais guider nos initiatives futures pour une transformation de l'Afrique par la culture de l’innovation. Notre culture qui fait de nous le peuple que nous sommes, avec une claire identité au parfait contour, doit être ajoutée à notre différentiel créatif.


« Lorsque nous parlons de l'innovation, chers amis, nous parlons de l'avenir, quel avenir pour nous? A quel avenir aspirons-nous? Quelle attitude devons-nous adopter? Allons-nous agir ou tolérer ? »
, s'interroge le président Pedro Pires, qui recommande de marcher vers un agenda économique commun mais avec un agrégat de compétences et d’expériences afin de donner une réelle silhouette à l'innovation en Afrique. Une vision qui devrait transformer chaque africain en un acteur de développement. Nous devons arriver à externaliser notre économie et cela personne ne viendra le faire pour nous. Car comme le disait Amilcar Cabral : « On a beau avoir de l'eau à la source, elle ne cuira jamais notre riz à notre place ».


Nous devons rechercher des solutions innovantes aux défis complexes des territoires africains et cela personne ne le fera à notre place. Cela relève de notre devoir et sera l’héritage pour les générations futures. Pensons à une Afrique plus dynamique au reflet rajeuni par l'innovation, en faisant face aux défis de paix, d'intégration et d'unité, d'emplois, de démocratie, de liberté citoyenne et de développement. « Le but est de bâtir une coalition de personnes à travers le continent mais aussi ailleurs pour avancer sur un agenda commun », explique le Président Pires, avant de conclure : « nous devons être, de plus en plus, des agents de transformation pour nos sociétés, nos administrations publiques et nos écoles, pour faire de l'Afrique un continent prospère, juste, équitable et qui offre des opportunités ».



Florent YOUZAN

Notes: Crédit Photo - southcoasttoday.com

lundi, février 9 2015

Université Djilali-Liabès : Richard Stallman plaide pour le logiciel libre

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Le fondateur et président de la Free Software Fondation, Richard Stallman, a plaidé pour le logiciel libre et le respect des libertés numériques, construites sur le principe du partage.

Lors de sa communication donnée à l'auditorium du rectorat de l'université de Sidi Bel Abbès, le célèbre informaticien a expliqué l'importance du principe de la liberté dans le monde numérique qui doit aussi être protégé. Il défend le système d'exploitation GNU/Linux qui s'oppose au «logiciel privateur» beaucoup plus commercial et coûteux et qui prive les utilisateurs de cette liberté d'indépendance.

 L'inventeur du système d'exploitation libre a insisté sur le développement de systèmes d'information à usage public, qui peut garantir l'indépendance du pays, et dont l'intérêt est aussi bien scientifique que financier. A long terme, ce système se concrétise à travers l'amélioration de logiciels plus performants et d'une grande utilité.  

Le président-fondateur de la Free Software Fondation a été invité par la direction générale de la recherche scientifique et du développement technologique (DGRSTD) à dispenser des formations lors de la 23e Ecole sur GNU/Linux et les logiciels libres. Il donnera aussi une série de conférences, dont une première à Djelfa puis au Palais de la culture à Alger. Après Sidi Bel Abbès, il se rendra à Sétif.  

Pour rappel, le célèbre informaticien et mathématicien qui travaille actuellement au département de recherche en intelligence artificielle du Massachussetts Institute of Technology (MIT)  est connu surtout pour être le développeur de nombreux logiciels libres, notamment GNU Emacs, le compilateur C de GNU et plusieurs autres logiciels.





Source
:
http://www.letempsdz.com/content/view/143401/1/

dimanche, février 1 2015

H.E. Mario Lucio : « sans culture, nous n'innovons pas mais nous ne faisons qu'inventer »

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L'innovation en Afrique fait aujourd'hui couler beaucoup d'encre et,  les définitions et les domaines d'actions de cette innovation se matérialisent lentement au fil des réflexions et des rencontres entre les intellectuels africains. J'ai particulièrement été interpellé par une réflexion du ministre de la Culture du Cap-Vert, Mario Lucio, qui dans un discours clair et limpide définit la place la culture dans l'innovation en Afrique.

Il s'est d'abord dressé contre tous ceux qui croient et soutiennent que l'innovation en Afrique reste un rêve dont la matérialisation aura du mal à faire apprécier ces contours. En invitant les africains à continuer à rêver d'un avenir radieux et d'une innovation globale et portée par la base, le ministre Mario Lucio présente le rêve comme le prochain défi de l’Afrique. « Tout ce qui est futuriste commence par l'utopie », a t-il précisé avant de définir la place de la culture dans la marche vers l'innovation en Afrique. Pour le ministre Mario Lucio, l'innovation est la culture dans l'invention et l'Afrique aura son mot à dire car l’impossible c'est ce qui n'a pas encore commencé.

Le quotidien des africains est déjà une marche vers l'innovation et H.E. Mario Lucio invitent les africains à favoriser l'accès à l'innovation afin de permettre une appropriation parfaite. L'innovation doit être considéré comme un axe stratégique de réponse aux problèmes de développement des populations africaines.

Toutes les fois que les discours s'articulent autour de l'innovation par appropriation, d'aucun pensent que cela restera un discours d'intellectuels alimenté d'un regard de penseurs. Mais pour le ministre  « l’appropriation doit être une garantie politique de l'innovation ». Nous ne devons pas nous contenter de copier l'innovation, ni seulement utiliser l'innovation venue d'ailleurs mais le peuple africain qui aspire à une innovation durable doit être pro-actif. La réponse dans cette approche de l'innovation par l'appropriation doit être l'expression d'une culture face à une autre. Et cela, tous les africains doivent le savoir car pour le ministre Mario Lucio l'innovation doit être défini comme un acte de culture.

« Sans culture, nous n'innovons pas mais nous ne faisons qu'inventer », a conclu le ministre de la Culture du Cap-Vert.



Florent YOUZAN

Crédit Photo : muzika.sapo.cv

mercredi, janvier 28 2015

Internet & Démocratie : Les sociétés éclairées accordent des moyens de jugement aux citoyens

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La ville de Ferkessédougou a accueilli la 3ème et dernière étape de la phase pilote du projet Citizen Café financé par OSIWA (Open Society initiative for West Africa). Cette étape qui s'est déroulée le samedi 24 janvier 2015 de 08H30 à 17H00 au centre polyvalent Soro Kibafory Guillaume, a réuni plus d'une trentaine d'acteurs de la société civile.

Le projet Citizen Café est un événement qui rassemble les citoyens autour des questions liées à la démocratie en Côte d'Ivoire. Ces rencontres sont étoffées d'ateliers de formation et de sensibilisation, et des discussions ouvertes et participatives autour des notions suivantes : civisme et citoyenneté, droit, démocratie, élections, Paix, internet et réseaux sociaux. Cette initiative de l'Association des blogeurs de Côte d'Ivoire (ABCI), a pour objectif d'amener les ivoiriens à s'impliquer à la vie publique et à l’expérience démocratique de leur pays.

J'ai donc eu la chance de participer à la rencontre de Ferkessédougou, après avoir effectué 09 heures de route et englouti environ 650km. J'étais particulièrement animé d'un profond plaisir de m'entretenir avec des citoyens forts d'un regard particulier et aguerrir par une expérience démocratique particulière. En fait, l'ABCI m'avait confié la lourde tâche d'animer un temps d’échanges avec les acteurs de la société civile de Ferkessédougou sur le thème « Internet et démocratie ». Je ne pouvais donc par me soustraire à cet appel intellectuel et ce devoir citoyen.

Que retenir donc de mon intervention de Ferkessédougou ?

Ma communication a donc commencé par un décor fortement inspiré du film projeté juste avant mon intervention et qui selon moi pourrait se résumer par cette belle vision que j'emprunte à Albert Jacquard : « il est nécessaire que la morale d'un peuple soit décidée par le peuple lui-même ; d'où le besoin d'une nouvelle forme de démocratie : la démocratie de l’éthique » .

La démocratie est la souveraineté du peuple. Ce mot, combinaison de Dêmos (peuple) et Kràtos (pouvoir ou souveraineté) est comme le définit Abrahan Lincoln : « Le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ». Cette démocratie ne pourrait mieux s'exprimer qu'avec une notion claire et soutenue de la citoyenneté qui selon Wikipédia est le fait pour un individu d'être reconnu officiellement comme citoyen, c'est à dire membre d'une ville ayant le statut de cité ou plus généralement l’État. Aucun dirigeant africain n'a la science infuse et ne pourra réussir le développement tout seul. Mais, il a naturellement besoin de chaque citoyen qui même convaincu qu'il ne changera pas le monde, doit faire sa part en tant qu'acteur au développement. Et ce développement passe nécessaire par une démocratie participative dont le socle est l'intelligence de chacun et la force de tous. Car, Si nous ne travaillons pas à fédérer nos savoirs et agréger nos expériences démocratiques, nous allons tous disparaître.

Nous devons favoriser des reformes profondes et même tisser une réglementation pour créer un environnement favorable au développement de la démocratie. Si le développement est le règlement des problèmes de manière durable, nous devons offrir à chaque citoyen les outils qu'il faut pour l'inciter à participer à la vie de sa société. Et l'un de ses outils est Internet !

L'internet se définit comme un réseau des réseaux qui par l’intermédiaire d'un langage universel fait communiquer tous les objets utilisant le numérique. Il se révèle comme un instrument d'amélioration des fonctionnements démocratiques et un vecteur d'invention de nouvelles formes de participation et de mobilisation politiques. Les interactions rendues possibles entre les politiques et les citoyens via internet permettent d'impliquer les citoyens dans le développement de nos territoires et éviter que d'autres personnes viennent d'ailleurs pour résoudre nos problèmes. Nous devons alimenter un nouveau courant de pensée et donner la parole aux populations sinon nos territoires vont disparaître tant culturellement que socialement. Car, lorsque d'autres personnes résolvent les problèmes des africains, ce ne sont pas les africains qui se développent mais plutôt ces personnes là. Toutes les sociétés éclairées accordent des moyens de jugement aux citoyens. Ils ne se contentent pas de diffuser des informations aux populations mais leur donnent des outils d'interaction et d’appréciation et internet se révèle aujourd'hui comme l'outil par excellence.

L'utilisation d'internet par plusieurs associations et mouvements citoyens leur a permis de découvrir d'autres initiatives qu'ils ont réussi à fédérer. Internet leur a permis d'exister et de se faire entendre à un coût dérisoire et surtout avec une rapidité et une efficacité exceptionnelles. Redynamisons nos démocraties africaines en favorisant la participation de tous les citoyens à des échanges avec les élus et autres partis politiques car nous n'arriverons jamais à construire quelque chose de solide et durable si nous nous contentons de diffuser des informations vers nos populations.


A quand l'interaction ? A quand la co-construction ? A quand l'intelligence collective dans nos projets de société ?

Plusieurs interrogations qui restent sans réponses car nos politiques veulent construire nos territoires comme des territoires d'ailleurs et pour ça, ils ne concertent pas leurs populations. Mais demander à l'Afrique de ressembler à un autre continent est insensé car les cultures et les besoins ne sont pas les mêmes. Le développement d’un pays c’est d’abord le développement des individus. Et la révélation des besoins d'un territoire est du ressort de la population qui détient un pourvoir exceptionnel. En tant qu'acteur de terrain, le citoyen a un pouvoir que les politiciens n'ont pas : celui de la remontée des informations tangibles et des besoins mesurés.

Il paraît donc urgent de donner au citoyen la possibilité de dire ce qu'il veut dire afin qu'il se sente concerné par le développement de sa cité. Internet est le nouvel espace du débat public et citoyen. Il favorise la réflexion collective en permettant l'émergence libre d'idées de développement adaptées et adoptées. C'est d'ailleurs le reflet de l'intelligence collective au service de la prise des décisions par les élus. L'internet est une chance pour les pays à démocratie naissante ou fragile, car il leur permettra de faire un bond considérable pour atteindre plus vite des objectifs de développement (santé, éducation, …) et favoriser des formes de gouvernement plus démocratiques.

La rencontre avec les populations et acteurs au développement de la ville de Ferkessédougou dans le cadre du projet Citizen Café était pour moi un symbole. Le symbole d'un rêve d'une société plus ouverte, meublée de meilleures énergies qui réinstallent le citoyen au cœur de la démocratie.

D'aucun dirait que je rêve ! Bien-sûr que oui je rêve de cette Côte d'Ivoire là, car ce rêve est plus qu'un défi.

Florent YOUZAN

vendredi, janvier 16 2015

Le Libre, une chance pour l'Afrique !

Ovillage est un tiers-Lieu libre et open source basé à Abidjan en Côte d'Ivoire. Cet espace transversal à cheval entre le bureau et la maison a décidé de faire du Libre sa culture en se basant sur une communauté libre, indépendante et compétente.

La Radio Télévision Suisse (RTS) est partie à la découverte d'Ovillage, cette initiative ivoirienne qui illustre bien ce que l'on peut faire avec peu de moyens grâce  aux logiciels libres.

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Ovillage est un espace d'intelligence collective et d'innovation sociale lié au numérique au sein duquel, dans un esprit de partage de savoirs, des jeunes apprennent à utiliser les logiciels libres. Par ce biais , ils réussissent à créer des applications pour GSM , le téléphone étant très utilisé en Afrique. Pour un coût zéro, une innovation a vu le jour : Flash Sondage, une application interactive par SMS qui propose un service de sondage performant.

« On a la possibilité de toucher une grande partie de la population et recueillir des données en temps réel. Flash Sondage permet de réduire le délai de sondage et les coûts de réalisation des différents sondages » explique Emmanuel Bama, co-fondateur de Flash Sondage.

Dans ce lieu d'un nouveau type, chacun peut concevoir de l'innovation, avec des logiciels libres. Grâce au Libre, programmer, coder est désormais à la portée de tous !

Il suffit de télécharger certaines applications librement, et de se les approprier. Les logiciels Libres sont une réponse à la double fracture numérique que vit la Côte d'Ivoire, comme l'explique Florent YOUZAN co-fondateur d'Ovillage : « entre la capitale ivoirienne et les capitales européennes, il y a d'abord une première fracture numérique et entre la capitale et les villes de l’intérieur de la Côte d'Ivoire, il y a une deuxième fracture numérique ; Et nous pensons que le logiciel libre nous permettra de pouvoir accéder au numérique et permettre à chaque africain d'avoir accès au numérique ».

Ovillage se déplace souvent dans les villes de l’intérieur de la Côte d'Ivoire dans le cadre de son projet de territoires numériques dont l'objectif est d'accompagner la numérisation des territoires par des projets pilotés par les citoyens. Cette fois, c'est la ville de Bouaké située 360km d'Abidjan qui accueille Ovillage. Au programme, rencontres avec les étudiants de cette ville à la découverte d'OpenStreetMap, une plate-forme libre et collaborative de cartographie. Une sorte de Googlemap à la différence que celle-ci est libre. Après une petite formation de découverte de la plate-forme et de prise en main des outils de cartographie, chaque étudiant est capable de cartographier sa propre ville. Objectif : géolocaliser des centres d’intérêt de son choix. Muni d'un smartphone, il suffit de placer des points via une application. Sans celui-ci, feuille et crayon suffisent. Les repères seront retranscrits par la suite sur un ordinateur.

OpenStreetMap, un outil libre qui suscite la création d'applications. Yep SOUGARI, étudiant à Bouaké explique : «  Si j'arrive à cartographier toutes les pharmacies de la ville et que je connais la liste des pharmacies de garde, je peux les spécifier sur la carte, et contribuer ainsi à orienter la population ». Ces jeunes tournés vers le numérique ne manquent pas d'idées. Aujourd'hui, le libre est une revanche sur les technologies propriétaires, qui ont toujours été un frein pour l'Afrique.

« Aujourd'hui, avec le logiciel libre, l'utilisateur prend le pouvoir sur l'informatique, et peut à un moment donné générer lui même ses applications, les adapter afin de répondre à des problèmes spécifiques. Et chaque problème que ces jeunes auront détecté sur la ville de Bouaké peut devenir une idée d'entreprise », soutient Florent YOUZAN.

Le logiciel Libre est un moyen concret d'insertion socio-professionnelle, une possibilité de création d'emplois et participera à l'avenir à l’édification d'une véritable économie autour du numérique.



[extrait du reportage réalisé par Nicolas Baillergeau pour la Télévision Suisse ]

jeudi, janvier 15 2015

De l'éducation passive à l'emploi sans visage !

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Un bâtisseur du renouveau africain disait : « L’éducation est l'arme la plus puissante pour changer le monde ». Cette claire vision alimente chaque minute de mes longues journées et pour ceux qui m'ont tutoyé, ils savent que je ne crois plus en l’Éducation descendante, qui est devenue pour moi un transfert de récits et non un transfert de savoirs.

Et cela pour plusieurs raisons que je présenterai dans mes prochains billets ! Je pense que l’éducation doit connaître une profonde mutation et devenir ouverte et transversale tout en réinstallant l'apprenant au cœur du dispositif. Celui pour qui nous (re)pensons les gros schémas directeurs de l'éducation est d'abord un être étranger pour nous et un acteur absent dans le dispositif qui est sensé l'accueillir. Pourquoi attribuons nous à l'apprenant, le vulgaire rôle de figurant alors qu'il est l'acteur essentiel et primordial de son éducation.

Je suis toujours surpris lorsque je vois qu'on continue de former globalement des citoyens mais paradoxalement avec des évaluations sanctionnées par des résultats individuels. Ce n'est plus de cette éducation que nous nous réclamons !

Rabindranath Tagore disait : « ne limitez pas un enfant à vos propres connaissances, parce que qu'il naît à une époque différente de la vôtre » et c'est ce qui arrive quand on veut éduquer quelqu'un qu'on ne connaît pas et pour qui on a aucune compassion. La compassion, pour ceux qui l'ignorent encore, fait partie des piliers de l'éducation et du transfert de savoir.

J'ai tout de même pris la peine malgré ma vision de l’éducation inversée, d’écouter des intellectuels africains, des penseurs et chercheurs dans le domaine de l’éducation. J'ai gardé leurs recommandations dans le secret des pages de mon calepin, malheureusement jaunies à l’épreuve du temps. Mais 12 mois plutard , j'ai décidé de donner du son à mon clavier et retranscrire ce qui reste de mes analyses.

Nous avons parlé d'innovation, nous avons parlé d’éducation et nous avons donné une coloration africaine à la place de l’éducation dans l’émancipation des intelligences , la modélisation de la stature de l'africain nouveau et de l’émergence de véritables nations africaines. Quand je parle d’éducation ou que j’écoute les grandes conférences sur l’éducation, je reste à attendre une formule expressive ressemblant à celle-ci : « faire les choses à l'endroit et par nous-même ». Ce n'est pas de l’extérieur que nous formulerons les stratégies du succès de l’éducation en Afrique, mais c'est sous les grands arbres de la fière Afrique que nous esquisserons les contours de l’éducation basée sur l’éthique, la compassion et le savoir.

Les adeptes des raccourcis, mentionnent souvent que nous formons nos enfants pour leur trouver de l'emploi. Je n'ai jamais été d'accord avec ces pseudo-planificateurs de l'avenir de notre continent. Marie-Angelique Savane le dit clairement chaque fois qu'elle a l’occasion de s'adresser aux intellectuels africains : « rien n'est possible sans une armée de citoyens éduqués ayant en conscience de transformer notre société » ; Chacun de ses discours a toujours sonné comme une mélodie pour moi. J'apprécie énormément qu'elle recommande aux africains de conjuguer Éducation et Innovation. Car , comme l'explique bien Salman Khan: « notre façon d'enseigner et d'apprendre doit changer ». Pour que l'Afrique soit prospère et paisible, nous devons allier éducation et innovation car l'innovation se trouve dans les choses simples et c'est elle que nous devons enseigner à nos enfants.

Pourquoi relions nous l'avenir de l’Afrique au système éducatif traditionnel ? Nous avons fortement accentué l’éducation avec un système qui présente aujourd'hui des limites et amène tout le monde à se réfugier dans un emploi sans réelle possibilité de contribuer par ses compétences et son savoir à une société de biens communs. Le système traditionnel s'appuie sur une éducation passive alors que notre ère nous exige d'adopter une démarche active qui réinstalle l'apprenant au cœur du dispositif. C'est lui que nous devons chercher à connaître, à comprendre et c'est à lui que nous devons offrir les codes sources de cette éducation active afin qu'il la comprenne, l'adapte et l'adopte pour la révélation de ses aptitudes.

C'est justement de cela qu'il s'agit !

Si nous voulons une éducation selon une démarche active, nous éduquons donc à l'innovation. Et si nous devons enseigner l'innovation, il faut alors lui donner un contenu !

L'innovation dans l'éducation se perçoit selon 3 axes :

  • Devons-nous préparer nos jeunes à absorber l'innovation venue de l’extérieur sans possibilité de contribution et d'adaptation ? L'Afrique doit-elle être un consommateur à vie ?

  • Nous devons induire une transformation sociale profonde pour que notre jeunesse soit capable d'innover tout en ayant la capacité d'adapter les technologies aux réalités locales. Je parle ici de technologie et non de technique car la technologie est l'addition de la technique et du logos. je reviendrai sur cet aspect dans un prochain billet.

  • Planifier l'adoption de l'innovation dans le système éducatif. Quel regard devons-nous porter sur le système éducatif. Nous devons innover, oui, mais pour quels métiers ?

Le métier de demain n'a pour l'instant pas de visage pour plusieurs dirigeants africains et c'est pourquoi tous, veulent trouver de l'emploi à toute la jeunesse et cela fait 50 ans que l'Afrique recherche de l'emploi pour toute sa jeunesse. Et si nous essayions d’enseigner la notion du travail plutôt que de l'emploi aux jeunes africains ?

Il n'y aura jamais suffisamment d'emplois pour tous, mais il aura toujours du travail pour chacun !


Florent YOUZAN

Notes -  Crédit photo : Blog .fcpq.qc.ca

lundi, janvier 12 2015

Côte-d’Ivoire : l’Africa IT & Telecom Forum (AITTF) se tiendra les 26 et 27 mars 2015

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Après avoir organisé avec succès l’Africa’s Web Festival (AWF) et l’ Africa Telecom People (ATP) en décembre 2014, la Côte-d’Ivoire sera une fois de plus à l’honneur dans les TIC avec l’organisation de l’Africa IT & Telecom Forum (AITTF) les 26 et 27 mars prochains.

téléchargement (5)Sous le thème « l’avenir de l’Afrique est numérique », l’AITTF organisé par l’Agence Nationale pour les Services Universels de Télécommunications et des TIC (ANSUT) en partenariat avec le ministère des postes et des TIC traitera de l’importance de l’appropriation des TIC et de la transformation numérique comme vecteur d’ouverture, de modernisation et de compétitivité des sociétés africaines tout en s’intéressant aux infrastructures réseaux et aux innovations technologiques dans le marché des Corporate et administrations publique africaines.

Cette cinquième édition du AITTF aura lieu à Abidjan et devrait voir la participations de plusieurs centaines de personnalités importantes du domaine en Afrique.

Après après une décennie de violence politique, la Côte-d’Ivoire retrouve peu à peu son image d’antan et devient ainsi un marché incontournable en Afrique de l’Ouest grâce à son secteur des TIC dont le potentiel est quasi inégalé en Afrique francophone.

Pour plus d’informations, suivez le lien – i-conferences.org/africa-it-telecom-forum


(Source : Afrique ITnews.com/, 6 janvier 2015)

mardi, décembre 23 2014

« Les logiciels libres, quelles opportunités pour l'Afrique », la ville de Kara au Togo code des lignes de reponses

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La ville de Kara, située dans le nord du Togo à plus de 410 km de la capitale Lomé, a accueilli du 19 au 21 décembre 2014, la 1ère édition de l’Open Source Tour (OST), au Centre Régional d’Enseignement Technique et de Formation Professionnelle (CRETFP).

Plus de 50 jeunes de la ville de Kara se sont donc donnés rendez-vous dans les locaux du CRETFP, transformés pour la circonstance en un vétitable espace de partage, d’échange et de transmission de savoirs dans une démarche ouverte et libre.

Organisé sous forme d’un BootCamp, un atelier ouvert de prototypage, de fabrication numérique et de bidouillage, l’Open Source Tour de Kara s’est articulé autour de la philosophie du Logiciel Libre et des espaces de travail collaboratif fortement définis par les valeurs d’entraide, de partage, de collaboration, de co-création et de biens communs.

Des étudiants aux fonctionnaires en passant par les enseignants, les commerçants et les jeunes en quête d’emploi, ils étaient nombreux les citoyens de la ville de Kara qui n’ont pas voulu se faire raconter cette rencontre informelle aux articulations de plate-forme citoyenne de transformation sociale. D’aucun se poserait la question de savoir, quels besoins tous ces participants à l’OST Kara pensaient combler en venant à cette école ouverte et horizontale axée sur la formation par les pairs? les organisateurs n’avaient qu’un seul objectif : réussir par une rencontre et une démarche participative à transformer chaque citoyen de la ville de Kara en acteur de changement et créateur de valeurs pour une réelle transformation sociale.

Et le morceau choisi était les logiciels libres !

Quelles opportunités présentent ces logiciels d’un nouveau type aux africains et particulièrement aux habitants de Kara. Pour joindre l’acte à la parole et donner plus d’écho aux actes, l’OST Kara a donné libre court à l’intelligence des participants après des ateliers de découverte et d’expérimentation. Venus découvrir pour certains ou pour satisfaire leur curiosité pour d’autres, les participants se voient dans le rôle d’organisateurs des rencontres thématiques et mieux d’acteurs de transmission des savoirs.

Certains ont reçu des formations sur la collecte de données géographiques et l'édition de la base de données d'OpenStreetMap (un projet de cartographie collaborative et open source). Ils ont appris à cartographier leurs rues avec juste des walking papers et redonner une silhouette numérique à cette ville qui reste encore fragilisée par la fracture numérique.

Le reconditionnement d’ordinateurs (Jerry Computer) dans des bidons de 20 litres avec du matériel informatique recyclé a particulièrement retenu l’attention des participants. De la déconstruction à la fixation des équipements informatiques dans le bidon, en passant par les tests des équipements, la pré-couture, la couture des bidons et l’installation d’un système d’exploitation Libre Gnu/Linux, les participants ont expérimenté étape par étape toute la procédure de conception de Jerry Computer qu'ils ont nommé Jerry Solim pour dire Jerry d'Amour.

Le concept Open Source Tour (OST) est une initiative d ela jene communuaté Minodoo du Togo. Cette communauté souhaite bousculer les pratiques et les habitudes traditionnelles prônées dans les lieux de travail dit collaboratif.

La jeune communauté de #Makers a décidé de faire bouger les lignes en libérant de l'énergie et de la créativité avec comme dénominateur commun l’intelligence collective. Ils explorent depuis quelques années des alternatives bien pensées pour une Afrique numérique, libre, compétente et émergente. L’impact social est d’autant plus perspective que la '' Technologie Porte-à-porte '' sur laquelle les jeunes makers du Minodoo basent leurs actions se révèle être une approche et un concept uniques qui apporte la technologie dans chaque ménage. La technologie innovante n’a d’importance que lorsqu’elle est appréhendée par la population qui se l’approprie.


Des réflexions sur les nouveaux modes de travail permettant de travailler, d’entreprendre et de vivre autrement , sur la consommation collaborative et l'économie Sociale et Solidaire avec une réelle prise en compte des perceptions et des cultures africaines donnent une agréable coloration à ces rencontres qui permettent à la jeunesse africaine de transformer ses expériences et savoirs et ses savoirs en richesse.

L’étape de Kara de l’OST a enregistré la participation de l'Association Pour les Logiciels Libres (APLL-Togo), un groupe de jeunes qui se battent depuis plusieurs années pour faire rentrer dans les habitudes de la population de Kara, l'utilisation des logiciels Libres.

L’APLL est porteur d’un projet de création d’espace de travail collaboratif et de laboratoire de fabrication numérique dénommé “Labu-Lab”.



Source
: Cellule de communication de la Communauté Minodoo

OpenDjeliba : du bidouillage à la distinction au FIJEV 2014

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Cet article a initialement été publié sur le Blog du JerryClan et il retrace le parcours de Serge MIAN avec son bidon JerrySlim de son petit laboratoire de logiciels libres au domicile de ses parents  à la conquête du Forum International Francophone de la Jeunesse et de l'Emploi Vert (FIJEV).

- Récit de Serge MIAN, porteur du projet OpenDjeliba -

Je commencerais ce billet par les propos d’un membre du JerryClan Côte d’Ivoire qui dit que "chaque problème des africains est une idée d’entreprise". Cette phrase n’est point tombé dans les oreilles de sourds: la machine à projets du JerryClan s’est mise en route et a produit des solutions qui répondent aux besoins des africains en s’appuyant sur les outils informatiques libres.

Nous sommes particulièrement fière d’OpenDJeliba, la plate-forme de production de contenus libre par SMS qui a été primé meilleur projet TIC et développement lors de la 2ème édition du Forum International Jeunesse et Emploi Vert (FIJEV) qui se déroulait du 10 au 13 Juin à Niamey.

Qu'est ce qu'OpenDjeliba

Promouvoir les emplois verts, et encourager l’esprit d’entrepreneuriat chez les jeunes francophones, ce sont entre autres les objectifs que se sont fixés les organisateurs au Niger, du Forum International Francophone Jeunesse et emplois verts, 2e édition.

Cette rencontre a vu la participation de jeunes porteurs de projet provenant de 33 pays de l’espace francophone, dont la Côte d’Ivoire. Les organisateurs (l’État nigérien et la francophonie) ont traité 1500 candidatures pour en retenir 50 internationales et 150 nigériennes.

Les membres du JerryClan CI Florent, Jean-Pierre, Cyriak et moi sommes arrivés à l’ aéroport international Felix Houphouet Boigny d’Abidjan sous les regards médusés des policiers, gendarmes et voyageurs. Tous les regards étaient braqués sur mon étrange bagage, le JerrySlim. Le JerrySlim est un serveur nomade construit dans un bidon, basé sur le modèle de Jerry et c’est sur ce bidon pas comme les autres que tourne le logiciel SMS OpenDJeliba.

Les premières questions qui me furent adressées venaient des dames de l’enregistrement :

  • Bonjour monsieur qu’est ce que c’est ?
  • C’est un ordinateur !
  • Ah bon !  Pouvons-nous voir l’intérieur ?
  • Bien sur.

Je leur ouvris le bidon, toutes et tous écarquillèrent les yeux et débuta alors un interrogatoire auquel je me prêtais volontiers. J’expliquais qu’il s’agissait de mon ordinateur et qu’il n y avait pas de raison qu’il aille en soute. Après cette scène, JerrySlim et moi avons reçu notre lot de félicitations et d’encouragements : « faites honneur au pays et ramenez nous la 1ère place ! »

Je réalisais à ce moment là que l’aventure FIJEV avait déjà commencée.

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Jour 1 : Cérémonie d’ouverture du FIGEV


Le FIJEV 2014 a débuté dans la matinée du 10 juin. Environ 600 jeunes, des experts d’organisations internationales (Bureau International du Travail, Programme des Nations Unies pour le Développement) et les partenaires privés tels que le Centre Technique de Coopération Agricole et Rurale ont pris part a cette cérémonie d’ouverture haute en couleur. A travers leur discours, les officiels ont réitéré que les jeunes ont bel et bien leur place dans la société, que leur dynamisme et leur énergie sont indispensables pour l’émergence et qu’il faut encourager la créativité.
L’après midi été dédiée au bilan de la 1ère édition du forum et plusieurs ateliers été proposés , j’ai suivi celui de la cartographie libre, OpenstreetMap avec beaucoup d’attention. De retour à l’hôtel, je m’attelais à configurer le Jerry Slim avec les nouvelles cartes SIM qui m’avaient été gracieusement offertes par mon camarade nigérien Toudjani Ali Djibo, lui aussi porteur de projet. Bel esprit d’entraide !


Jour 2 : La foire aux emplois verts, que d’expériences emmagasinées !

La foire aux emplois verts est un pilier central pour le Forum. C’est le moment où les participants démontrent leur expertise sur la thématique dans laquelle ils ont été sélectionné. Les porteurs de projet ont été jugé sur leur professionnalisme et sur la valeur de leur projet, mais aussi sur leur capacité à transmettre le message au public. Il fallait donc être prêt avec un prototype accompagné d’une démonstration bien calibrée. Le matin du mercredi 11 juin, tous les participants étaient réunis dans la grande salle du palais des sports. Nous étions tous là, affiches, drapeau, marqueurs, feutres, colle, punaise à la mains. Nous devions décorer nos stands pour qu’ils parlent de nos projets.
Je n’ai pas eu à passer beaucoup de temps sur cet exercice car j’avais déjà tous les éléments en main : le JerrySlim, mon ordinateur avec une présentation animée d’OpenDjeliba réalisée par mon binôme Potey, quelques autocollants et le tour est joué ! J’étais prêt à m’entretenir avec les membres du jury, les officiels et les visiteurs. Ce fut un ballet incessant d’investisseurs, de personnalités, de curieux qui a duré 3 heures. Je montrais les différentes facettes de la plate-forme OpenDjeliba et recueillais les avis et critiques. J’expliquais aussi le projet Jerry DIT, les actions des JerryClan et leurs impacts sur les communautés. Ce fut un exercice périlleux mais le jeu en valait la chandelle car JerrySlim et moi avons été interviewés par la radio nigérienne et l’équipe de reportage de la Francophonie.


Jour 3 : Ateliers de formation et auditions

L’après-midi, les 51 porteurs de projet étaient auditionnés les uns après les autres jusqu’à 17h. Les membres du Jury n’ont négligé aucun aspect des projets, de la technique au business model.
Après les auditions, j’ai retrouvé les autres participant qui s’affairaient a l’élaboration de la déclaration des jeunes. C’est un document qui imprime la vision commune des jeunes, expose leurs préoccupations et propose des recommandations sur l’emploi des juniors et le développement durable.


Jour 4 : Cérémonie de clôture du forum, riche en couleurs et en émotions

Je n’aime pas spécialement les cérémonie de clôture, mais quand on commence quelque chose, il faut bien clôre pour passer à autre chose. Parmi les 11 projets primés, OpenDjeliba embarqué sur JerrySlim reçu le prix TIC & Développement. Ce fut aussi l’occasion pour nous, jeunes participants, de remettre notre déclaration aux représentants du Niger et de la francophonie.


Je tiens à féliciter toute l’équipe OpenDjeliba, JerryClan Côte d’Ivoire et Emmabuntus pour le travail abattu, le chemin est long mais la route est dégagée. Je crois fermement aux potentiels et aux talents de la jeunesse africaine et je nourris l’espoir d’une Afrique émergente grâce aux logiciels libres et à l’entrepreneuriat des jeunes.


vendredi, décembre 5 2014

Tu considéreras l'insertion professionnelle comme un processus ... (1/10)

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L'insertion professionnelle est aujourd'hui un enjeu stratégique pour toute la jeunesse africaine qui se bat comme elle peut pour se faire une place au soleil. Conscients de cette triste réalité du taux de chômage très élevé, les jeunes africains se forment mais surtout en se posant de nombreuses questions. Pourront -ils avoir du boulot lorsqu'ils finiront leur formation ? Comment peuvent-ils se distinguer devant les recruteurs ? Existe t-il une alternative dans entrepreneuriat ? Que faire pour sortir la jeunesse de cette léthargie ?

Voici un ensemble d’équations, que de nombreuses théories essaient de résoudre. Me concernant, j'ai voulu aborder la question sous un autre angle, celle de l'apport des Logiciels Libres dans le processus d'insertion professionnelle.

J'ai vu des étudiants apprendre avec la peur au ventre parce qu'ils savaient qu'au soir de leur formation, ils n'auraient pas les moyens de s'offrir les systèmes informatiques sur lesquels ils ont été formés. J'ai vu des parents d'élèves s’interroger si la formation reçue par leurs enfants est en phase avec l'avenir fortement dominé par l'entrepreneuriat ? Quelle serait la place des technologies ouvertes dans la formation de l’élite de demain ? Est-il possible aujourd'hui pour une jeunesse dont le lendemain est fragilisé par le chômage de reprendre le pouvoir sur l’incompétence, l'ignorance et le chômage ?

Et comme disait Albert Einstein : « Nous ne résoudrons pas les problèmes avec les modes de pensée qui les ont engendrés » , j'ai donc voulu apporter ma contribution sous forme de dix (10) recommandations à la jeunesse africaine pour réussir son insertion professionnelle à partir des Logiciels Libres. je vous expose la 1ère recommandation qui pour moi est le fondement de tout succès !


Tu considéreras l'insertion socio-professionnelle comme un processus ...

Selon Wikipédia , L'insertion professionnelle est un processus qui permet à une personne d'intégrer un système socio-économique, par une appropriation des normes et des règles du système. Cela induit un inévitable rapport entre la personne et son environnement social. Réussir une insertion socio-professionnelle c'est obtenir une place ou des positions sociales différenciées et reconnues. Il doit donc être considéré comme un processus ouvert, participatif et collaboratif que le jeune doit débuter depuis ces premiers jours de formation académique en faisant interagir toutes les intelligences qu'il rencontre.Il doit toujours rechercher le contact, la collaboration tout en puissant le fondamental des échanges avec les autres. Le meilleur ne se trouve jamais en nous mais en celui qui est en face de nous car il détient une richesse que nous n'avons pas. Le « faire ensemble » est le secret de ce processus qui commence par un pas vers plus de coopération, et un pas vers plus de production de biens communs. Le président Nelson Mandela l'a dit :  « Aucun de nous en agissant seul , ne peut atteindre le succès ». Le début du processus d'insertion professionnelle consiste à faire avec les autres ce que nous ne savons pas faire seul.




Florent YOUZAN

lundi, décembre 1 2014

Cyrielle Yendze : «  Je reste persuadée que les Logiciels Libres ont un grand  rôle à jouer dans les mécanismes de développement en Afrique »

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Cyrielle Yendze est une jeune gabonaise, ingénieur en aménagement du territoire, environnement et développement durable. Je l'ai rencontrée pour la 1ère fois lors de la 4ème édition du Forum Innovafrica 2012 à Dakar au Sénégal. Depuis, elle ne cesse de me surprendre par son énergie et son engagement pour le développement de l'Afrique, enrôlés d'un fort caractère de leadership au féminin. Elle a de la personnalité, femme battante et reflet d'une jeunesse africaine devenue actrice de son propre développement. Elle a décidé de faire de la philosophie du Logiciel Libre, un axe stratégique de développement de son pays le Gabon.

Je vous invite à découvrir qui est vraiment Cyrielle !



Bonjour Cyrielle,
Bonjour Florent !!!

Peux tu te présenter à mes visiteurs ?
Je suis Cyrielle Yendze du JerryClan Gabon et initiatrice du Projet Openstreetmap Gabon

Comment s'est fait ton premier contact avec les logiciels libres ?
J'ai été séduite pas les logiciels libres lors de l'édition d'InnovAfrica Dakar (il y a 3 ans )  où j'ai pu rencontrer de jeunes porteurs de projets très engagés dans le développement de plusieurs applications au service de leurs communautés . Depuis je me suis lancée dans l'aventure du Libre !

Quels usages fais-tu des logiciels libres ?
Avec les jeunes porteurs de projets Gabonais, nous voulons mettre les logiciels libres au centre de l'éducation et de la santé; pour que chaque jeune Gabonais (qu'il soit de Mounanade Ndendé ou d'Okondja...) soit éduqué au même titre qu'un jeune européen; qu'il ne  soit plus profane aux  TICs, mais se sente impliqué dans le processus de développement de notre pays. Je reste donc persuadée que les Logiciels Libres ont un grand  rôle à jouer dans les mécanismes de développement en Afrique .
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Quels sont tes futurs projets avec les Logiciels libres ?

Je vais vous parler d'un projet que nous allons mettre en œuvre dans un futur très proche et qui va certainement en susciter plein d'autres : C'est OpenstreetmapGabon ; un projet de cartographie libre et participative de la capitale Gabonaise (dans un 1er temps). Dans le cadre de cette étude, nous allons cartographier toutes les zones à risques et non aedificandi (inondables, enclavées, bassin versants, glissement de terrains…). Ce projet est participatif dans la mesure où tout le monde à la possibilité de Mapper son pays; sa ville ou son quartier quelque soit l'endroit où il se trouve ! il y a encore quelque heures; un étudiant gabonais au Togo contribuait au projet en cartographiant une zone dangereuse de son propre quartier " Adsi-Mintsos " ; zone que je ne connaissais  pas forcément mais que j'ai découvert avec lui. La carte finale devrait avoir un impact sur la prise de décision dans le domaine du logement et l'habitat pour faciliter les politiques  d'Aménagement et Développement du Territoire au Gabon.

Aurais tu un message à lancer à la jeunesse africaine ?
Le message que j'ai à lancer est très simple, pour que l'Afrique soit libre il incombe à chaque africain  d'être libérer en soi (  penser librement, agir librement et contribuer librement au développement de sa cité...) . C'est pourquoi, je pense que le développement personnel est à la base de toute autre forme de développement.  Aujourd'hui, l'heure n'est plus à la critique ni aux représailles; il est temps que nous soyons  tous conscients que notre Afrique, personne ne viendra  la changer à notre place. Que chacun pense à apporter une pierre à cet édifice pour que les générations avenirs héritent de nous, cette philosophie du Logiciel Libre !


Propos recueillis par Florent YOUZAN

jeudi, novembre 27 2014

Innovafrica 2014 : Mme Khardiata Lo N'Diaye du PNUD s'adresse à la jeunesse africaine

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Mme Khardiata Lo N'Diaye, Représentante Résidente du PNUD Togo et Coordinatrice  des Opérations des Nations Unis au Togo


La 6ème édition du forum Innovafrica, le forum de l'innovation africaine, qui s'est tenu en novembre 2014 à Lomé au Togo, a été sous l'empreinte d'un message fort, que Mme Khardiata Lo N'Diaye, Représentante Résidente du PNUD au Togo et Coordinatrice des Opérations des Nations Unies au Togo, a adressé à la jeunesse africaine. J'ai été personnellement touché par ce message plein d'émotions. J'ai donc décidé de le retranscrire et le porter aux frontières numériques du monde.

Mme Khardiata Lo N'Diaye qui participait à la soirée de lancement d'Innovafrica 2014, a accordé toute sa confiance à la jeunesse africaine et lui a demandé d'assumer pleinement son rôle dans le processus de développement de l'Afrique. Voici une personnalité qui n'a point perdu espoir en sa jeunesse et qui a décidé de l'accompagner au quotidien. Ne dit-on pas que « ce qui te manque, cherche le dans ce que tu as » ? Allons donc à l’école d'une mère africaine !


[Discours prononcé par Mme Khardiata Lo N'Diaye]

Mme Khardiata Lo  N'Diaye s'adresse à la jeunesse africaine : « c'est vous qui portez le meilleur de cette capacité d'innovation de l'Afrique »

Cela va être difficile pour moi de dire quelques mots aujourd'hui tellement je suis émue de me retrouver parmi vous. Je voudrais d'abord commencer par remercier le Directeur de l'ESIG (École Supérieure d'Information et de Gestion) , saluer également tous les collègues qui sont là et remercier tous ceux qui ont effectué le déplacement à Lomé et surtout adresser un très chaleureux « woezon » à tous ces jeunes venus de 15 pays de la sous-région de l'Afrique de l'Ouest et aussi de l’Afrique centrale. Ici, la bienvenue c'est « woezon » donc nous vous disons « woezon » !

Au nom de mes collègues du Togo qui vous ont reçus, et très bien reçus, et également au nom de tout le Bureau du PNUD Togo, nous avons été très heureux de vous savoir ici et je voudrais encore remercier le PDG de l'ESIG (École Supérieure d'Information et de Gestion) pour son hospitalité et toutes les facilités offertes pour rendre possible cet événement.

Cette rencontre n'est pas une rencontre de discours, donc je n'ai pas de discours à faire. C'est d'abord un moment de communion et c'est une communauté qui se rencontre autour d'une activité qui vous tient tous à cœur : l'innovation, cet élément très dynamique et très vivifiant. Je voudrais dire un mot sur l'importance que le PNUD accorde à l'innovation.

Aujourd'hui, lorsque vous allez sur le site internet du PNUD, vous verrez que l'innovation est au cœur d'une stratégie que le PNUD soutient et promeut à tous les niveaux. Je vais citer le Directeur Régional du PNUD qui a dit que « l'innovation est la nouvelle monnaie du développement » et le développement est une recherche perpétuelle. En croyant avoir trouver une solution, elle nous échappe et un nouveau défi se présente . Nous sommes tous les uns et les autres confrontés à cette nécessité de toujours mettre à jour nos connaissances. Et l'innovation est ce fuel qui nous permet d'aller toujours plus loin, de dépasser les solutions conventionnelles, de dépasser les solutions dans lesquelles on est confortable, pour toujours chercher plus loin ce qu'on peut faire. Et Je crois que c'est là que nous tous, nous comptons sur vous les jeunes, puisque c'est vous qui portez le meilleur de cette capacité d'innovation de l'Afrique.

Florent, J'espère que je ne me suis pas trompé, tu as dit quelque chose qui a retenu mon attention. Tu as dit que chaque problème de l'Afrique est une opportunité pour aller plus loin dans l'innovation. Je crois que c'est un élément fondamental puisque nous avons certes des problèmes mais nous avons aussi des opportunités et des défis. Et si effectivement, nous exploitons chacun de ces problèmes et nous essayons de voir à travers les raccourcis qu'offre l'innovation, la capacité de nous mettre ensemble, pour fournir l'approche innovante, la dynamique qui est à l’intérieur, je pense que nous pouvons transformer chaque problème est une opportunité.

J'ai retenu aussi, qu'il a dit que la beauté de l'innovation, c'est qu'on innove pas seul, on innove ensemble. Et je suis ici, devant cette communauté de gens qui sont mûrs par cette volonté de faire ensemble de l'innovation, de créer ensemble des solutions innovantes, donc je voudrais simplement me réjouir de cela, mais aussi vous dire combien notre espoir est grand dans le travail que vous faites au jour le jour.

Aujourd'hui vous êtes réunis ici, ce n'est pas dans un hôtel mais c'est dans un lieu de vie de la communauté de Lomé. Parce que justement, le fruit de votre travail, le fruit de votre créativité, le fruit de tout ce que vous faites est destiné à la Communauté des Nations et à chacun d'entre nous, pour que la vie soit plus facile, pour que les solutions soient à notre portée, pour que nous puissions faire des pas en avant. Je tiens à vous saluer et à saluer votre engagement !

Je finirai en disant que le PNUD a mis en place un fonds qui soutient les innovations. Le fonds est là, il est à votre disposition. L'engagement que je prend, au nom du Bureau et je voudrais signaler ici la présence de M. Siaka Coulibaly, le représentant adjoint du Bureau du PNUD Togo, M. Emile Kenkou, chargé de communication du Bureau que je n'ai plus besoin de vous présenter et bien sûr les autres collègues du Bureau, c'est que nous allons continuer au-delà de ce moment à soutenir l’innovation au Togo. Et Innovafrica au Togo, restera vivant au-delà de ce moment.

Nous avons besoin de vous, vous avez besoin de nous, et je crois qu'ensemble on peut aller plus loin.

Merci encore à toutes ces personnes qui vous soutiennent et je tiens à saluer tous ceux venus de France, du canada. Vraiment, nous leur savons gré de leur disponibilité et de leur engagement. Et je voudrais encore une fois remercier en votre nom l'ESIG, s'il ne vous avait pas accueillis c'est probablement dans la cour de la représentation du PNUD au Togo que cet atelier aurait eu lieu, puisque nous n'allions pas vous laisser dehors.

Merci Beaucoup !

[ Discours retranscrit par Florent YOUZAN ]

vendredi, novembre 21 2014

Atelier de formation à l'animation et la coordination de communautés numériques du 08 au 13 décembre 2014 en Côte d’Ivoire

Dans le cadre du projet Espace OSM francophone de renforcement des compétences francophones numériques, collaboratives et ouvertes en Afrique, l'OIF/DFN soutient et organise un atelier de formation de cinq jours à l'animation et la coordination de communautés numériques du 08 au 13 décembre 2014 à Abidjan (Côte d’Ivoire).

Ce programme de formation s’adressera à un public issu des communautés numériques ainsi qu’au milieu académique ivoirien.
L’objectif visé est de développer les démarches partenariales et collaboratives des groupes en formation, d’assurer la cohésion et la consolidation des actions de terrains sur la thématique particulière développée.

En abordant les types de communautés, le travail collaboratif, le financement durable ou encore les outils la formation permettra de mieux appréhender les communautés numériques et open source en particulier.

Le formulaire de candidature est ouvert en ligne ici :  http://survey.businesstrategie.com/index.php/929486/lang-fr

Date limite : 01 décembre 2014


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dimanche, novembre 16 2014

1ères rencontres africaines des Tiers-lieux Libres et Open Source

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La ville de Lomé accueille du 24 au 28 Novembre 2014, la 6ème édition du forum Innovafrica. Le thème retenu pour cette édition est : « L'innovation par la participation ». Une belle page de l'histoire du forum Innovafrica s’écrira à Lomé , car cette 6ème édition enregistrera les 1ères rencontres africaines des Tiers-Lieux Libres et Open Source.

Après la 1ère quinzaine des Tiers-Lieux Libres et Open source qui s'est ténue du 07 au 18 avril 2014 à Saint-Etienne, les tiers-lieux africains décident de se parler, de partager leurs expériences et coordonner leurs actions pour que ces nouveaux types d'espaces soient l'expression des besoins des acteurs africains.



Pourquoi une rencontre des tiers-lieux en Afrique ?

Chaque jour, chaque heure et à chaque  fraction de secondes, des millions d'africains s'engagent à travers leurs villes, quartiers et campagnes dans une excellente démarche de partage de savoir, de mutualisation d’expériences, d'agrégation de compétences et de création collective de ressources et de biens communs. Ces africains, composés en grande partie de la classe jeune, ont décidé de se prendre en charge de manière pro-active. Ils ne cherchent qu'à faire émerger des solutions de développement pour leurs territoires, leurs populations et leurs entreprises.

Les tiers-lieux, ces endroits transversaux qui ne sont ni le bureau ni la maison, incarnent localement toute cette dynamique globale qui donne vie à l'innovation dans une société de transformation.

Le Tiers-Lieu est entrain de devenir l'outil central et transversal qui permettra à la jeunesse africaine de trouver localement des solutions à des problématiques globales comme l'emploi, l'éducation, l'entrepreneuriat, les modèles économie, la consommation. Ayant constaté que chaque problème d'un africain est une idée d'entreprise, la jeunesse africaine veut se bâtir localement par la définition d'une stratégie participative et contributive selon les réalités propres à l'Afrique.



Les Tiers-Lieux africains se donnent rendez-vous à Innovafrica 2014 !

La prise de position de la jeunesse africaine dans les tiers-lieux, espaces de coworking, FabLab et autres MakerSpace, reste encore difficilement appréciable pour certains africains mais pour ma part cette prise en charge de la jeunesse par la jeunesse est un début de solution car comme le disait Albert Einstein : « Nous ne résoudrons pas les problèmes par le mode de pensée qui les ont engendrés ». Je crois à l'innovation que pourrait engendrer le principe des 3 P : « People – Place - Process ».

Sans les Tiers-Lieux africains, il n'y aura pas de transition à grande échelle en Afrique. Sans La philosophie du Logiciel Libre et des recettes ouvertes, il n'y aura pas de ville intelligente. Sans liberté, il n'y aura pas d'innovation appréciable et répliquable. Sans économie contributive, il n'y aura plus de modèle économique … Tout ceci n'est pas nouveau et, comme de nombreux acteurs de l'innovation, nous le avons, nous le constatons chaque jour, pour certains, nous le portons, mais le passage à l'acte reste compliqué.


Tiers-Lieux africains, et si nous nous parlions ?

Plusieurs tiers-lieux seront à la 6ème édition d'Innovafrica et participeront activement aux 1ères rencontres des Tiers-Lieux Libres et Open Source. Certains Tiers-Lieux qui viendront du Mali, de la Côte d'Ivoire, du Burkina Faso, du Cameroun, du Gabon, du Bénin, de la Mauritanie, présenteront sous forme de Storytelling l'avenir des quartiers et des villes africaines avec leurs Tiers-Lieux au cœur du processus de réinvention économique et sociale de l'Afrique. Organisées autour d'un Tiers-Lieu éphémère qui durera 5 jours, les rencontres des tiers-lieux africains s’articuleront autour de tables rondes, de partage d’expériences, de présentations et de co-construction de modèles de tiers-lieux et d'exposés sur l'animation horizontale sans oublier une présentation de ma méthodologie Movilab.

La meilleure manière de comprendre et appréhender le phénomène irréversible des tiers-lieux en Afrique, c'est d'en pratiquer un, deux ou plusieurs afin de comprendre les articulations de ces espaces d’innovation ascendante. Le Tiers-Lieu n'est qu'un outil. Il n'apporte pas la solution mais il apporte juste la possibilité aux gens de s'approprier de nouveaux modèles.

Les tiers-lieux africains viendront à votre rencontre pendant l’édition 2014 d'Innovafrica à Lomé au Togo. Ils partagerons avec vous leurs histoires afin de vous permettre d’écrire ou de réécrire la votre ! Si le forum Innovafrica se décrit parfaitement en 4 belles histoires sur 5 éditions, vous avez cette année l'occasion d’écrire en lettres d'or la 5ème belle histoire et cette histoire c'est Vous !

Innovafrica 2014 : les tiers-lieux africains innovent par la participation !



Florent YOUZAN


[ Texte inspiré de Tilios.fr et de la méthodologie MoviLab ]

lundi, novembre 10 2014

Du 24 au 28 novembre 2014 : la fête de l’innovation en Afrique

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Le forum InnovAfrica, rendez-vous des innovateurs qui s'intéressent aux problématiques de développement, aura lieu pour la sixième édition à Lomé au Togo du 24 au 28 novembre 2014.

Un forum co-construit de façon ascendante

Cette nouvelle édition est co-organisée par Imagination for people et les groupes territoriaux africains (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Gabon, Mali, Sénégal, Togo), en collaboration avec le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et Orange Labs.
Pour faciliter sa coconstruction de façon ascendante, les innovateurs du Sud ont organisé eux-mêmes pour la première fois des « InnovAfrica étapes » entre les deux forums internationaux dans les pays où une communauté s’est structurée : en Côte d’Ivoire et au Togo en décembre 2013, au Gabon en mars, au Bénin en mai, au Burkina Faso en juin, au Sénégal et au Mali en juillet 2014. D’autres groupes internationaux thématiques participeront à InnovAfrica : fablab-fr, espace mobile, Kino Afrique, usage- carto, espace santé, femmes & TIC, tiers lieux open source, correspondants innovAfrica, énergie, groupe des animateurs de groupes...

Principe et historique

InnovAfrica est un événement pour la mise en réseau des porteurs d'initiatives sur les usages innovants au Sud en matière de technologies et d'innovation sociale pour le développement. Le principe du forum est l’innovation par l’expérimentation, pour initier des projets de transformation sociale.
Depuis 2009, les innovateurs du Sud se rassemblent une fois par an au Forum InnovAfrica. Il permet d'aider à structurer des communautés thématiques (fabrication numérique avec les Fab Labs, applications mobiles avec Emerginov, innovation urbaine, cartographie avec OpenStreetMap, Vidéo avec Kino, énergies renouvelables, santé, espaces de coworking et tiers-lieux) mais aussi de créer des liens entre les communautés d'innovateurs pour faciliter les projets à la jonction entre différents domaines. Le forum s’est tenu successivement à Bamako, Mali (2009 et 2010), Ougadougou, Burkina Faso (2011), Dakar, Sénégal (2012) et Abidjan, Cote d’Ivoire (2013). Il a rassemblé jusqu’à 350 personnes du monde entier.

Une semaine de fête de l’innovation en Afrique

InnovAfrica est organisé avec divers événements pendant une semaine pour devenir : la « fête de l’innovation en Afrique » : ateliers pratiques sur les différents outils, ateliers thématiques (santé, énergie, pauvreté...), rencontre de femmes, session sur les modèles économiques, première rencontre africaine des tiers lieux Libres et Open Source, moments de croisement des communautés et de découverte des domaines des autres (explore camp, accélérateurs de projets). A la fin de la semaine, il n’y a pas de session de clôture mais une « session de commencement » où sont présentés les différents groupes et projets nationaux et internationaux qui sont nés lors du forum InnovAfrica.

Retrouvez tous les détails sur le site : http://innovafrica.org/fr/forum/lome-2014/


Contact Denis van Riet : denisvanriet@imaginationforpeople.org +33 6 24 13 74 02


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samedi, novembre 1 2014

Tiers-lieux en Côte d'Ivoire : Accueillons EyoLab !

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Il y a environ un an, le projet Bric'Espoir voyait le jour en Côte d'Ivoire. Un projet dont l'objectif était de lancer une vaste campagne de financement participative à l'ivoirienne pour la construction d'un technopole en Côte d'Ivoire. Le principe de cette financement par la foule consistait à inviter chaque ivoirien à prendre une brique au prix de 2.000 Fcfa comme contribution pour l’édification du plus grand tiers-lieu financé par la foule en Côte d'Ivoire.


Plusieurs mois ce sont écoules et la détermination d'Israel Guebo et de toute son équipe n'a point déteint. Mieux, leur ambition s'est colorée d’expériences réconfortantes meublées du succès de l'organisation du BEST 2014, l’université des usages numériques qui s'est tenue dans la ville de Bonoua. Ainsi, le projet prend forme et fleuri de ces plus belles couleurs. Le rêve du projet Bric'Espoir commence à donner des fruits.

Une phase pilote de ce technopole vient de voir le jour et l'ouverture officielle est prévue pour le dimanche 02 novembre 2014 à Yaou dans les environs de la ville de Bonoua à 65 km d'Abidjan. Accueillons le technopole EyoLab !

EyoLab est un mot valise qui regroupe deux mots. « Eyo » (qui se lit êyô) est issu du baoulé (ethnie du centre de la Côte d’Ivoire) et signifie « faisons-le » ou « nous le pouvons » ou encore « nous le ferons ». Le « Lab » (diminutif de Laboratoire » traduit l’endroit de fabrication et de procréation des idées. EyoLab traduit bien l’idée d’une action en commun. D’un creuset de fabrication d’idées et d’innovations. Un Centre de Partage Communautaire. D’où son slogan « Community Sharing Hub ». EyoLab est un tiers-lieu Libre et Open Source, un espace de rencontre, de partage et d’idées. Un endroit transversal où les intelligences s’entremêlent à travers un brassage de profil et de culture. Un espace qui agrège les compétences de toute une communauté pour réinventer le développement du territoire de Bonoua et lancer les bases d'une révolution numérique ascendante.

Ce tiers-lieu entre l’entreprise et la maison,  est l’endroit idéal pour les personnes souhaitant développer leur réseau, s’offrir un cadre de travail créatif, propice aux découvertes, aux échanges,  à la collaboration et la socialisation.

Eyolab est un espace ouvert. Un processus de mise en commun de plusieurs compétences, afin de permettre le développement d’un entrepreneurship plus solidaire et inventif. Le tout avec un fil qui les relie : La Technologie et l’Innovation.

Un point d'honneur a été mis sur l'utilisation, l’intégration et l'adoption des logiciels libres avec le laboratoire du libre : EyoLibre.


J'ai eu la chance de visiter EyoLab, et même y animer une conférence dans le cadre du projet Citizen café. Ce que j'ai découvert dans ce tiers-lieu agréablement situé en banlieue est impressionnant :

  • Un réseau communautaire actif et interactif où le dénominateur commun est la co-création, la contribution et la collaborative

  • un espace collaboratif de travail avec du matériel technique nécessaire (imprimante, scanner, vidéo projecteur, paperboard, etc.)

  • Une connexion internet haut débit ;

  • 1 salle de réunion toute équipée pour réaliser vos rendez-vous.

  • 1 espace conférence pour suivre vos formations ou autre rencontre

  • Une bibliothèque avec des livres classiques mais aussi des ouvrages sur la Technologie et l’Art ;

  • Casiers privatifs pour laisser ses affaires en toute sécurité.

  • Le Resto’en accès libre pour échanger

  • et enfin un laboratoire de logiciel libre pour la promotion de l'innovation ouverte et ascendante.


Eyolab est le reflet d'une jeunesse qui a décidé en Côte d'Ivoire de se prendre en charge et repenser son épanouissement et son indépendance.

L'important n'est pas de prévoir l'avenir mais de le rendre possible ! 

Accueillons Eyolab !



Florent YOUZAN

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