samedi, mars 22 2025

Libérer le numérique pour libérer les peuples : car là où l’opportunité est absente, la frustration pousse et là où l’on donne les moyens, la dignité renaît.

Je crois profondément que chaque être humain porte en lui une étincelle de grandeur, et qu’il suffit parfois d’un outil, d’une opportunité ou d’un regard bienveillant pour qu’elle s’allume. Le logiciel libre est l’un de ces outils : libre de droits, ouvert à toutes et à tous, il est plus qu’une technologie, il est une philosophie. Une manière de dire à chaque jeune africain : « Tu as le droit de rêver, de créer, de bâtir ton propre avenir. Et tu n’as pas besoin de permission pour cela ».

Car là où l’opportunité est absente, la frustration pousse. Et là où l’on donne les moyens, la dignité renaît.

Le logiciel libre permet de transformer des idées en projets, des rêves en entreprises et des problèmes en solutions tangibles et éprouvées par une implication collective et une attention partagée. Grâce à lui, nos jeunes peuvent prototyper des solutions, résoudre des problèmes de leur communauté, et, surtout, créer leur propre emploi. Ce n’est pas un luxe, c’est une nécessité. Car là où l’opportunité est absente, la frustration pousse. Et là où l’on donne les moyens, la dignité renaît.

Déjà, dans toutes les régions de notre continent, ces outils façonnent silencieusement notre quotidien : dans la cartographie participative de nos territoires, dans les services mobiles qui rapprochent les plus isolés, dans les SMS qui valide des transactions financières et irriguent les terres à distance, dans les plateformes participative où les citoyens s’expriment, dans les hôpitaux connectés, les écoles en ligne, les carnets de vaccination intelligents, et accessibles à tous. C’est là la preuve que le progrès, lorsqu’il est partagé, devient un acte de justice sociale. Mais ce progrès ne doit pas rester l’apanage de quelques-uns. Il doit être le socle d’un nouveau pacte social en Afrique : un pacte basé sur l’inclusion numérique. Nous devons rompre avec les modèles hérités qui isolent, qui consument, qui gaspillent. Et embrasser une voie nouvelle : sobre, résiliente, adaptée à nos réalités.

Une école sans murs, où chacun est tour à tour élève et enseignant.

Le logiciel libre, c’est aussi une autre manière d’apprendre. Une école sans murs, où chacun est tour à tour élève et enseignant. Ces formations dites « horizontales » ne transmettent pas seulement du savoir ; elles éveillent la solidarité, la curiosité, le sens du collectif. Dans ces cercles d’apprentissage, les jeunes ne se contentent pas de recevoir : ils donnent. Ils s’élèvent, ensemble. Et c’est là que naît la vraie force d’une communauté.

Nos capitales, nos villages, nos campagnes, tous réclament un souffle nouveau. Ils nous appellent à imaginer des systèmes plus justes, plus sobres, plus humains. Et à ne pas reproduire les erreurs d’un modèle industriel souvent aveugle à la dignité humaine.

Nous avons tout pour réussir. Il nous faut seulement croire en nous-mêmes, comme d’autres ont cru en nous. Et offrir à chaque jeune africain la chance non pas de suivre, mais de tracer sa propre voie.

Florent Youzan

dimanche, avril 7 2019

La sobriété technologique par les logiciels libres

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Notre monde mène en ce moment une course effrénée vers des technologies dites émergentes. Et cela est littéralement le quotidien de toutes les grosses firmes technologiques, à la conquête des territoires, des entreprises, des foyers et des individus, afin de leur faire absorber leurs technologies, qu’elles conçoivent au gré de ce que l’intelligence humaine est capable de réaliser. Certains appellent cela la modernité technologique. Cette course folle a t-elle réellement une véritable raison d’embaumer notre quotidien ? Quel retard voulons-nous rattraper? N’allons-nous pas vers une dynamique de la volonté de posséder des technologies plutôt que vers le bonheur rendu possible par toutes ces technologies émergentes ?


J’ai donc décidé de vous parler de ce que j’appelle la « sobriété technologique ». Cette sobriété qui selon moi devrait passer par les logiciels libres en changeant de paradigme. La sobriété est un comportement de celui qui est sobre, la qualité de quelqu’un qui se comporte avec retenue, une réelle posture de ce qui se caractérise par une absence d’ornements superflus. Le mot est lâché : la retenue.


Avons-nous de la retenue technologique ?

Avons-nous de la retenue, lorsque toutes les grandes firmes ne font que produire des technologies qu’elles imposent aux entreprises ? Avons-nous de la retenue, pour que l’évolution technologique des entreprises ne soit suspendue à l’évolution d’un logiciel privateur détenu par l’une de ces firmes ? Avons-nous de la retenue, lorsque pour avoir une nouvelle fonctionnalité dans un logiciel privateur, il faut attendre le temps que cette fonctionnalité soit éligible au chantier des évolutions futures portées par l’entreprise éditrice ? Avons-nous de la retenue, lorsque toutes les entreprises font une ruée vers une nouvelle technologie qui vient de voir le jour et la seule entité responsable des articulations fonctionnelles n’est que l’entreprise éditrice ? Avons-nous de la retenue, lorsque la sortie d’un nouveau logiciel, exige le remplacement des équipements devant l’accueillir alors que ces équipements sont encore en état de fonctionnement ?


Avez-vous déjà entendu parler de l’obsolescence programmée, cette grosse arnaque qui continue son avancée dévastatrice dans nos entreprises et dans l’environnement socio-économique ? Avons-nous de la retenue, lorsque toutes ces firmes nous imposent cette dépendance à l’obsolescence et à l’achat des nouvelles versions des logiciels ? Une alternative existe et c’est le Logiciel Libre et la technologie libre, qui nous permettent de maîtriser notre évolution technologique en fonction des besoins de nos métiers et des besoins de nos utilisateurs et clients qui deviennent de plus en sophistiqués. Le logiciel libre donne accès aux codes sources de toute technologie et cela nous garantit la pérennité et notre indépendance vis à vis des éditeurs. Nous pouvons ainsi rendre tangible le besoin d’évolution des fonctionnalités, sans être otages des grosses firmes éditrices de logiciels privateurs acquis à des centaines de millions.


Nous sommes à l’heure de la transition et de la transmission, et nous devons nous poser la question qui mérite d’être posée : qu’est ce que nous transmettons et pour quel avenir ? Lorsque nous investissons dans une technologie hors de prix et que vous devons demander la modification d’une fonctionnalité à l’éditeur, parce que malheureusement, nous n’avons pas accès aux codes sources du programme, nous devons d’abord débourser un budget énorme et subir après le temps d’implémentation que nous impose l’éditeur. Qui contrôle notre évolution technologique ? Est-ce nous ou les grosses firmes qui après nous avoir vendu leur rêve, nous imposent leur futur ? Toutes ces firmes qui nous placent des menottes numérique et économique, nous imposent leur vision de notre évolution technologique ! Contrôlons-nous vraiment notre évolution technologique ?


Vers une élévation de la conscience technologique

Nous sommes tous devenus des « pousseurs de caddies technologiques », prêts à sauter sur tous les nouveaux gadgets électroniques et les nouvelles versions de logiciels ou d’équipements électroniques, dans une dynamique de possession. Nous achetons tout pour tout, tant que la technologie se renouvelle au reflet de l’obsolescence programmée. Nous avons perdu toute notion de la technologie qui s’adapte et qui s’adopte. Nos entreprises ne sont plus en vie mais en survie technologique, sous le poids de toutes ces technologies émergentes, que nous ne maîtrisons pas réellement et qui restent la chasse gardée conceptuelle de quelques entreprises. Nous devons remettre les pendules à l’heure et passer d’une culture du « Pouvoir d’Achat » à une dynamique du « Savoir d’Achat ».

Le logiciel libre avec ses quatre libertés (exécuter le logiciel,  étudier et modifier le code source du logiciel, faire une copie exacte du logiciel et redistribuer les versions modifiées du logiciel) nous permet de maîtriser notre technologie et de la faire évoluer à notre rythme, selon nos besoins, nos aspirations et à budget maîtrisé. L’humain est désormais au cœur de la technologie et les salariés au cœur de ces technologies dans nos entreprises, n’apparaîtront plus dans nos lignes comptables comme une charge mais plutôt comme un investissement. Parce que ces grosses firmes ont réussi à nous faire croire que l’acquisition de toutes ces technologies hors de prix est un investissement et les salariés une charge.

Nous assistons à un futur injuste des technologies et cela est pratiqué par les plus grandes compagnies éditrices de technologies, dont la seule ambition est de continuer à contrôler nos entreprises et donner la directive que le monde technologique doit adopter, selon leur vision et leurs aspirations. La logique du logiciel libre est une logique de vie, une logique d’usages imprimée par les réels besoins, et de retenue qui passent par l’éthique : « l’esthétique du cœur ». C’est une logique de « sobriété technologique ». La technologie que nous ne maîtrisons pas, car les codes sources détenus par la seule firme éditrice et dont les évolutions restent sous son contrôle, est un instrument injuste de pouvoir sur les entreprises et les utilisateurs. Les utilisateurs dans ce cas, ne sont plus libres et n’ont pas la main mise sur leur évolution technologique.


Invitation à l’équilibre technologique

Cette course folle vers les technologies émergentes, fait perdre toute la beauté de la technologie qui doit être au service des utilisateurs et non l’inverse. Nous fabriquons des technologies extraordinaires qui malheureusement prennent le dessus et restent aux mains des grosses firmes, dont les ambitions ne sont pas les nôtres et sont aussi loin de l’apaisement que l’humain recherche dans la technologie éthique. Nous déléguons toutes les fonctionnalités de notre vie à ces technologies privatrices construites dans une pensée unitaire pour un objectif égoïste et une ambition singulière.

Nous devons entrer dans une coopération avec notre vie numérique au travers de technologies portées par des communautés et ouvertes aux utilisateurs, qui doivent les déconstruire et les adapter à leurs besoins de souveraineté numérique. La « sobriété technologique » à laquelle je nous invite par les logiciels libres, n’est pas une invitation à la précarité technologique mais une invitation à l’équilibre technologique qui permet au bonheur technologique d’exister en même temps que nos nécessités numériques.


Florent YOUZAN



lundi, juin 11 2018

Nous avons trop de problèmes à résoudre en Afrique, pour chercher à créer le facebook africain !

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La question de l’innovation fait débat en Afrique et plusieurs observateurs la présentent comme une panacée. L’innovation ne doit pas être présentée comme une finalité mais plutôt le début d’un long processus, longuement mûri et peaufiné avec des objectifs clairs. Ce processus doit être inspiré par des acteurs de proximité, il doit être porté par une communauté et embarqué par plusieurs intelligences connectées et profondément basées sur la diversité (l’autre richesse méconnue).

Nos populations qui se trouvent dans les zones reculées, ne sont pas toutes analphabètes, leur intelligence et leurs capacités d’analyses ne sont pas non plus en berne. On entend trop de préjugés qui confinent les initiatives et les expérimentations, alors que la richesse de l’expérimentation c’est le fait que menée par la passion, elle fonce, se crée un chemin loin des sentiers battus avec un objectif qu’on voit fleurir à chaque pas inconnu.

Il est vrai que certaines populations n’ont peut-être pas les codes pour comprendre ce nouveau monde consumériste, qui accélère à chaque mouvement de la plus fine des aiguilles de l’horloge. Ce monde est certes défini par des chiffres et des lettres mais, il y a une sève qui manque à cette belle nature : c’est l’humanité. Car les peuples restent la meilleure source du bonheur. Ces populations ont leurs codes propres à elles, qui alimentent chaque instant de leur quotidien et réinventent aussi leur futur de manière endogène.

Dans une démarche d’innovation, nous devons comprendre que ce qui nous manque pour appréhender les contours de notre démarche se trouve chez celui qui est en face de nous. Nous devons absolument nous installer dans une démarche ouverte qui consiste à s’appuyer sur l’intelligence collective avec au cœur de toutes nos réflexions, ces populations qui redessinent le futur de leur quotidien.

Si nous voulons mettre en place, un dispositif ou un schéma de développement pour nos populations africaines, nous avons besoin de mieux les connaître, de clairement identifier leurs besoins et de prendre en compte leurs profondes aspirations. Afin, de mettre entre leurs mains des produits et des services qui répondent de manière concrète à leurs besoins.

L’Afrique a longtemps été présentée comme le continent de toutes les difficultés, le continent sur lequel il n’y a que guerres, famines, épidémies, tristesse et désolations ! Laissez moi vous dire que ce continent est en train de vivre une profonde transformation par ses filles et ses fils, qui arrivent à le présenter clairement comme le continent de la résilience créative et le carrefour des possibles. Ceux qui refusent de changer de perception sur ce continent estiment qu’il est inondé de problèmes mais, je dois vous le dire et cela choquerait peut-être certains d’entre vous, l’Afrique est riche de ses problèmes. Il nous faut changer notre regard sur l’Afrique. Le futur n’est pas en berne en Afrique !

L’innovation en Afrique ne doit pas s’embellir de ce que la technologie est en mesure de faire mais, elle doit s’appuyer sur chaque opportunité que nous pouvons extraire de nos problèmes, de nos difficultés et de nos divergences. Il faut que la jeunesse qui pense innovation et créativité comprenne d’abord quels sont les problèmes des africains et décline chaque problème en une opportunité. Je fais une nette différence entre la créativité et l’innovation. La créativité appelle à un changement de perception et l’innovation consolide notre capacité à changer le quotidien de nos populations ! J’invite tous les jeunes porteurs de projets en Afrique, a juste changer de perception sur nos problèmes. Chacun de nos (nombreux) problèmes est une opportunité immense à laisser fleurir. Et pour faire diffuser le parfum de cette opportunité, nous avons le numérique qui est une véritable aubaine. Mais le numérique doit se conjuguer avec notre culture et nos aspirations. N’oublions pas que si le numérique est considéré comme un outil d’accélération de notre développement, il doit s’adapter et s’adopter !

Notre mission fondamentale est de faire en sorte que les services et les produits que nous créons en Afrique et pour les africains, changent le quotidien de nos populations. Si vous créez un excellent service et que cela ne change pas le quotidien des populations, ne s’adapte pas à leur réalité, et n’arrive pas à être adopté par ces populations, cela est tout sauf une innovation. C’est ainsi que nous devons comprendre l’innovation en Afrique ! Nous avons trop de problèmes à résoudre en Afrique, pour chercher à créer le facebook ou le whatsapp africain ! Croyez moi le fondamental est ailleurs et l'essentiel est à saisir ...

vendredi, avril 20 2018

TAMTAM : un hackathon virtuel ... Ensemble laissons courir notre imagination et donnons vie à nos idées de projets pour l’Afrique.

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En décembre 2017, Société Générale a lancé un grand hackathon dédié au parcours de vie de l'informel appelé « l'Arbre à Palabres » qui s'était déroulé du 14 au 17 décembre à Abidjan. Lors de cet événement, l'équipe du LAB Innovation Afrique de Dakar a pris l'engagement vis à vis des startups, de continuer l'aventure initiée. Cette suite s'appelle "Tam-Tam", un hackathon virtuel !

L’aventure continue donc ... et pour aller plus loin nous voulons faire le chemin avec vous !

L’initiative TAMTAM est un hackathon virtuel sur les thématiques de l’Éducation financière et de la Santé, meublé d’un bootcamp virtuel sous forme de consultation publique et ouverte aux acteurs de tous les secteurs de l’informel, aux entrepreneurs et aux start-ups africaines.

De nombreux acteurs du secteur informel se posent aujourd’hui des questions de société sur des problèmes concrets que vivent les africains. Alors, transformons ensemble ces difficultés en opportunités et nous vous savons capables et profondément instruits de nos réalités pour poser votre pierre à l’édification de solutions innovantes qui s’adaptent à l’Afrique et qui s’adoptent par nos populations.

Voici une idée des lignes qui alimentent et nourrissent en ce moment les débats sur TamTam :

L'éducation financière

  • La formation des jeunes et des femmes aux usages numérique et digital

  • L'accès à des outils simplifiés de gestion et de comptabilité pour les commerçants

  • L'accès à l'information sur le financement pour des professionnels non ou mal bancarisés

  • L'accès à la formation et la compréhension de notions de gestion des finances personnelles ou professionnelles (budget, risque, épargne, etc.)

La santé

  • L'accès aux soins (information, formation, parcours de soins)

  • La télé-médecine et les usages mobiles

  • La collecte, le traitement et le stockage sécurisé de données sanitaires

  • Le paiement des soins médicaux et des soins en pharmacie

  • La micro-assurance et la couverture santé, etc.

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Si vous êtes une start-up, un développeur, un innovateur ou un entrepreneur, vous avez des solutions ou des idées de projets sur ces deux thématiques, nous vous invitons à rejoindre dès aujourd’hui le bootcamp en cours en ce moment en vous inscrivant sur la plateforme de consultation ouverte et publique : http://www.tamtam-sg.com

Après votre inscription, vous pouvez participer au débat en échangeant avec des acteurs de l’informel déjà présents sur la plateforme, afin de pouvoir identifier les problématiques qui parlent à tous. Si vous faîtes partie des meilleurs contributeurs pendant ces échanges et selon la pertinence de vos idées, vous serez sélectionnés afin de participer au hackathon virtuel avec votre start-up en fusionnant avec une autre start-up interne du Groupe Société Générale. Ce concours virtuel vous permettra de matérialiser votre idée proposée en prototypant et développant votre solution innovante pour les acteurs de l’informel !

Fortune Cookie disait : « Vivons de notre imagination au lieu de notre mémoire », alors nous vous invitons à laisser courir votre imagination et vos idées de projets pour l’Afrique et faîtes entendre vos voix.

Saisissez dès aujourd’hui votre chance, participez maintenant à ce bootcamp inédit, rêvez de fusionner avec une start-up interne de collaborateurs du Groupe Société Générale en Afrique et donnez vie à vos rêves de collaborer avec un Grand Groupe dans une approche de co-construction, de bienveillance et de transparence !


Participez dès maintenant en cliquant ici





jeudi, mars 1 2018

L'école de la vie !

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Nous sommes résolument toujours tournés vers la systématisation de la collaboration dans le travail. Malheureusement cela n’est pas enseigné dans nos écoles. Nous pensons que nous ne préparons pas suffisamment nos jeunes à devenir des tisserands de la nouvelle toile sociale, professionnelle et économique. Nous ne les préparons pas intimement à la collaboration et mieux, à l'empathie dans le travail en équipe.

Prenons l’exemple des classes de maternelle. La manière d’organiser une classe de maternelle n’a rien à voir avec l’organisation d’une classe de primaire et plus. Dans une classe de maternelle, les élèves sont assis en cercle. Chaque élève a à sa gauche et à sa droite un autre élève qui lui sont présentés comme des piliers, des valeurs essentielles sur lesquelles il pourra s’appuyer pour avancer et se construire en tant que pierre angulaire d’un socle social commun. Le cercle est par définition un espace indéfiniment variable. Il existe infiniment de cercles autour d’un même centre comme il existe chez nos enfants, aussi différents les uns des autres, infiniment d’émotions, d’idées, … et c’est là que commence l’émulation !

Mais dès que vous arrivez au primaire, la classe devient une usine. Vous avez un élève à une position avancée, un autre derrière et tout de suite on installe la compétition dans cette classe où des enfants sont censés apprendre les uns des autres. On conditionne et formate l’esprit des jeunes à la compétition en leur interdisant même de s'entraider pendant les évaluations.

C’est l’illustration parfaite de la fracture dans l’éducation qui échappe malheureusement à notre attention constructive. On ne réussira pas à construire ou révéler autant de valeurs éparpillées sur les terres fertiles de nos jeunes, en brandissant la compétition dès le plus jeune âge.

Voici une plaie, une si profonde plaie, qui ronge notre mécanique éducative. Tous ces jeunes formés dans la division pendant tout le cursus pour au final, leur demander de travailler en équipe une fois en entreprise. Et tout le monde s’étonne qu’il y ait de la rétention d’informations dans le monde professionnel. Mais comment voulez-vous que quelqu’un qui a passé toute sa vie à cacher sa copie d'évaluation, à compétir pour être bien noté, à se morfondre sur ses résultats médiocres, qui en plus seront sanctionnés par des parents cherchant l’excellence dans toutes les disciplines, réagisse en entreprise ? La magie n’opérera jamais, à moins que des entreprises allouent des budgets pour réapprendre à leurs collaborateurs à travailler en équipe, et encore, les personnalités sont forgées et les principes inculqués, difficile de revenir en arrière… Tous ces séminaires ou ateliers récurrents de team building demeurent des pansements que certaines entreprises ont trouvés pour guérir, provisoirement, une plaie bien plus profonde.

Mais comment se sortir donc de ce cercle vicieux ? En inculquant tout simplement la culture de l’attribution et non de l’évaluation. Redéfinir le mot « évaluation » qui devrait désormais prendre le sens de la motivation. Les enseignants doivent eux-mêmes apprendre à tirer leurs élèves vers le haut et non pas les sanctionner. Le modèle éducatif finlandais est toujours en tête du classement mondial dans la pédagogie et l’enseignement, pourquoi ? Parce qu’ils ont compris bien trop tôt, que pour favoriser l’apprentissage, il faut non seulement le rendre plus ludique mais surtout plus collaboratif. Le système de notation est quasiment inexistant et les enseignants sont eux-mêmes des experts en travail en équipe. L’égalité, le développement individuel et collectif, la bonne volonté, la confiance et l’indépendance sont leurs maîtres mots !

La pédagogie est la philosophie de l’éducation et il faut que notre école acquière cette simplicité intellectuelle et le courage de recentrer l’école sur sa mission d’instruction, de partage de connaissances, d’apprentissage collaboratif au détriment du système d’évaluation et de sanction que nous appelons l’école moralisatrice ! La logique même de l’école méritocratique organisée pour la reproduction des élites plutôt que pour la préparation du plus grand nombre à la vie doit céder la place à une école démocratisant les savoirs et permettant à tous de disposer des moyens de construire leurs compétences.

Nous avons le choix de préparer nos enfants pour le travail ou pour la vie. Nous choisissons la vie !



Par Florent YOUZAN & Hanae BENNANI


Ce billet de blog a été initialment pubié sur le blog Jeudenotes.com



mercredi, février 28 2018

Les vertus de l'échec

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Quel que soit ce qui vous arrive dans votre parcours, bon ou mauvais, juste ou faux, escompté ou pas, le tout est une leçon de vie et cela se célèbre.

Aujourd’hui nous parlons de l’échec, cette vertu tellement crainte de tous et pourtant la seule qui puisse nous guider vers le chemin de la sagesse, tandis que le succès nous guide, bien souvent, vers l’ivresse.

L’échec est souvenons-nous, avant tout, un jeu, et même dans le jeu d’échec, on le définit comme une situation du roi ou de la reine qui se trouve sur une case battue par une pièce de l'adversaire.

Au sens figuré du terme échec, on le définit comme le fait de ne pas réussir, de ne pas obtenir quelque chose.

Mais pourquoi définir un mot par ce qu’il ne nous apporte pas plutôt que par ses vertus ? Serait-ce car, depuis la nuit des temps, même les plus grands philosophes tels que Descartes ou Kant, qualifiaient l’échec comme un mauvais usage de nos facultés ou de la raison ?

Peut-être pas seulement puisque Freud, oui Freud a dit une chose qui s’est évidemment vérifiée dans toute l’histoire de la médecine que « c’est quand ça ne marche pas que nous comprenons un peu comment ça marche ».

L'échec est tout simplement la résultante d'une action n'ayant pas abouti au résultat escompté.

Cette situation de vie arrive à tout un chacun d’entre nous. L'échec est notre compagnon de tous les jours, nous ne pouvons vivre sans car il prend son essence dans notre nature d'Humain et de Vivant. Il matérialise notre existence et symbolise le plus profondément possible notre humanité.

Toutes les fois que tu rencontreras l'échec sur ton chemin, rappelle-toi que c'est un appel tangible à la reformulation de tes ambitions. Il t'invite à te recréer un autre cadre au sein duquel s'exprimera mieux ta créativité.

L'échec est paradoxe, le paradoxe est contrainte et la contrainte alimente la créativité, lorsqu'elle est appréciée hors du cadre initial (out of the box), dans un autre cadre que tu dois absolument créer.

Nous avons tous peur de l'échec alors qu'il conditionne notre lendemain. Toute la société le rejette, le craint et va jusqu'à l'exclure de nos projets et de nos quotidiens. Alors qu'il est une partie de nous, une profonde définition de notre vécu existentiel et une claire expression de la vie qui nous gouverne.

L'échec est tellement rejeté qu'il n'est pas enseigné dans nos écoles et universités. Nous devons en faire une discipline, l'enseigner, l'expérimenter et surtout le documenter.

Dans nos entreprises, l'échec est réprimé avec une énergie et une rigueur déconcertantes alors qu’on ne pourra jamais faire de la créativité une monnaie courante dans nos entreprises sans s'autoriser d’échouer et de réessayer car sinon, c’est ainsi que nous perdons bien de belles histoires étouffées alors que cela aurait pu apporter une confiance que l'on ne peut acquérir autrement.

L'échec nous apporte une confiance qu'aucun succès scolaire ou professionnel ne nous permettra d'acquérir. L'échec nous permet de découvrir et de tutoyer certaines situations de vie que nous n'aurions jamais eu la chance de comprendre et d'apprendre par d'autres moyens.

Il est interdit d'échouer alors que c'est ce que nous savons faire le mieux, donc changeons tout simplement de perception sur l'échec et laissons nos jeunes échouer tout en aidant à recréer de nouveaux cadres et reformuler leurs ambitions.

N'imposons rien à nos enfants parce que nous avons peur qu'ils échouent. Si nous imposons à nos enfants de réaliser nos contraintes de peur, lorsqu'ils échoueront, ce n'est pas eux qui auront échoué mais plutôt nous ! Et nous échouons de nos peurs d'échec !

C’est l’exemple de cet enfant qui veut faire ses premiers pas et que les parents couvent et suivent pour ne pas le voir tomber et se faire mal. On dit souvent à ces parents « Laisse-le essayer de marcher seul, il tombera puis se relèvera et ce n’est qu’ainsi qu’il apprendra à marcher ! » Nous marchons tous aujourd’hui non ? Et pourtant l’un de vous serait capable de nous dire qu’il n’est jamais tombé avant d’apprendre à marcher ?

La réussite est une succession d'échecs débouchant sur un succès. Apprenons à être plus humbles et plus réceptifs aux vertus de l'échec qui nous permet, dans notre vie de tous les jours ou en tant qu'entrepreneurs, à apprendre de nos erreurs, à nous relever de nos blessures et à nous améliorer en continu. Oui c'est bien cela l'échec, c'est un processus d'amélioration continue et donc, de développement personnel...



Par Florent YOUZAN & Hanae BENNANI


Cet article a été initialement publié sur le Blog Jeudenotes.com




mardi, novembre 7 2017

L’Arbre à palabres : un bootcamp et un hackathon dédiés au secteur de l’informel à Abidjan

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Le premier chant du coq déchire le silence du petit matin, les premiers pas se font entendre dans les foyers. Les silhouettes des femmes et des hommes qui fleuretaient avec les premières heures du jour, prennent forme. C’est parti, ils sont tous à pied d’œuvre.

Diallo, le boutiquier ouvre ces portes,

Maimouna, la vendeuse de riz du quartier aborde déjà la première marche de ses escaliers,

Les premiers klaxons de Georges le chauffeur de Taxi se font entendre, lui qui transporte à ces heures, les caisses de Koffi le distributeur de pain,

Huguette dénoue tout doucement son pagne, à la recherche de quelques pièces de monnaie pour le goûter de ses enfants qui, sans attendre, transpercent à vive allure l’air frais du matin, à la rencontre du car de ramassage de l’école de la ville dont Benoit, le chauffeur, effectue le plein en carburant avec des bidons que vient de lui fournir Fousseni,  le mécanicien du quartier.

Cette belle mélodie matinale, accordée par les mouvements de ces hommes et de ces femmes, dont l’énergie porte le reflet d’une nouvelle économie fortement décrite par leurs besoins au quotidien. C’est l’économie de l’informel …

  • Vous connaissez des hommes et des femmes qui alimentent à leur humble niveau cette économie aux contours révélés mais non maitrisés ?
  • Vous portez des initiatives aux colorations de cette économie de vie et de service ?
  • Vous avez entre vos mains une solution qui répond de manière concrète aux besoins identifiés dans cette économie transversale ?

Nous vous donnons rendez-vous sous l’arbre à palabres au son du Tam-tam parleur.

Pendant 4 jours, nous allons semer ensemble les graines de cette nouvelle économie, qui nous parle et qui nous porte. Nous allons faire fleurir les premières plantes que nous alimenteront ensemble et la récolte sera notre bien commun au soir du 4ème jour.

Nous nous parlerons à l’ombre de l’arbre à Palabres, nous honorerons ensemble cette coutume de rencontre et de création, et nous définirons le chemin de vie qui alimentera cette économie, notre économie.

Postulez avant le 30 novembre 2017

Et retrouvez-nous autour de l’arbre à Palabres du 14 au 17 décembre 2017 à Abidjan





Au programme :

1/ Un Bootcamp avec des ateliers stimulants et des conférences passionnantes

2/ Un Hackathon pour travailler sur la conception, le prototypage, et le test de votre solution

Coachés par des spécialistes du Lab Innovation et du Groupe Société Générale et des mentors spécialement identifiés pour vous

Inscrivez-vous maintenant et venez rêver et réaliser votre rêve avec nous  : http://www.larbreapalabres.info





samedi, mai 27 2017

Des jeunes africains ont fait l’expérience de partir de zéro

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Le Logiciel Libre accessible et ouvert à tous sans aucune restriction permet de prototyper rapidement des idées d’entreprise en se basant sur des briques de codes sources ouverts et modifiables. Donnons la possibilité à chaque jeune africain de créer son travail !

Les logiciels libres inondent aujourd’hui notre quotidien : la cartographie numérique libre, les services à valeur ajoutée dans la téléphonie mobile, les applications SMS et mobiles, les plate-formes de collaboration, les systèmes d’intelligence collective, l’électronique ouverte, la domotique low-tech, la télé-irrigation via sms, la gestion des territoires via des plate-formes de démocratie participative en ligne, la télémédecine, … rien n’est en marge. Notre vision du développement doit changer maintenant et de manière urgente. Nous devons nous tourner vers une dynamique d’inclusion numérique.

Les jeunes en Afrique ont déjà crée des applications from scratch avec l’appui des logiciels libres et cela doit nous inspirer et inspirer d’autres jeunes à passer à l’action.

La culture du logiciel libre a développé des types de formations appelées des formations horizontales : apprendre ensemble par l’expérimentation. Pendant ces séances d’apprentissage entre pairs, les participants apprennent à monter en compétences individuellement mais ensemble. Chacune de ces formations, présente un autre aspect de l’apprentissage où l’apprenant au lieu de seulement recevoir du savoir, il partage son expérience, offre son dévouement, présente et met ses compétences au service des autres. C’est cela l’approche que nous devons favoriser et démocratiser en Afrique.

Une autre approche pour l’émergence du numérique est l’ouverture des données que rend possible la culture du logiciel libre : l’Open Data. Les données publiques doivent simplement et librement être accessibles et réutilisables, car la mise à disposition des données publiques est une obligation légale mais aussi et surtout une mine d’or et de possibilités inestimables.

Nos capitales africaines, évoluent dans un environnement complexe alimenté par un besoin constant d’adaptation par une meilleure appropriation des technologies et essayer de nouvelles orientations loin des faiblesses du modèle industriel, la surconsommation de ressources et la génération de déchets et d’outils déconnectés des besoins des utilisateurs, est aussi un axe de développement de l’Afrique.



(Re)Humanisons notre informatique en Afrique

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Il est temps que nous (re)humanisons l’informatique et (re)solidarisons les peuples par le numérique, afin de répondre aux questions des africains par les africains et cela en Afrique avec des compétences africaines et des outils adaptés.

Tout le monde se pose une question fondamentale. Le logiciel libre constitue-t-il un levier d’émergence pour le numérique en Afrique ?

La culture du logiciel libre va aujourd’hui au-delà même de l’informatique. Nous parlons beaucoup plus du Libre plutôt que de logiciel libre. Cela nous permet de sortir le Logiciel Libre des laboratoires, des hackerspace et autres makerspace, pour montrer au citoyen ordinaire que le Logiciel Libre et la culture du Libre donnent une certaine prédisposition pour le développement des différents territoires africains, donc de la Guinée.

En Afrique, nous continuons d’investir beaucoup d’argent dans l’éducation, car nous y tenons. Comme le disait Nelson Mandela : « L’Éducation est l’arme la plus fatale pour changer le monde ». Il est donc pertinent d’éduquer et de former la jeunesse africaine de façon stratégique afin qu’elle soit détentrice d’un savoir libre, afin qu’à partir de ce savoir elle puisse prévoir pour mieux agir par elle-même.

Pour former de très bons développeurs d’applications en Afrique, les étudiants africains doivent avoir la possibilité d’accéder aux codes sources des logiciels existants afin d’étudier leur fonctionnement. La relecture des codes rédigés par de très bons développeurs permettra à la jeunesse africaine de monter en compétences et d’acquérir des savoir-faire.

Le Logiciel Libre aux mains de la jeunesse fortifiera notre continent l’Afrique qui souffre de sa double fracture numérique. La conjugaison de la culture du Libre et de la jeunesse africaine produira dans nos universités, des technocrates « made in Africa » rompus à la résolution des difficultés de l’Afrique avec le regard africain dans un cocktail de compétences, d’indépendance, d’ouverture, de démystification, de partage, d’accessibilité et de collaboration.

On ne doit pas interdire aux élèves et étudiants de nos universités africaines de partager les codes sources de logiciels, de faire des copies des logiciels, de les partager et de s’entraider. C’est malheureusement ce que nous observons dans bien de contrats des logiciels utilisés sur nos campus. Les jeunes africains sont formés dans la division, ils sont éduqués à travailler et apprendre séparément dans l’individualité mais paradoxalement après leurs diplômes, on les réinvite à travailler en collaboration en entreprise.

Si notre société doit survivre par l’intelligence collective, nous devons alors l’enseigner et en faire notre nouvelle monnaie.






vendredi, mai 26 2017

Des outils libres pour concevoir des applications SMS frugales !

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Alors que le boom du mobile en Afrique continu de repousser les limites, des services basés sur le mobile révèlent bien de ressources insoupçonnées. C’est le cas de nombreux services mobiles propulsés par les SMS (Short message Service) en Afrique. En Afrique, les SMS sont surtout la voie de résolution des problèmes des populations par le mobile et cela à coût réduit.

J’ai voulu par ce billet, présenter un ensemble d’outils et de logiciels libres qui permettent de concevoir des applications et des services SMS avec peu de moyens, de manière frugale c’est-à-dire en faisant mieux avec moins. Ces outils libres ont permis à des jeunes de sortir leurs idées des tiroirs et passer le cap du prototypage pour épouser les voies de l’expérimentation. Si cela a été possible pour eux, c’est que cela est aussi possible pour vous avec qui nous nous devons de partager le savoir et le savoir-faire, transformant ainsi notre savoir en actions.


Des outils pour monter des serveurs SMS

  • Kannel, Une passerelle WAP et SMS libre et Open Source
  • Gammu-SMSD, un service pour envoyer en masse et recevoir des messages SMS
  • RaspiSMS , un système permettant la gestion de SMS depuis un ordinateur via internet.
  • PlaySMS, application web libre et Open source de gestion des SMS


Des applications SMS qui repose sur des serveurs SMS

  • RapidSMS, un framework django libre et Open source
  • Kalkun, une application Web de gestion des SMS
  • Wvdial, une application permettant de se connecter à Internet avec un modem RTC 56K, un téléphone ou une clé 3G.
  • Wammu, Application graphique pour gérer vos contacts, tâches, calendrier et message de votre téléphone.

Avec ces outils libres, chacun peut donner corps à son idée de service SMS depuis sa maison ou depuis le coin du quartier avec peu de moyens et surtout en adaptant le code source afin qu’il réponde de manière spécifique à un besoin bien donné.

Tout l’enjeu est de redéfinir les contours de l’innovation portée en Afrique par les applications SMS, dans un environnement dominé par une rapide évolution des usages et une expression souvent non maîtrisée des besoins des populations.

C’est le champ de l’incertitude, de l’imprécision dans un monde guidé par les usages innovants mais, aussi par l’imprévisible et l’instabilité. Nous communautés ne peuvent plus se permettre l’innovation à coût non maîtrisé. L’innovation d’aujourd’hui en Afrique doit être à la fois abordable et durable et recentré sur l’humain. Et le SMS reste une mine d’or insoupçonnée dans l’accélération des usages mobiles. L’expérimentation avec des technologies ouvertes est donc une chance à saisir ! Sortez vos idées des tiroirs et retrouvons-nous dans les tiers-lieux Libres et Open Source (TiLiOS).




vendredi, février 17 2017

YES, JERRY CAN ! (Jerrycan)

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Le vendredi 25 mai 2012 a été un jour pas comme les autres pour la communauté du Libre de Côte d’Ivoire. La ville de Yamoussoukro, communément appelée Yakro par les Ivoiriens, a vécu un événement des plus marquants de l’histoire du coworking2. « La nuit du partage », comme ont décidé de la nommer les coworkers, a été abritée dans les locaux de la mairie de la capitale politique et administrative qu’est Yamoussoukro. Toute la nuit, on a pu voir les coworkers s’activer, partager des idées et mettre leurs efforts en commun pour la réalisation de leurs projets. C’est au terme de cette fameuse « nuit du partage » qu’a vu le jour le tout premier Jerry fabriqué en Afrique. Ainsi est également né le JerryClan Côte d’Ivoire sous l’impulsion de Florent Youzan, de Jean-Pierre Koutouan, de Cyriac Gbogou, et du réseau Afriworkers.

Le Jerry Do-It-Together, aussi nommé Jerry-Computer ou bien Jerrycan ou encore bidon (chacun peut y aller de son appellation), est un ordinateur PC conçu dans un bidon de 20 litres à l’aide de composants informatiques recyclés et sur lequel est installé un système d’exploitation libre. Cette invention a vu le jour grâce à Laure Guillou, Xavier Auffret et Chemsedine Herriche, trois étudiants dont le tout premier Jerry, conçu à l’ENSCI-les ateliers, a remporté le challenge Humanitech, concours étudiant de l’invention humanitaire en 2011. Le Jerry est librement personnalisable. Il est adapté à tous les usages et peut être utilisé comme ordinateur de bureau, de maison ou comme serveur pour héberger des applications et des projets client/serveur. Hormis le fait que le Jerry est fabriqué à partir de matériels informatiques recyclés contribuant ainsi à la lutte contre la pollution environnementale, il est important de noter qu’il fonctionne essentiellement avec des logiciels libres.

Le système d’exploitation le plus prisé par le JerryClan Côte d’Ivoire est Emmabuntüs que les membres trouvent très complet car il comporte une suite bureautique, une suite éducative, une suite multimédia et bien d’autres applications qui sont mises à la disposition des utilisateurs. La distribution Emmabuntüs a toujours été utilisée pour ces Jerry car une fois téléchargée, elle est facilement déployée et donc plus facilement utilisable par ceux pour qui la connexion à Internet n’est pas optimale voire inexistante.

Malgré les nombreuses difficultés d’ordre financier, matériel et immobilier qu’ils rencontrent, les membres du JerryClan Côte d’Ivoire ont pu mener à terme plusieurs projets ayant par ailleurs reçu des reconnaissances sur le plan national et international. Il s’agit entre autres de :

  • m-pregnancy, l’application SMS pour le suivi des grossesses,

  • la plate-forme JerryTub qui facilite la gestion des malades de la tuberculose,

  • l’OpenDjeliba, la plate-forme collaborative de production participative d’informations citoyennes par SMS ayant remporté un prix de la francophonie.

Et il est important de noter que tous ces projets sont hébergés sur un Jerry.


Lire l’article en intégralité sur le site du Collectif Emmabuntüs



mardi, décembre 20 2016

Utopie de l’échec : elle cherchait son chemin …

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L'échec est notre compagnon de tous les jours. Il matérialise notre existence, symbolise notre humanité, reformule nos ambitions et conditionne notre lendemain. C'est la résultante d'une action n'ayant pas abouti au résultat escompté.

Toute la société le rejette, le craint comme une peste, le déteste, et va jusqu'à l'exclure de ses projets, alors qu'il est une partie de nous, une définition de notre vécu existentiel et une claire expression de la vie qui nous gouverne.

L'échec est tellement rejeté qu'il n'est pratiquement pas enseigné à nos enfants qui, le découvrent malheureusement à leurs dépens, au coin de la rue, pendant le parcours de leur vie. Cet échec là, méconnu mais inévitable se parque à jamais dans leur mémoire et alimente désormais de manière insidieuse une vie en couleur désespoir. A la rencontre de l'échec tout le château de cartes s'écroule laissant derrière lui un goût d'amertume ? Qui sommes-nous sans échec ? Quel est le visage réel de l'échec ?

J'ai décidé de vous raconter une histoire sur un fond sonore d'échec mais, comme une mélodie créative qui fait fleurir les talents !

C'est l'histoire de Marie-Pascale, une histoire plate comme on en rencontre des dizaines chaque petit matin dans les rues des capitales africaines. Mais l'histoire que je vais vivre avec vous à travers ces lignes, se raconte avec du relief. Une histoire qui nous permet de changer de regard sur l'échec. C'est aussi l'histoire de bien de jeunes africains qui, violentés par l'échec méconnu et incompris, et intimidés par la perception des autres, sombrent pour certains dans l'absence meurtrie ou rebondissent fièrement pour d'autres comme cela fut le cas de Marie-Pascale.

Nous l'avons connue jeune, timide et devancée par son calme. Elle pousse un samedi matin les portes d'un lieu pas comme les autres que lui avait conseillé une amie. A la recherche d'un stage, elle tutoie pour la première fois comme de nombreux jeunes qui viennent à cet espace transversal, une séance de brainstorming. Détendue par la séance de discussion et d'inspiration, Marie-Pascale découvre des moments inoubliables d'échanges. Son sourire en disait long, mais c'est lorsqu'elle sera invitée à se présenter que l'histoire commence : « Je suis Marie-Pascale Bayé, je suis étudiante en gestion commerciale. Je suis venue ici sur recommandation d'une amie,  car je cherche mon chemin », a t-elle soutenu.

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Derrière ce silence et ce calme, une jeune fille menait une lutte acharnée contre des préjugés et des ondes négatives de son environnement. En fait, Marie-pascale a eu un parcours scolaire un peu compliqué, au cours duquel elle a connu des échecs. À la recherche de son chemin, elle intègre une école de gestion commerciale après le lycée. Sa formation en gestion commerciale ne sera pas aussi linéaire. Ses échecs ont donné du relief à son parcours et voilà que ce relief va permettre à cette jeune fille de rebondir et rebondir encore vers d'autres horizons. Elle commence alors un stage dans cet espace transversal qui n'est autre qu'Ovillage, un espace d'intelligence collective et d'innovation sociale. Elle commence à rencontrer des jeunes, des adultes, des entrepreneurs, des innovateurs, et surtout d'autres personnes aux parcours atypiques qui lui montrent l'autre champ des possibles. Là où fleurissent les arbres séchés à l'oeil nu pourtant tous verts d'intérieur. Elle s'intéresse à tout ce qu'elle touche dans l'espace : le blogging, l'emarketing, le community management et même les logiciels libres sur lesquels elle travaille désormais.

Marie-pascale se découvre à la faveur des Talk des passionnés de cet espace qu'elle écoute religieusement et qu'elle tutoie au quotidien et avec qui elle échange sur tous les sujets. Petit à petit, la jeune fille se découvre à elle-même ! Elle prend de l'assurance et redéfinit son avenir. Elle est promue en quelques mois de stage au poste d'assistante puis de chef de projet sur les logiciels libres à Ovillage avant de devenir l'Office manager !

Elle a désormais pris son envol. Chez nous en Afrique, on dit que les arbres de la forêt grandissent dans le silence ! Sans fanfare ni trompette, la jeune fille fait son chemin. Elle s'offre la chance de travailler sur des projets transversaux. Pour certains, elle n'a connu que l'échec, pour d'autres elle n'était pas faite pour une vie de réussite mais, une sagesse peut être enfantée par l'échec. Loin de l'ivresse de la réussite, Marie-Pascale comprend que l'absence dans son éducation de la connaissance des vertus de l'échec a failli lui coûter un temps de vie !

Marie-pascale comme bien de jeunes africains, ne connaissait pas la définition de l'échec. Elle l'a connu à ses dépens avec un froid déconcertant et c'est ce manque de définition de l'échec qui installe la jeunesse dans le culte de la culpabilité face à l'échec.

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En portant un autre regard sur ses échecs, l'Office Manager d'Ovillage s'est vue grandir par l'échec. Elle a commencé à vivre son rêve et non le rêve de ses parents, de ses amis, de ses frères et sœurs encore moins d'autrui. N'accusez jamais votre enfant d'avoir échoué quand vous lui imposez de réaliser votre rêve à vous. C'est vous qui aurez échoué !

Marie-Pascale s'est offerte un temps d'arrêt matérialisé dans un tiers-lieu libre et Open Source ; un temps d'examen et de retour sur soi. Elle a tout simplement décidé de s'offrir la chance d'arrêter d'avancer : ce qui te manque, cherche-le dans ce que tu as !

Un an après sa rencontre avec Ovillage, elle est invitée à la 4ème édition d'Algeria 2.0 à Alger en qualité de speaker. Sa communication était intitulée « la route non prise ... », un récit émouvant de sa vie et sa rencontre avec Ovillage, un espace d'intelligence collective et d'innovation sociale. Elle se définit comme un pur produit d'un tiers-lieu éducatif. Marie-Pascale a compris que l'éducation doit subir une profonde mutation pour donner une possibilité à des jeunes comme elle qui auraient pu éclore si le dispositif éducatif actuel faisant plus attention à ces personnes au parcours atypique.

La jeune fille continue de chercher son chemin, la tête froide et le discours cohérent sur la thématique de l'éducation qui est désormais son cheval de bataille. Elle occupe aujourd'hui un poste de chef de projet digital dans une agence web et s'épanouit dans un autre poste d'animatrice radio, après avoir animé plusieurs soirées de mode. L'utopie de l'échec, elle l'a vécue et domptée, et elle veut désormais inspirer d'autres jeunes filles à saisir cette citation de John Berger : « la pire erreur n'est pas dans l'échec mais, dans l'incapacité de dominer l'échec ».

A toi Marie-pascale, je voudrais dire que tu seras toujours pour moi une source d'inspiration. Je t'ai vue t'élever comme un aigle alors que pour les personnes de ton entourage, tu n'étais qu'un oiseau de basse-cour.



Photos : Divan numérique & Algeria2.0

jeudi, décembre 15 2016

L’expérimentation en Afrique : l’agilité en partage ...

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L'Agilité, encore un autre buzzword mais, que j'ai décidé de regarder depuis ma fenêtre d'africain. Il est peut-être l'heure d'en parler sous un autre angle et avec le regard que je porte sur la question. L'Afrique reste un continent dont le potentiel continue de surprendre, avec des marchés sur lesquels les utilisateurs détournent des offres, les redéfinissent et les consomment à leur manière. Sur un tel périmètre business, lorsqu'on s'engage dans la réalisation de produits et services, cela doit s'accompagner d'une politique de conduite du changement.

Les contraintes de chaque jour, rendent les besoins changeants. Hier est différent d'aujourd'hui et sera demain une autre page à piètre allure et cela se ressent clairement et profondément dans les offres qui sont obligées de s'adapter. S'adapter, reformuler, réactualiser, écouter les besoins, appréhender les consommations, comprendre les habitudes, circonscrire les volontés insoupçonnées, ... ce sont peut-être des principes simples mais, pour vivre et exister en Afrique, il faut pousser ces principes à l'extrême.

A quoi servirait l'agilité dans une entreprise africaine ?

Pourquoi les entreprises africaines ou les entreprises installées en Afrique doivent être agiles ? La question est lâchée ! La réponse est aussi courte que précise : c’est une question d’urgence et de survie.

Sur un terrain à la fois complexe et expérimental, savoir pivoter, s'adapter et se faire adopter est une démarche hautement vitale. Cela révèle, la pertinence d'avoir une démarche frugale sur des marchés certes compétitifs mais, surtout expérimentaux, tout en accueillant positivement les changements de besoins, même lorsque cela intervient tardivement. Winston Churchill disait : «Mieux vaut prendre le changement par la main avant qu'il ne nous prenne par la gorge». C'est la capacité qu'a une entreprise à se construire des indicateurs d'appréciation et de veille stratégique que lui permettent de saisir très tôt les nouvelles orientions, de capter l'évolution des usages et des besoins et prévoir au plus tôt un plan d'actions adaptées.

Souvent, nous voulons tout planifier et tout prédire. Ne perdez pas de vue que nous ne sommes pas des charlatans et à vouloir tout prédire et planifier, nous sombrons dans l'inactivité et l'immobilisme. Vous me diriez qu'il existe des bureaux d'études et de conseils pour les planifications et la prospective. Mais combien de temps mettent -ils à produire leurs études sur l'Afrique ? Ils y mettent visible du temps, de l'énergie et engouffrent de gros budgets.

Comprendre demain par l'expérimentation ?

Seulement, au lendemain de la publication de leurs études et enquêtes, les besoins des africains ont entre temps évolués ! Je l'appelle l'effet tunnel ... et cela a un coût sur lequel tout le monde observe un silence assourdissant. Voici pourquoi il faut systématiser l'expérimentation avec des démarches et des initiatives frugales et hors du cadre !

En Afrique, on vit au rythme de l'incertitude et l'instabilité. Deux compagnons de route que nous avons appris à connaître et qui nous rappellent chaque jour que nous devons sortir des sentiers battus. On ne produira jamais rien de durable dans le confort lorsqu'on tutoie le manque de données tangibles sur un marché volatil aux contours incertains. Mettre en avant la démarche agile, c'est réconcilier l'africain, le client, l'entreprise avec la productivité au sens large. Savoir s'adapter au marché africain est un mécanisme de facilitation du changement social, une quête récurrente et sans concessions, des voies d'amélioration. C'est à juste titre qu'Épictète disait : « Tout est changement, non pas pour ne plus être, mais pour devenir ce qui n'est pas encore ».

Et si l'agilité était le cœur de chaîne du dispositif d'innovation en Afrique, dans un environnement non maîtrisé ?

mercredi, décembre 14 2016

Innov'Action : Ils écrivent les codes sources ouverts de l’innovation ascendante à Bamako

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Nous sommes le matin du jour qui précède les premiers rayons de soleil de ce qui apparaît clairement d'appeler la 1ère édition de la rencontre de l'innovation ascendante et ouverte au Mali. Nous ne sommes qu'aux premières heures et de forts rayons de soleil pointent déjà à l'horizon, annonçant une journée chaude mais surtout un ciel dégagé qui permettra d'accueillir le forum Innov'Action.

A la faveur de la conférence de presse de lancement, les idées foisonnent et les articulations de ce forum propulsé par le Donilab, se consolident avec un programme qui se conjugue désormais de manière assez claire et soutenue. Les speakers sont présentés, les délégations de la sous-région sont annoncées, les thématiques sont mises en relief. Autant d'ingrédients pour permettre aux participants d'Innov'Action de démarrer la rédaction collaborative des codes sources de l'innovation sociale.

C'est la fin de la présentation de Tidiane Ball, médecin de formation, créatif et innovateur, fondateur du portail MaliSanté, co-fondateur du Donilab et entre autre catalyst du forum Innov'Action Bamako. Il a présenté le forum et déroulé le programme.  Commence alors la mise en place de tout ce qui inspirera l'environnement de cette conduite de changement que veut propulser le forum Innov'Action.

Nous sommes à Bamako, cette belle capitale du Mali, dont la jeunesse tutoie le 3eme champ des possibles qu'elle conjugue au présent avec des actions tangibles ! Et j'aperçois une fine et imposante lueur, reflet d'un espoir permis : présenter l'innovation sociale comme moteur de développement au Mali.

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Ce forum qui a été initié par des makers, est clairement un panorama d'enjeux et de solutions portés par la jeunesse de l'Afrique de l'Ouest autour de l'innovation. Et cette innovation, les jeunes africains la veulent frugale, ascendante et durable. C'est une rencontre des innovateurs, des entrepreneurs et des leaders qui ont décidé de faire les choses par eux-mêmes et de capitaliser sur leurs expériences en les transformant en savoirs et ensuite les partager librement ! Ils sont en train d'écrire une belle histoire : transformer nos expériences en savoirs et nos savoirs en actions !

Une belle semaine au cours de laquelle ces acteurs insoupçonnés qui accompagnent la transformation numérique de l’Afrique de l’Ouest, se réuniront pour explorer les nouvelles tendances, accentuer le croisement de leurs savoirs, l’agrégation de leurs connaissances et activer les leviers de création de valeurs au Mali.

C’est exactement l’endroit où il faut être pendant les 72 prochaines heures : les 16, 17 et 18 décembre 2016 ! là où se croisent les intelligences et s’entremêlent les savoirs. Là où s’écrivent librement les codes sources de l’innovation ouverte et ascendante en Afrique !




Tout savoir sur Innov’Action Bamako : site officiel

dimanche, décembre 4 2016

Le Lab Innovation et les start-ups africaines : une pollinisation inspirée au service de la croissance partagée

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Le Lab Innovation Afrique créé en février 2016 par le Groupe Société Générale à Dakar au Sénégal et qui a pour vocation de stimuler et accélérer l’innovation au sein de ses filiales d’Afrique subsaharienne, a été invité en octobre 2016, au lancement du Concours « Start-up of the Year » à Marrakech au Maroc. Pendant cette rencontre, j’ai présenté la vision du Lab Innovation sur la nouvelle dynamique de collaboration et de co-construction entre Société Générale et les start-ups africaines dans une démarche d’intelligence collective et d’open Innovation.

L’Afrique, territoire d’expérimentation

Ancré sur le territoire africain où Société Générale exprime clairement son intime connaissance du terrain, le Lab innovation veut donner un coup d’accélérateur à une approche de croissance partagée entre les start-ups et le Groupe Société Générale en Afrique, un continent sur lequel s’écrit une nouvelle histoire.

L’Afrique n’est plus le continent sur lequel il n’y a que guerres, famines et désolations. La création du Lab Innovation et surtout sa reconnaissance au cœur de l’écosystème ouvert des start-ups, est la claire lecture, que nous voulons montrer une autre facette de ce continent. Ce visage que nous voulons présenter, je l’appelle l’Afrique des valeurs, le continent des talents.

L’Afrique vit en ce moment, une profonde mutation et une profonde transformation digitale. Aujourd’hui, les africains construisent  leurs propres espaces d’innovation à l’image du Ouagalab, cet espace transversal qui a été construit par des jeunes du Burkina-Faso, qui après une campagne de financement participatif, ont bâti leur propre laboratoire de fabrication numérique (FABLAB) de leurs mains. L’heure a sonné pour que chacun de nous change de perception sur les difficultés que vivent les africains. Ce peuple, redynamisé particulièrement par sa jeunesse entreprenante, a la capacité de créer et d’avancer sous de fortes contraintes. Nous sommes sur le continent de la résilience créative.

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Notre collaboration avec les innovateurs, les start-ups, les communautés ouvertes et ascendantes de savoirs et de savoir-faire, au cœur de l’écosystème de Jokkolabs, nous offre une réelle aisance pour parler de l’écosystème des start-ups africaines. Parler aujourd’hui d’écosystèmes africains des jeunes entrepreneurs et porteurs d’initiatives innovantes, c’est descendre dans l’audacieux monde des bâtisseurs du futur, qui tutoient la réalité du présent. Ils bâtissent avec des idées puisées de leurs quotidiens, de leurs territoires et de leurs cultures.

Comme j’aime très souvent le dire : « Chaque problème d’un africain est une idée d’entreprise ». Les jeunes africains, chaque jour, forts des réalités qu’ils vivent, arrivent à convertir l’adversité quotidienne en opportunités. L’innovation en Afrique est à la fois abordable, durable et recentrée sur un produit responsable. Dans l’urgence, nous devons apprendre de cette capacité de résilience des jeunes entreprises africaines. Cela résonne pour nous, comme une urgence et un axe stratégique de développement et d’amélioration sur un territoire aussi expérimental que l’Afrique.

Parlons de notre écosystème des start-ups

L’écosystème que nous construisons se nourrit d'échanges d'énergies et d'intelligences afin d'assurer le développement d’initiatives à fortes valeurs ajoutées mutuelles. Dev Engine Labs, une start-up spécialisée dans le développement d’applications mobiles nous accompagne au Ghana dans la co-construction d’un outil de prise de ticket à distance dans les files d’attente des agences bancaires. Techlabs28, une jeune entreprise sénégalaise, travaille en intelligence avec nos équipes au Burkina-Faso pour la mise à  disposition d’une tablette spécialisée pour les chargés d’accueil. OpenSI, une start-up basée au Bénin, va très bientôt outiller nos agences au Sénégal d’une borne interactive permettant la pré-commande des opérations de base. Deux autres start-ups nous accompagnerons très prochainement dans le développement de solutions issues d’un challenge innovation interne, avec des idées de produits et services de satisfaction client portées par nos collaborateurs des filiales africaines.

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Toutes ces initiatives sont connectées via des partages d’énergies, de connaissances et d'intelligences . Ces partages se font via des couloirs naturels d'énergie, de confiance, de bienveillance et de co-construction . Je les appelle les nouveaux vaisseaux sanguins de collaboration qui irriguent la créativité de l’écosystème afin de créer de l’innovation inspirée, soutenue et ouverte.

Repensons le modèle de croissance des start-ups en Afrique en mettant en place de nouveaux piliers dans une démarche ouverte et ascendante. Systématisons l’expérimentation, il n’y a que cela qui pourra nous édifier avec des données recueillies sur le terrain. La croissance partagée est l’avenir de la collaboration entre les grands groupes comme Société Générale et les start-ups africaines. Cette collaboration doit se faire dans l’ouverture, la co-construction et la pollinisation inspirée.

Ouverture, collaboration et bienveillance : voici les clés du succès durable de notre écosystème. Soit nous survivrons en tant qu’écosystème, soit nous disparaîtrons en tant qu’initiatives individuelles et isolées.

jeudi, décembre 1 2016

Emmabuntüs, a distro for all seasons

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Emmabuntüs is an Ubuntu (and now Debian) based distribution (distro) designed for lower-spec hardware and suitable for users of all ages. The project is based in France, where donated machines are refurbished by volunteers and sold at bargain prices to raise funds. But it’s also part of a bigger picture, being allied with all kinds of charity work around the world, particularly in Africa. We spent some time with lead developer Patrick to find out more.

Linux Format: Let’s talk about the charity side of things first, tell me about the history of the Emmaüs communities, how they’ve grown, where they are etc?

Patrick d’Emmabuntüs: The Emmaüs movement was initiated in 1949 by a catholic priest named Abbé Pierre (although the movement has no religious affiliation), who really wanted to put solidarity into action in helping “those who suffer most” and also being “the voice of those without a voice” .

You will find more historical information on the Emmaüs-International website (History Of Emmaus). The official Emmaüs France association was officially created in 1985 to regroup and somewhat unify the various flavours of the Emmaüs movement. As of today, this association federates 240 communities across the entire world, among which 115 are located in France for historical reasons. These communities are living, working and welcoming places cemented by social solidarity, and they are functioning thanks to the collecting and recycling work of the Emmaüs companions.

These people (around 4,000 in France today) are usually homeless people hosted unconditionally and for an unlimited duration. The main activity of these communities is to receive donations from individuals (furniture, clothes, ornaments, bicycles and computers etc) to repair them if necessary and resale them to the public.

LXF: How did you get involved with them?

P d’E: As far as I am concerned, I started to help as a volunteer in the computer refurbishing activity of the Emmaüs community of Neuilly-Plaisance in May 2010. I started by developing a set of scripts to handle the software installs in Windows XP, making sure we didn’t mess around with the original Windows license.

After that, I noticed that the majority of the PCs were donated without a hard drive, so I had the idea of creating a script to install free software and a Dock on a Ubuntu Distribution, in line with the scripts developed for Windows XP. I presented this work at the Ubuntu-party 10.10 in Paris; I wanted to increase the awareness of other people to the necessity of:

  • Developing and promoting a free distribution well suited for the refurbishing of the machines in the Emmaüs communities.

  • Help these communities to refurbish and sell these PCs to beginners without any previous knowledge about Linux distributions.

  • Reduce all waste generated by the over-consumption of raw materials, by extending the hardware lifetime.

During this Ubuntu-party, I had the chance to meet Gérard and Hervé. They convinced me to create an ISO image dedicated to installations without an internet connection, and they had the idea of calling it ‘Emmabuntüs’, a portmanteau obviously made of Emmaüs and Ubuntu.

After that, David Rochelet and Morgan Duarte joined the core of the actual Emmabuntüs Collective. They are responsible for publishing Emmabuntüs respectively on Sourceforge and on Freetorrent. The first version of Emmabuntüs, based on Ubuntu 10.04, was released on the March, 29 2011.

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