dimanche, juin 28 2015

Le logiciel libre et la jeunesse, vecteurs du développement numérique de l'Afrique

jardin_entropique.jpg


« Le logiciel libre et la jeunesse, vecteurs du développement numérique de l'Afrique »

Jardin Entropique est un événement pour découvrir, partager et débattre autour du numérique et de la liberté. Il rassemble des universitaires, des chercheurs, des développeurs, des acteurs et artistes qui se préoccupent de ces enjeux. François Rabelais disait : « Science sans Conscience n’est que ruine de l’âme » et cette rencontre s’atèle à révéler que le progrès technologique n’a de sens que s’il est partagé entre tous, et que chacun peut en conserver la maîtrise.

Lors de cette rencontre qui s'est tenue à Rennes (France) les 26, 27 et 28 Juin 2015, j'ai eu l'honneur d'intervenir sur le thème : « Le logiciel libre et la jeunesse, vecteurs du développement de l'Afrique ». Une communication au cours de laquelle j'ai présenté la nécessité pour l’Afrique de repenser son développement par le numérique en s’inspirant des difficultés que vivent les africains et pour lesquelles des solutions peuvent être bâties sur les logiciels libres.


La nécessité de la ré-appropriation du développement de l'Afrique par la jeunesse.
La jeunesse africaine est la principale actrice du développement du continent et c'est elle qui conjugue ses intelligences pour repenser l'Afrique de Demain. Donnons donc à cette jeunesse le pouvoir de « hacker » le développement de l’Afrique par le numérique, en s'appuyant sur les difficultés des africaines. Les jeunes africains se sont appropriés le numérique et certains se sont même donné plus de pouvoir en tutoyant les «logiciels libres». Ces jeunes-là ont la possibilité de redéfinir leur informatique, d’y intégrer les réalités de l’Afrique, le quotidien des africains et surtout de révéler la face cachée des technologies libres. Ils cherchent à comprendre le fonctionnement interne de ces technologies et les détournent pour résoudre des problèmes spécifiques des africains. Ces utilisateurs d’un nouveau type nous donnent de découvrir les valeurs cachées des technologies libres, de mieux comprendre l’organisation des algorithmes avec une lecture africaine, de clairement définir les articulations de nos réalités, de nos cultures, de notre organisation économique et enfin de notre développement maîtrisé.


Entreprendre « librement » pour un développement maîtrisé car chaque problème d'un africain est une idée d'entreprise.

La jeunesse africaine perçoit mieux les souffrances du continent et saura comment s’accorder le pouvoir pour une vraie maîtrise des outils de développement. En effet, chaque difficulté d’un africain est une idée d’entreprise ou d’auto-emploi; l’Afrique bâtira sa richesse à partir de ses propres réalités. C’est la marche vers le développement à partir de la contribution communautaire, rendue possible par le faible investissement qu’offre le logiciel libre à tout jeune entrepreneur africain. L’indépendance financière de chaque jeune africain qui se prend en charge, en se lançant dans l’entrepreneuriat par les logiciels libres, est un axe stratégique de développement. Quelques jeunes africains s’épanouissent aujourd’hui par les logiciels libres ; ils découvrent, ils remodèlent, ils adaptent et ils innovent pour une Afrique plus forte. C’est cela le reflet du développement maîtrisé car la technologie s'adapte et s'adopte et le logiciel libre en est une parfaite illustration. Chaque africain doit être à mesure de bâtir son économie «libre» à partir de ce qu’il possède et de ce qu’il y a de mieux pour lui.


Le « Libre » aux mains de la jeunesse …

Le logiciel libre aux mains de la jeunesse fortifiera l’Afrique. La conjugaison du logiciel libre et de la jeunesse produira des créateurs de valeurs centrés sur leur environnement et rompus à la résolution des difficultés de l’Afrique avec le langage africain dans un cocktail de compétences, d’indépendance, d’ouverture, de démystification, de collaboration et de partage. Lorsque plus de la moitié de la jeunesse d’un continent est sans emploi, cela interpelle et l’entrepreneuriat par le logiciel libre se présentent comme une alternative mesurée et mesurable. Bâtir tout en partant de zéro, oui cela est possible avec le Logiciel Libre. Chaque jeune africain qui tutoie le Libre est « porteur d’espoir » pour sa génération et les générations futures.



Florent YOUZAN

mardi, juin 23 2015

Appel à projets 2015, Hackaton : « L’innovation numérique au service des politiques environnementales urbaines »


THEME DE L’APPEL A CANDIDATURES 2015
Cités francophones durables : l’innovation numérique au service des politiques environnementales urbaines des pays en développement francophones »


Fotolia_81124151_M-1024x682.jpg

L’année 2015 est marquée par des rendez-vous internationaux de haut niveau, sur les enjeux du développement durable, qui engageront les pays du monde entier à accentuer leurs efforts pour la protection de l’environnement.
La 21e Conférence des parties à la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP 21), qui se tiendra à Paris en novembre 2015, prévoit l’adoption d’un accord international sur le climat, visant à contenir le réchauffement global en deçà de 2°C.
La fin d’année 2015 achèvera le cycle des Objectifs du millénaire pour le développement des Nations Unies, relayés par l’adoption des objectifs du développement durable (ODD), lors du Sommet spécial sur le développement durable à New York, en septembre 2015.
Ces ODD seront appelés à prendre davantage en compte les enjeux environnementaux nécessaires à la préservation de la planète et au développement durable des activités humaines (bâtir des villes plus durables, combattre les changements climatiques, protéger les océans et les forêts…).

Dans ce contexte, l’appel à candidature du Fonds francophone pour l’innovation numérique lancé en 2015, portera sur le thème « Cités francophones durables : l’innovation numérique au service des politiques environnementales urbaines des pays en développement francophones ».

Les sous-thématique au choix porteront sur :

– la gestion des déchets urbains ;

– le développement de l’habitat écologique ;

– la gestion de l’agriculture urbaine pour la sécurité alimentaire.


Inscrivez-vous !

Vous êtes un(e) professionnel(le) du numérique, étudiant(e)s en Technologies de I’information et de la communication ou en ingénierie télécom (développeur, webdesigner, marketing digital…)

Vous résidez dans l’un des pays suivants :
Maroc, Bénin, Sénégal, Gabon, Haïti

Vous souhaitez apportez des solutions numériques innovantes aux programmes de protection de l’environnement de votre pays

Seul(e) ou en équipe, postulez en ligne pour la pré-selection au hackaton du FFIN qui aura lieu au 2e semestre 2015 dans votre pays :

Programme :
• Ateliers préparatoires au hackaton sur la thématique du développement durable
• Hackaton : « L’innovation numérique au service des politiques environnementales urbaines »

 

Dotations du Hackaton :

1er prix : 8000 euros

2e prix : 4000 euros

3e prix : 2000 euros

Ainsi que la participation au programme d’accompagnement et de suivi des équipes projets

Déposez votre candidature ici


Source : Site officiel du Fonds Francophone pour l'Innovation Numérique (FFIN)

samedi, juin 6 2015

Lancement officiel du Fonds Francophone pour l’Innovation Numérique (FFIN) au Bénin

doo1.jpg

Les autorités nationales béninoises ont procédé au lancement officiel du Fonds Francophone pour l’Innovation Numérique (FFIN) pour le Bénin, le lundi 1er juin 2015 à Cotonou, au Ministère des Affaires Étrangères, de l’Intégration Africaine de la Francophonie et des Béninois de l’Extérieur.
Cette annonce à l’attention de la télévision nationale, des organes de presse écrite du Bénin, des directeurs centraux et chefs services des Ministères de l’environnement, de l’Agriculture et de la Communication, et des jeunes professionnels du numérique (développeurs) était organisée et présidée par Madame Félicité Kotchofa Amèhou, Directrice adjointe de Cabinet du Ministre de la Communication des Technologies de l’Information et de la Communication, le Secrétaire Général Adjoint du Ministère des Affaires Etrangères, le Professeur Adolphe Codjo Kpatchavi, Secrétaire général de la Commission Nationale Permanente de la Francophonie au Bénin et Monsieur Stéfano Komla Amekoudi, Directeur du Campus numérique francophone.

Cette communication publique a permis de sensibiliser les participants aux objectifs du FFIN qui vise à soutenir la production de contenus et d’applications numériques innovants, par le financement et l’accompagnement d’initiatives conçues prioritairement par des jeunes et des femmes professionnels du numérique béninois.


Les activités du FFIN sont prévues au second semestre 2015 au Bénin, et porteront sur la thématique de “l’innovation numérique au service des politiques environnementales urbaines des pays en développement francophones”. L’événement comprendra des sessions de sensibilisation aux politiques environnementales promues par le Gouvernement béninois, des ateliers de formation à l’entrepreneuriat numérique et un concours de développeurs informatiques.
Pour y participer rendez-vous sur la plateforme de dépôt des candidatures dès le  22 juin 2015



Source : http://ffin.francophonie.org/francophonie/lancement-officiel-du-ffin-au-benin/

vendredi, mai 29 2015

Ma lettre à la jeunesse africaine (version audio)

immigration.jpg

Le désespoir a conduit de nombreux jeunes africains à la mer, certainement à la recherche du bonheur. Oui mais, quel bonheur ? Ce n'est pas cela l’héritage que nous ont laissé nos ancêtres. Jeunes africains, vous qui fuyez le désespoir à la recherche du bonheur, sachez que la terre n'est pas plus fertile ailleurs.

Je vous invite à découvrir la version audio de la lettre que j'ai adressée à toute la jeunesse africaine :





Cette version audio de ma lettre à la jeunesse africaine a été initialement publiée par le blog de Cyriac GBOGOU à l'adresse : (Re)découvrir la lettre de Florent Youzan à la jeunesse africaine…




Crédit photo : http://lemontventoux.skynetblogs.be

vendredi, mai 8 2015

Ces jeunes filles porteront le renouveau du développement numérique en Afrique

fatima_tatiana.jpg

Les femmes africaines, elles sont nos mères, nos épouses, nos sœurs, nos collaboratrices. Elles ont su démontrer leurs compétences dans plusieurs domaines et continuent d'assurer bien de responsabilités avec aisance. On ne pourra jamais leur dénier cette forte implication dans la transformation sociale et l’édification d'une société responsable. Désormais, elles ont décidé de s'investir dans le développement numérique de l'Afrique via le réseau international francophone  « Femmes et TIC ».

J'ai rencontré au Burkina-Faso, dans le cadre du forum Innovafrica Étape Ouagadougou en mars 2015, des jeunes femmes singulières, qui comprennent et transcrivent le langage du numérique. curieusement singulières, oui, mais agréablement naturelles et femmes. Je me rapproche d'elles et me sens saisi par un atelier qu'elles animent. Le sourire est au rendez-vous, l'ambiance est amicale et les échanges sont saisissantes. Elles parlent de la place qu'occupe la jeune femme africaine dans l’écosystème du numérique en Afrique. Nous sommes à Ouagalab, un fablab au cœur de la capitale du Burkina-Faso. L'atmosphère se parfume d'une belle symbiose d'intelligence collective et de partage de savoirs et de savoir-faire. Les débats sont passionnants !

Fatima Alher est étudiante en géographie et membre très active de la communauté Openstreetmap du Niger. Elle vient de Niamey et parle de son engagement pour la cartographie libre et citoyenne aux cotés des hommes. Sa passion est déroutante. Son témoignage est révélateur. Fatima explique comment la cartographie numérique lui a permis de se faire une place dans un monde fortement dominé par les hommes. A la faveur d'une incursion scientifique à l'Université de Ouagadougou, elle a animé des ateliers de prise en main d'outils numériques de cartographie.

Bassératou Kindo, de nationalité burkinabé, journaliste et blogueuse, recherche un modèle économique pour son blog qu'elle anime depuis plusieurs années et qui selon elle, intervient sur une thématique controversée en Afrique : l'éducation sexuelle. Elle est rapidement mise sur des pistes de solutions par Tatiana Pandaré, community manager à JokkoLabs Ouaga, qui lui expose comment de jeunes blogueuses en Côte d'Ivoire, qui bloguent sur des thématiques aussi sensibles que controversées, se font accompagner par des entreprises. Colombe Houphouët venue de la Côte d'Ivoire spécialement pour cette rencontre, présente son projet de commerce électronique basé sur les réseaux sociaux.

Ainsi, de la vente des articles culturels et autres objets d'art en ligne à l'éducation féminine, en passant par les Blogs au féminin, l'accès aux banques de ressources éducatives numériques et les plate-formes des prix des denrées alimentaires, toutes les opportunités ont été passées au peigne fin. Vous l'aurez deviné, elles tissent désormais la toile numérique féminine en Afrique.

De la rencontre informelle en novembre 2013 à Abidjan, à la mise en place du réseau international francophone « Femmes et TIC » en novembre 2014 à Lomé au Togo, un pas de géant a été réalisé par ces jeunes filles. Tout en se révélant mutuellement les opportunités qu'offre l'innovation technologique aux femmes en Afrique, ces jeunes filles ne veulent plus donner du crédit à ces idées reçues, qui présentent les TIC comme un domaine réservé uniquement aux hommes et aux scientifiques.

Faut-il être instruite et diplômée des grandes universités pour tutoyer les TIC ? Non, répond Diane Ouedraogo qui invite les jeunes femmes africaines à donner une coloration numérique à leurs activités. « Nous manquons peut-être de volonté, nous ignorons en partie l'importance des TIC, mais nous restons des artisanes du développement de l'Afrique et nous devons désormais le conjuguer avec le numérique », explique Diane Ouedraogo, membre du réseau international francophone « Femmes et TIC ».

Il est vrai que la participation de la femme africaine au développement du numérique se heurte par moment à des obstacles d'ordre technique, sociologique ou culturel, mais pour Diane et ses amies, cela reste un lointain constat, car elles disposent désormais d'une tribune pour faire bouger les lignes.



Florent YOUZAN

jeudi, mai 7 2015

Ma lettre à la jeunesse africaine - «L'Afrique doit désormais être le reflet de l’aspiration de sa jeunesse»

africains.jpegCrédit photo : senego.com


Le paysage est gris ce matin, un matin comme les autres seulement que le coq du village n'a pas eu le temps de chanter. Le tam-tam parleur depuis son retranchement se fait entendre mais, d'une mélodie presqu'inconnue, qui annonce un temps froid et difficile, et invite à la reconversion.

J'ai donc décidé sous le poids de ce paysage aux colorations tristes, de retranscrire les vibrations du tam-tam parleur. Nos présidents africains ne veulent plus malheureusement prêter l'oreille au tam-tam parleur. Nous avons fait d'eux des présidents africains, pardon que dis-je, des rois. Lorsqu'ils sont tous arrivés sur le trône tant convoité, ils ont effacé les traces du chemin qui les a conduit au pouvoir, installant la jeunesse dans le désespoir et la dépression. Ils ont offert à la jeunesse africaine une place de strapontin, la triste place de figurant dans leurs programmes de société.

Lorsque tu seras en train de lire ces lignes et parcourir les contours de chaque caractère portant gravement les articulations de chaque mot, qu'il ne te vienne même pas à l'esprit que je sois en train de me lamenter. Je n'ai pas visiblement le temps et l'intelligence pour ça!  Je ne suis pas non plus en train de pleurer sur notre avenir mais, cette lettre qui se laisse découvrir au son du tam-tam parleur est un appel à la révolution, à la reconversion et à l'action. Notre continent ne doit plus être le champ d'expression des politiques informes et vides d'un groupe d'individus qui a décidé de faire de son propre continent, la terre de ses funestes loisirs au détriment du peuple. L'Afrique doit désormais être le reflet de l’aspiration de son peuple et surtout de sa jeunesse.

Jeune africain, si ton avenir a un sens pour toi, un sens qui n'est pas celui que les autres lui donnent, alors je t'invite à le rediriger. Nos propres dirigeants ont réussi à te faire accepter que l'Afrique est un continent sur lequel il n'y a que malheurs, désolation, difficultés, problèmes, guerres et famine. Même nos pseudo-politiciens ont tout mis en œuvre pour mettre ce continent à sang. Mais, je voudrais te dire que l’espoir est permis et que tu dois accepter de te relever et de marcher vers ton avenir qui sera aussi celui de l'Afrique. Jeunes africains, ne perdez pas de vue vos objectifs car, l'avenir de l’Afrique sera une révolution menée par sa jeunesse. L'avenir de l’Afrique c'est en Afrique, par les africains et pour les africains. Où que vous soyez, quelques soient les conditions dans lesquels vous vivez, même si la vie a réussi à vous mettre à genoux sous le poids des difficultés, sachez que vous n'êtes pas des laissés-pour-compte. C'est justement vous, les artisans du futur développement de l'Afrique et de la transformation sociale de chaque africain. L'Afrique mal-aimée a besoin de vous !

Le bonheur est juste à coté de vous, en Afrique et non sous d'autres cieux. Saisissez dès aujourd'hui cette chance et acceptez de vivre libres et dignes. Ne vous contentez pas de l'avenir bâti par les autres sinon, vous n'y serez que de simples et pauvres figurants. Nous méritons mieux que ce désespoir que nous servent nos dirigeants africains, qui n'ont que pour programme de société, la seule et avide envie de se maintenir au pouvoir. Chaque jeune africain doit renoncer au désespoir et construire son avenir de ses mains et y laisser fleurir ses profondes aspirantes. C'est la seule façon de révéler notre richesse et de vivre pleinement notre dignité. Depuis l’abîme dans lequel vous pensez avoir été précipités et piégés, relevez-vous, armez-vous de courage et rebaptisez votre avenir. C'est ainsi que vous dominerez le futur.

Le désespoir a conduit de nombreux jeunes africains à la mer, certainement à la recherche du bonheur. Oui mais, quel bonheur ? Ce n'est pas cela l’héritage que nous ont laissé nos ancêtres. Jeunes africains, vous qui fuyez le désespoir à la recherche du bonheur, sachez que la terre n'est pas plus fertile ailleurs. En Afrique, nos ancêtres nous disaient, qui nomme domine alors, je vous invite à nommer votre avenir, rebaptisez-le et vous le dominerez pleinement …

Je vous en supplie, ne laissez personne vous raconter l'histoire de nos ancêtres et écrire votre propre histoire à votre place. Notre avenir se trouve ici sur la terre de nos ancêtres ! Nous avons juste oublié de cultiver l'héritage qui nous a été laissé. Reprenez confiance en vos potentialités et redevenez les architectes de notre avenir car chacun de nos problèmes est une idée d'entreprise.

Le développement de l'Afrique passera par le développement personnel de chaque africain et surtout de sa jeunesse. C'est cela tout le sens de ma lettre ! Au cœur de toutes les difficultés que nous vivons, se trouve une richesse.

Tous, vous font croire que l'Afrique n'est que difficultés, guerres et famine. Mais laissez-moi vous dire qu'il y a aussi l'Afrique des valeurs ; L'Afrique des valeurs, c'est cette Afrique où l'on mange à sa faim quand nous cultivons ce que nous devons consommer et consommons ce que nous cultivons. L'Afrique des valeurs, c'est cette Afrique où l'on arrive à se soigner quand on ne renonce pas à nos plantes, nos traditions et notre culture. Le Succès n'est que l'envers de l 'échec. Ne l'oubliez jamais … car la reconversion des mentalités sera le début de notre victoire sur la pauvreté, le chômage et l'ignorance !



Florent YOUZAN

samedi, mai 2 2015

Appel à candidatures : Formation “Liberté sur internet” à Abidjan juillet-août 2015, à destination de journalistes, blogueurs et activistes des droits de l'Homme en Afrique de l’ouest/Golfe de Guinée.

freedom.jpg
Pour la troisième année consécutive, en 2015 l'Université de Clemson, Caroline du sud, et Internet Sans Frontières organisent à Abidjan deux formations gratuites « Internet Freedom - Liberté sur internet » d’une durée de cinq jours chacune. Pour la première fois, une session exclusivement en anglais sera mise en place, puis une deuxième en français.

Le séminaire de formation en anglais aura lieu du lundi 27 juillet à 9 heures au vendredi 31 juillet à 17 heures.
Le séminaire de formation en français aura lieu la semaine suivante, du lundi 3 août à 9 heures au vendredi 7 août à 17 heures.

Ces séminaires formeront les participants aux technologies et pratiques de contre-surveillance basées sur des logiciels libres mises au point par le docteur Brooks et son équipe de l'Université de Clemson. Les participants apprendront comment assurer la sécurité de leurs communications sur internet, comment assurer la confidentialité (privacy) et comment éviter d’être suivi sur internet. L’approche technique développée par le docteur Brooks prend en compte, afin de les contrer, les technologies actuelles de surveillance du réseau ou des terminaux comme les téléphones mobiles sous Android.

Des technologies de protection qui s’avèrent de plus en plus nécessaires : entre 2013, année du début du programme de formation, et 2015 un nombre croissant d’Etats africains n’ont pas hésité à couper Internet, ou encore à identifier et arrêter des blogueurs. Selon le dernier rapport 2014 de l’organisation Freedom House, les gouvernements utilisent des méthodes de plus en plus sophistiquées pour surveiller le réseau Internet.

Les candidats journalistes, blogeurs et activistes pour les droits de l’homme sont invités à postuler pour une place dans un de ces séminaires de formation.
Pour postuler, il suffit d’envoyer un courriel à idswa3@gmail.com . Le courriel devra être intitulé soit Abidjan – Formation Français soit Abidjan – English Training, en fonction de votre préférence et vos compétences linguistiques. Les candidats non-ressortissants d'un pays CEDEAO doivent être en possession d'un passeport valide au moment de postuler. Si vous souhaitez obtenir plus de précisions avant de postuler par email, veuillez appeler le numéro de téléphone (aux Etats-Unis) 0018649860813 et laisser un message pour que nous puissions vous rappeler. N’oubliez pas de laisser votre numéro de téléphone.

Votre courriel devra être accompagné d’un CV et d’une lettre de motivation décrivant votre activité en tant que journaliste, blogueur ou activiste œuvrant pour la liberté sur internet, la démocratie ou les droits de l’homme dans la région du Golfe de Guinée.
Il est fortement conseillé aux participants d’être muni d’un ordinateur portable personnel lors de la formation.
Les candidatures peuvent être soumises jusqu’au dimanche 31 mai 2015 à 23h59 GMT.
Les candidats seront prévenus le plus tôt possible, en cas de réponse positive ou négative.

Le nombre de places étant limité, les candidats sont invités à postuler le plus tôt possible. 



Source : http://johngaynardcreativity.blogspot.com/2015/04/appel-candidatures-formation-liberte.html

samedi, avril 11 2015

FasoMap, une révolution numérique citoyenne au Burkina-Faso

fasomap.jpg

FasoMap est le nom que porte un projet révolutionnaire de cartographie numérique, porté par des jeunes Burkinabé. Avec des logiciels libres, des systèmes d'informations géographiques et la passion de faire bouger les lignes au Faso, ces jeunes réécrivent l'histoire de leurs territoires par la production de données géographiques libres et accessible à tous.

Ce projet est né dans les murs de OuagaLab, un FabLab de Ouagadougou dont les locaux sont fièrement sortis de terre dans le modeste quartier de Kalgondin au cœur de la capitale du Burkina-Faso. FasoMap est donc le résultat du fruit de recherche des jeunes Burkinabé qui passent le clair de leur temps à articuler des bouts de codes et des schémas de modélisation de la nouvelle ville numérique. Ils sont pour la plupart étudiants et partagent un dénominateur commun : l'innovation numérique. Ils ont tous à cœur, d'arriver par leurs maigres moyens, à réinstaller le Burkina-Faso dans le concert des nations émergentes. Ne dit-on pas : « ce qui te manque cherches-le dans ce que tu as » ?

Ces jeunes entrepreneurs sociaux Burkinabés ont décidé de cartographier le Burkina-Faso dans les moindres détails en utilisant les logiciels et outils libres avec un fond de carte OpenStreetMap. Projet utopique diraient certains, projet ambitieux souligneraient les plus optimistes mais, projet réalisable vous diront les markers du Ouagalab, eux qui ont donné une leçon à toute la jeunesse africaine, en construisant leur laboratoire de fabrication numérique de leurs propres mains. Un bâtiment écologique et responsable entièrement bâti en argile, dans un pays où la température moyenne tourne autour de 40°C.

ouagamobile.jpgFasoMap permettra aux jeunes du OuagaLab de tracer les rues, les routes principales et secondaires, d'indiquer tous les centres d'intérêt dans les moindres détails ainsi que les ressources naturelles et industrielles du Burkina-Faso. Les informations géographiques sur la circulation des véhicules et principalement des engins à deux roues ne seront pas oubliées. Les zones d'habitations à risque, les centres d'intérêt tels que l'alimentation, les stations services, l'hébergement, les parkings, la restauration, le tourisme, les transports en commun, les arrêts de Bus, les circuits des bus, les sites touristiques, les écoles, les universités seront aussi indiquées dans les moindres détails. Le nouveau site de la cité administrative de Ouagadougou en construction sera aussi passé au peigne fin. Comme cela se profile à l'horizon, rien ne sera négligé dans cette collecte d'informations géographiques. En même temps que les citoyens contribueront par leur participation à la mise en place d'un système d'informations géographiques libre pour le Burkina-Faso, un point d'honneur sera mis sur le transfert de compétences afin de doter chaque citoyen Burkinabé des aptitudes nécessaires pour une ré-appropriation. De formation géomaticiens, géographes, informaticiens, codeurs, designers et statisticiens, les jeunes de OuagaLab ont prévu faire des incursions scientifiques dans les écoles et universités afin de former de nombreux élèves et étudiants à l'utilisation des outils de cartographie numérique libre et citoyenne.

FasoMap est aussi un axe stratégique pour faciliter l’entrepreneuriat jeune par la réutilisation des données dans des applications ou des plate-formes de visualisation et d'analyse de données géographiques. L’État pourra aussi s'en servir pour évaluer l'environnement des territoires du Faso et mieux planifier leur développement. un vaste appui à la navigation par GPS dans les rues de Ouagadougou apportera une réelle valeur ajoutée à ce projet ambitieux. Produire des données libres pour permettre une large réutilisation dans le cadre de l'entrepreneuriat numérique des jeunes Burkinabé est aussi une ambition forte qu'alimentent Kizito Gamene et ses amis du Ouagalab : « on peut nous apprendre à parler, lire et écrire mais jamais nous apprendre à réfléchir ».


Florent YOUZAN

lundi, avril 6 2015

10 recommandations pour réussir l'insertion socio-professionnelle par le Logiciel Libre

ouagala_mobile.jpg
Lorsque vous comptez avec moi, ensemble, nous nous rendons compte que l'Afrique se bat depuis maintenant 50 ans contre le chômage des jeunes. De nombreux spécialistes présentent le chômage des jeunes comme une bombe à retardement en Afrique. Une bombe que chaque africain doit s'employer à désamorcer et permettre de réduire le taux de chômage des jeunes qui stagne à 40 % et qui plombe l'émergence, cette nouvelle mélodie africaine.


Selon l'OIT, il y a  75 millions de jeunes chômeurs dans le monde dont 38 millions vivent en Afrique, soit un taux de 50,66 % . Le système éducatif traditionnel qui était censé créer de la valeur est aujourd'hui en partie l'un des plus gros producteurs de jeunes chômeurs en Afrique. Ils ont trouvé un modèle éducatif sur lequel tout le monde doit s’aligner. Ce qui n'est pas réaliste et réalisable. Il importe donc, de trouver des alternatives et ne plus confier exclusivement l'avenir de la jeunesse au seul système éducatif traditionnel. Car comme le disait disait Albert Einstein : « Nous ne résoudrons pas les problèmes avec les modes de pensée qui les ont engendrés ».

J'ai longtemps tutoyé les tiers-lieux, les nouveaux modes de vie durable, les nouvelles manières de travailler et entreprendre autrement, et j'estime que la philosophie du Logiciel Libre pourra étoffer le système éducatif traditionnel et nous permettre de former des créateurs de valeurs plutôt que des demandeurs d'emplois. Car pour moi, il n'y aura jamais suffisamment d'emplois pour tous, mais il y aura du travail pour chaque créateur de valeur. C'est ce reflet qui fait des tiers lieux libres et Open Source, des accélérateurs d'innovations et des lieux d'expression d'une jeunesse laissée pour compte.

J'ai donc fait 10 recommandations à la jeunesse africaine, les invitant de devenir des créateurs de valeurs afin de réussir leur insertion socio-professionnelle. Ces 10 recommandations sont fortement inspirées de la philosophie du logiciel libre.

1. « Tu considéreras l'insertion socio-professionnelle comme un processus ... »

Selon wikipedia , l'insertion professionnelle est un processus qui permet à une personne d'intégrer un système socio-économique, par une appropriation des normes et des règles du système. Cela induit un inévitable rapport  entre la personne et son environnement social. Réussir une insertion socio-professionnelle c'est obtenir une place  ou des positions sociales différenciées et reconnues.
Il doit donc être considéré comme un processus ouvert, participatif et collaboratif, que le jeune doit débuter depuis ses premiers jours de la formation académique en faisant interagir toutes les intelligences qu'il rencontre.
 

2. « Tu compléteras et valoriseras ta formation par les logiciels libres ... »

Les logiciels libres te donnent la possibilité d'avoir accès aux codes sources des logiciels et d’étudier  leur fonctionnement. En étudiant le fonctionnement des logiciels libres déjà développés par des développeurs chevronnés, tu acquiers une certaine compétence et une rigueur dans les techniques de programmation d'applications. Cela t'apporte une  réelle valeur ajoutée que tu n'apprends pas de ton enseignant, mais de plusieurs libristes qui t'apporteront un savoir immense, reflet de leur expérience et de leur expertise.

3. « Tu te construiras un petit laboratoire chez toi à domicile à partir des logiciels libres ... »

Il est possible de créer un petit laboratoire d'apprentissage chez soi avec de vieux ordinateurs sur lesquels tu feras tourner des logiciels libres qui consomment moins d’énergie avec un coût d'acquisition négligeable. Ce petit dispositif accessible à tous permettra de donner la priorité à la pratique en réduisant la fracture numérique. Car c'est par l’expérimentation que tu affineras tes connaissances et puisque tu passes le clair de ton temps d’étude chez toi à domicile, c'est alors dans cet endroit que doit résider ton matériel d’expérimentation.

4. « Tu contribueras à des forums de discussion sur les logiciels  libres ... »

En contribuant sur les forums de discussion, le jeune africain affine son savoir mais surtout se crée une réputation lorsqu'il répond aux préoccupations des membres de la communauté à partir des connaissances acquises depuis son petit laboratoire à domicile.

5. « Tu rédigeras des tutoriels sur l'utilisation des logiciels libres... »

Les tutoriels sont des documents qui expliquent étape par étape comment réaliser une action. En rédigeant  ces documents dans  l'esprit de partage, l'apprenant gagne en compétence et en notoriété. Il ne sera plus seulement un consommateur du savoir mais apportera sa contribution à l’édification de ressources libres.

6. « Tu te feras un CV qui parle … »

Un CV dans lequel tu laisseras percevoir, l'ensemble des logiciels ou applications prototypés à partir des logiciels libres, les tutoriels rédigés avec leurs liens de partage et de diffusion sur Internet et les liens des contributions effectuées sur des forums de discussion.
Un tel CV saura en ton absence dire et présentera ce que tu vaux réellement.

7. « Tu accompagneras toute demande de stage ou d'emploi, d'une cartographie de produits et services réalisables avec les logiciels libres …. »

Il est question ici de faire un document présentant les limites des produits actuels de l'entreprise et  proposant des nouveaux services avec une vue générale de l'architecture de réalisation en se basant sur des logiciels libres avec un coût d’implémentation très faible. Cela permet de montrer de manière tangible, une preuve de faisabilité (Proof Of Concept).

8. « Tu transformeras n'importe quel stage en emploi … »

Les logiciels libres permettent à un stagiaire de prototyper des idées de produits ou des idées de services dans l'entreprise qui l'accueille sans toute fois attendre que cela lui soit demandé par son responsable. Les logiciels libres lui permettent de réaliser techniquement son idée sans aucun budget. Si son idée prototypée est acceptée par l’entreprise, c'est tout naturellement qu'il sera appelé à faire évoluer le projet et donc se voir offrir une chance d’intégrer l'entreprise.

9. « Tu transformeras chaque difficulté d'un africain en idée d'entreprise … »

L'Afrique est le continent sur lequel, tout le monde pensait qu'il n'y avait que des problèmes. Ce continent est en pleine transition numérique et du coup on se rend compte que chaque problème d'un africain est une idée d’entreprise. Il s'agit ici de prototyper chaque solution des problèmes des africains en se basant sur le numérique et les logiciels libres, et en faire un service ou produit  pour une entreprise naissante.

10. « Tu t'offriras une possibilité d'insertion professionnelle, en entreprenant par les logiciels libres... »

Les briques de logiciels libres permettent aujourd’hui à chaque jeune africain de se lancer dans l’entrepreneuriat à partir de zéro en se basant sur ses compétences, son savoir et ses connaissances.



Florent YOUZAN

vendredi, avril 3 2015

Un réseau d'informations médicales libres de proximité naît à Innovafrica Étape Ouagadougou

tidiane.jpg

La 5ème et dernière journée de l’Étape Ouagadougou du Forum Innovafrica 2015, a été fortement dominée par l'atelier sur la santé. C'était visiblement l'un des ateliers les plus attendus. Un atelier suscité par des questions réels : comment les jeunes innovateurs africains évaluent-ils les défis de la Santé ? Comment le numérique peut-il soutenir la santé en Afrique ?  Comment rapprocher le dispositif médical des citoyens en Afrique ?

Plusieurs questions auxquelles, Tidiane BALL, jeune médecin malien, innovateur et titulaire d'un master en informatique médicale, souhaite apporter des réponses concrètes et tangibles. Cela fait peut-être la énième fois que ce jeune médecin prononce son plaidoyer pour la Santé 2.0 en Afrique. Un plaidoyer qu'il a étoffé au fil des 6 années qu'il a passé à bâtir MaliSanté, une plate-forme numérique libre de santé de proximité. Tidiane sait de quoi il parle ! Alors qu'il n'avait aucune compétence en informatique, il entreprenait le 13 février 2009, la conception d'un site web dédié à la Santé au Mali. Sa détermination et sa passion lui donne raison, 6 ans plutard en faisant de lui, une ressource pertinente dans la mise à disposition d'informations médicales libres de proximité.

Sa compétence, Tidiane la partage à travers l'Afrique, en animant des ateliers et des échanges scientifiques. La teneur de ses communications c'est tout simplement l'initiative MaliSanté, une plate-forme numérique d'informations médicales de proximité, enrichie d'un répertoire des structures médicales et des professionnels de la Santé du Mali. L'objectif pour Tidiane est de rendre l'information médicale plus libre et accessible à tous, tout en rapprochant les citoyens du dispositif de santé. Au bout de quelques années, plusieurs projets ont été initiés par MaliSanté dont les plus récents sont une application mobile de géolocalisation des structures médicales et des professionnels de la santé , et une autre application mobile de diffusion d'informations de sensibilisation en langues locales contre l’épidémie Ebola.

malick_beogneere.jpgA la faveur du forum Innovafrica Etape Ouaga 2015, qui se déroulait dans la capitale des hommes intègres, Tidiane Ball a fortement milité pour la création de l'initiative FasoSanté, une réplique de MaliSanté au Burkina-Faso. Vous l'aurez compris, il ne souhaite pas sortir de ce forum avec juste des recommandations immortalisées sur des feuilles de papier. « Cet atelier sur la santé 2.0, doit nous permettre de lancer les bases d'une initiative sur l'information médicale libre de proximité au Burkina-Faso », plaide Tidiane Ball. Son appel est entendu par la communauté Ouagalab qui décide de concevoir lancer FasoSanté, sur la base de la diversité de compétences présentes au sein du FabLab. Les outils libres pour la conception de la plate-forme sont identifiés : Joomla, OpenStreetMap, Kannel, AlterCarto. Les noms de domaine sont validés et proposés à l’enregistrement.

Le réseau de l'information médicale Libre de proximité d'Afrique de l’Ouest prend forme. « Il faut qu'en Afrique nous arrivons à construire un réseau d’initiatives sur la Santé car c'est ensemble que nous sommes forts », soutient Tidiane Ball visiblement satisfait des premiers résultats concrets de l'atelier sur la santé.

Vingt-quatre (24) heures après l'atelier sur la santé, la communauté OuagaLab présente la maquette de FasoSanté avec une belle visibilité sur l'ensemble des services et rubriques retenus. La machine est donc en marche et Tidiane Ball ne peut contenir sa joie : «  c'est à plusieurs que nous pourrons avoir une force de proposition et obliger les décideurs à jeter un coup d’œil sur ce que nous faisons ».



Florent YOUZAN

mercredi, avril 1 2015

Les dirigeants africains doivent prendre connaissance des réalités par le numérique

malick_lingani.jpg

La jeunesse africaine veut révéler son engagement pour le numérique aux dirigeants africains, qui ne mesurent pas le rôle joué par les jeunes dans la transformation sociale des territoires. Dans certains pays africains, la jeunesse n'est utile qu'en période électorale ! Triste réalité, pâle projection du futur africain, maigre moisson intellectuelle pour ces dirigeants en perte d'audience citoyenne et à la recherche d'une boussole électorale ... mais la jeunesse veille.

Certains jeunes africains ont décidé de prendre leur destin en main, c'est le cas de la jeunesse du Burkina-Faso. J'ai eu l'agréable plaisir de rencontrer, Malick Lingani lors du forum de l'innovation « Innovafrica Étape Ouagadougou » qui a eu lieu du 28 mars au 1er avril 2015. Un forum qui a réuni les jeunes innovateurs burkinabé avec une forte participation de la jeunesse sous-régionale venue du Mali, du Togo, du Bénin, du Niger et de la Côte d'Ivoire. Malick est développeur d'applications et il présentait lors de ce forum l'initiative « Open Data » de l'association Beog Neere. D'un ton calme, enrôlé d'une articulation appréciable et soutenu d'une assurance hors du commun, Malick nous parle des données ouvertes et Libres.

On s'attendait à des aspects techniques mais l'articulation de son discours au tour de la philosophie du logiciel libre laisse percevoir un paysage fortement dominé par l'enjeu des données libres et accessibles dans le développement des territoires africains. « Nous disposons d'outils permettant aux décideurs et dirigeants africains d’apprécier clairement comment et pourquoi intervenir dans le développement les zones rurales du Burkina », explique Malick Lingani. Plantant ainsi le décor de son engagement pour le développement intégré des territoires africains. La richesse de Malick est sa compétence technique et ses armes pour le renouveau de l'Afrique sont le numérique et l'Open Data. Qui l'aurait cru ?

Malick présente les nouvelles armes à la disposition de la jeunesse africaine, permettant de réussir le développement social africain. «Lorsque nous disposons des données, nous pouvons mieux intervenir et libérer la créativité qui apportera le développement en Afrique», développe Malick Lingani dont le discours installe l'assistance dans un silence de cathédrale.

Malick et ses amis de l'association Beog Neere ne veulent plus assister à l'écriture de l'histoire du Burkina-Faso, qui se définie avec des contours hésitants par manque de schéma libre et citoyen d’évaluation stratégique de l'indice de développement social. Ils ont donc mis en place une plate-forme et des outils libres de recueil de données dans les domaines de l'éducation, de la santé et de l'eau potable. Le déploiement d'une phase pilote leur a permis de piloter un projet de déclaration de naissance par SMS initié avec des partenaires et qui est en application dans une commune rurale du centre-nord du Burkina-Faso. Une autre phase pilote de recueil de données libres et accessibles sur le travail des enfants leur a permis d'affiner leurs outils de collecte et d'analyse des données via le mobile. Malick Lingani présente les données comme la nouvelle ressource naturelle pour l'Afrique : « Nous avons certes des ressources naturelles en Afrique tels que l'or et le pétrole mais, à l'heure des données nous ne devons pas être les derniers ».

La présentation mélodieuse de l'initiative « Open Data » de l'association Beog Neere finie par un rêve. Un rêve que Malick a tenu à partager avec toute la jeunesse africaine présente à Ouagadougou : « Rêvons d'une Afrique dans laquelle les dirigeants prennent connaissance des réalités par le biais des données ouvertes produites par les citoyens ».

Tant que l'Afrique ne sera pas capable de mesurer et évaluer son environnement, elle ne pourra pas s'offrir un lendemain meilleur.




Florent YOUZAN

jeudi, mars 26 2015

Inauguration de OuagaLab, une fabrique de l'innovation ascendante portée par la jeunesse africaine

ouagalab2.jpg

Le 21 juin 2014, la communauté,  le dénominateur commun de toute initiative durable, venait de rendre publique sa décision de financer la construction de OuagaLab, le 1er FabLab francophone d'Afrique de l'Ouest, à hauteur de 7 389. Après plusieurs mois de construction, les locaux de OuagaLab sont désormais disponibles et l'inauguration aura lieu le samedi 28 mars 2015 à Ouagadougou au Burkina-Faso. Cette inauguration sera suivie du forum Innovafrica Étape Ouaga, du 28 mars au 1er avril 2015.

Pendant donc 5 jours, la capitale des hommes intègres deviendra un pôle d'attraction des innovateurs africains autour de l'innovation sociale et de la réinvention des territoires africains par l'innovation endogène. Ils viendront du Mali, du Niger, du Bénin, du Togo, du Tchad et de la Côte d'Ivoire, pour faire ensemble ce qu'il savent mieux faire : démontrer ce que l'on peut faire avec peu de moyens grâce  aux logiciels libres. Mobilisés par la culture du Logiciel Libre qui gouverne la plupart de ces espaces d'innovation d'Afrique, ces jeunes innovateurs ont décidé de prendre leur destin en main et revendiquer une nouvelle dynamique de développement.

Plusieurs communautés sont attendues à cette fête de l'innovation : Ovillage (Côte d'Ivoire), Eyolab (Côte d'Ivoire), JerryClan CI (Côte d'Ivoire), OSM (Togo, Mali, Niger), Minodoo (Togo), WenakLab (Tchad), BloLab (Bénin), Femmes & TIC (Togo, Burkina-Faso), Mali Santé (Mali). Les 5 jours d’échanges, de partage et de transfert de compétences, s'articuleront autour des thématiques comme la cartographique numérique, le développement d'application mobile, l'agriculture 2.0, la santé, les modèles économiques du Logiciel Libre, le reconditionnement d'ordinateurs avec de la récupération, les systèmes GNU/Linux et la modélisation 3D.

Ci-dessous le programme du 28 mars au 1er avril 2015

ouagalab3.jpg


Samedi 28 mars 2015 :

16H00 : Inauguration des locaux de Ouagalab

  • Présentation de la communauté Ouagalab.
  • Présentation des différentes communautés.
  • Dîner Gala.
  • Prestation musicale de la communauté Ouagalab (BF)


Dimanche 29 Mars 2015

  • 09H00 à 12H00 : Atelier de cartographie numérique libre et Citoyenne sous OpenStreetMap
    (animé par les communautés : OSM Niger, OSM Burkina-Faso, OSM Bénin)
  • 14H00 à 18H00 : GNU/Linux Install Party
    (animé par les communautés : Alines, Fedora, Mozilla, Ouagalab, Ovillage, JerryClan CI, BloLab)


Lundi 30 Mars 2015

  • 09H00 à 10H30 : Atelier sur le développement d’application Mobile
    (animé par Florent YOUZAN, Ovillage Côte d'Ivoire)
  • 10H30 à 12H00 : Atelier sur les nouveaux usages de l’Agriculture
    (animé par les makers du OuagaLab)
  • 14H00 à 15H00 : Atelier Femmes et TIC
    (animé Diane OUEDRAOGO, Ouagalab Burkina-Faso)
  • 15H00 à 16H00 : Atelier Mali Santé et Création d’une Communauté Burkina Santé.
    (animé par Dr Tidiane BALL, DoniLab Mali)
  • 16H00 à 18H00 : Atelier Jerry Femmes & TIC.
    (animé par les communautés Ouagalab Burkina-Faso, Minodoo Togo, Wenaklab Tchad, Blolab Bénin et JerryClan Côte d'Ivoire)


Mardi 31 mars 2015

  • 09H00 -10H30 : Atelier Développement d’application mobile
    (animé par Florent YOUZAN d'Ovillage Côte d'Ivoire et Franck Arnold d'Emerginov Bénin)
  • 10H30-12H00 : Les modèles économiques du Logiciel Libre
    (animé par Florent YOUZAN, Ovillage Côte d'Ivoire)
  • 14H00 -15H00 :  Initiation à la modélisation 3D
    (animé par les makers du Ouagalab )
  • 15H00 - 17H00 : Atelier JerryDIT, Femmes et TIC.
    (animé par les commuanutés Minodoo Togo, Wenaklab Tchad, Blolab Bénin)
  • 17H00 - 18H00 : Lancement FasoMap


Mercredi 1er avril 2015

  • 09H00 – 11H00 : Atelier sur les Énergies Renouvelables
    (animé par les makers du Ouagalab )
  • 11H00 – 12H00 : Initiation à la modélisation 3D.
    (animé par les makers du Ouagalab )
  • 14H00 – 16H00 : Maping Party
    (animé par les communautés : OSM Niger, OSM Burkina-Faso, OSM Bénin)
  • 16H00 - 18H00 : Rapport d’étonnement. Échanges entre communautés.

lundi, mars 23 2015

La connaissance, la vraie, n'a d'importance que lorsqu'on la partage

mian_jerryclanci.jpg

La transition numérique continue d'imprimer une profonde mutation sur le quotidien des Africains et les outils comme le mobile, l'internet et les TIC en général donnent d'épouser un nouveau champ de réflexion pour l'éducation en Afrique. Lorsqu'elle s'adosse à la philosophie du partage, de l'entraide, de la solidarité et de la collaboration dans le transfert de savoir, l'éducation revêt une nouvelle coloration, celle de l'Éducation Ouverte encore appelée « Open Education ».


L'Open Education est l'ensemble des outils, techniques et pratiques éducatives dont le dénominateur commun est la philosophie du partage et de l'ouverture, afin d'améliorer l'accès à l'éducation. Le vecteur qui rend l'Open Education possible est le numérique et, cette chance se présente aujourd'hui à l'Afrique, qui est en train de subir visiblement une réelle transition numérique. En Afrique, l'éducation était autrement basée sur les besoins des communautés et cette éducation qui rencontre le numérique aujourd'hui doit se redéfinir et mieux affiner ses contours. Elle doit avoir une dimension axée sur les besoins des jeunes africains, tout en révélant leurs potentiels et leur génie créateur. Cette éducation ne doit plus se faire dans l'isolement mais, plutôt dans la collaboration et le partage. Amenons par l’éducation, notre jeunesse à révéler son potentiel et la réelle dimension de sa valeur intrinsèque, comme le soulignait Henry Bordeaux : « L'éducation n'est, en somme, que l'art de révéler à l'être humain le sens intime qui doit gouverner ses actes, préparer l'emploi de ses énergies et lui communiquer le goût et la force de vivre pleinement. »

Donnons la possibilité à la jeunesse africaine d'apprendre dans un esprit collaboratif et en faisant du partage de ressources et de connaissances, le socle du lendemain. Car, lorsque nous partageons des connaissances et que nous apprenons à la jeunesse africaine à s'éduquer dans la « coopetition » et non la compétition, elle développe des connaissances, des théories, des recherches et des informations sur lesquelles se bâtira l'Afrique de Demain.

L'Open Education lance les bases d'une nouvelle éducation en Afrique. Une éducation qui mobilise les énergies, consolide les intelligences et agrège les compétences, pour rebâtir un monde de Savoirs, par une démarche ouverte et participative. En se servant du numérique, les Africains pourront concevoir de grandes banques de ressources éducatives accessibles par tout le monde et cela librement. Le savoir sera désormais un bien commun accessible par tous et il n'y aura plus chez nous en Afrique une classe de la population qui aura exclusivement accès au savoir en pensant détenir le pourvoir. Gilles Lamer interpelle à ce sujet et invite à une évolution des mentalités : « La connaissance n'est pas le pouvoir, mais elle est liberté ».

Ce qui est important et que nous devons tous savoir, c'est que le peuple africain a soif de connaissance et doit apprendre pour exister car, comme le dit Rémi Belleau : « Qui manque de connaissance est sans cesse à la merci du changement ». Voici le besoin élémentaire à satisfaire. Améliorons donc, les approches éducatives en Afrique dans un esprit collaboratif, en réinstallant l'apprenant au cœur du dispositif. L'Afrique doit redéfinir le savoir comme une matière première et un bien commun. Ce savoir ne doit pas être partagé équitablement mais, de manière ouverte et libre en fonction des besoins de tous et des aspirations de chacun,  sans oublier que c'est l'une des rares matières premières inépuisables. Nous réinventerons ainsi la base de la créativité en Afrique et par les Africains, donnant un plein sens à cette citation de Sacha Boudjema : « La connaissance est la seule chose qui s'accroît lorsqu'on la partage. »


Florent YOUZAN

dimanche, février 22 2015

Après « Môh Ni Bah », neuf (09) autres projets de jeunes ivoiriens en danger

ici2014.png

« Môh Ni Bah » est une plate-forme de déclaration de naissance par SMS depuis les zones rurales en Côte d'Ivoire. Ce projet a été primé en février 2014, lors de la 4ème édition du Forum « Investir en Côte d'Ivoire 2014 », comme projet innovant, à fort potentiel de développement, avec un impact économique et Social avéré et surtout qui repose sur une réelle crédibilité économique (selon le TDR du concours) . Avec lui, neuf (09) autres projets ont été primés et, comme « Môh Ni Bah » , ces projets de jeunes entrepreneurs ivoiriens sont menacés d'étouffement !

Je vous présente le contexte !

Le gouvernement de Côte d'Ivoire a lancé du 29 janvier au 1er février 2014, la 4ème édition du Forum Investir en Côte d’Ivoire dénommée « ICI-2014 », pour redynamiser l’économie du pays. Le Forum dans la continuité du Plan National de Développement (PND) et des objectifs de promotion de l’investissement, avait pour secteurs cible l’agro-Business, les infrastructures, les énergies renouvelables et de manière transversale le développement des PME.

L'objectif du concours de Start-up qui a primé « Môh Ni Bah » et neuf (09) autres projets, était de permettre aux porteurs de projets de rencontrer des investisseurs potentiels durant le Forum ICI 2014 et de bénéficier d’un suivi post- forum.

Résultats du Concours Start-up ICI 2014 : voici les 10 lauréats

mohnibah2.png


Tous les projets primés, avaient la particularité d'avoir des porteurs ayant des compétences et/ou des capacités opérationnelles en lien avec le projet qu'ils ont développé. Un point d'honneur avait été mis sur la cohérence du projet par rapport au marché ivoirien. Les organisateurs du concours se sont engagés à offrir une visibilité continue et une promotion des différents projets primés via des séances de coaching, des introductions auprès de partenaires financiers et l'accès privilégié à un cercle de mentors.

Ma grande déception, c'est que l'un de ses projets dénommé « Môh Ni Bah » qui consiste à créer une plate-forme de déclaration de naissances via SMS ou toute autre application mobile afin de permettre aux populations en zones rurales de déclarer les naissances, vient d'être réalisé par l’État de Côte d’Ivoire en Collaboration avec Orange Côte d'Ivoire, sans aucune implication de Jean-Delmas Ehui, porteur du projet initial.

Comment l’État peut-il récompenser un projet au cours d'un Forum national et voir ce projet implémenter par Orange Côte d'Ivoire dans un silence assourdissant ?

Étant donné que l’État reconnaît que Jean-Delmas Ehui a des compétences et des capacités opérationnelles en lien avec le projet de déclaration de naissances via SMS, pourquoi c'est Orange Côte d'Ivoire qui l’implémente pour le compte de l’État ?

Est-il possible que le Centre de Promotion des Investissements en Côte d'Ivoire (CEPICI) soit mandaté par la Présidence de la république de Côte d’Ivoire pour accompagner la mise en œuvre d'un projet après un forum national et voir ce projet implémenté par Orange Côte d'Ivoire en écartant le porteur initial du projet ?

Si cette affaire reste sous silence, c'est que tous les autres projets primés lors du Forum « Investir en Côte d'Ivoire 2014 » sont en danger, purement et simplement.

Que fait donc l’État de Côte d'Ivoire ? Quelle sera l'attitude du CEPICI qui accompagne les projets des 10 jeunes entrepreneurs ivoiriens ? A quoi serviront désormais les concours de start-up, si aucune lumière n'est faite sur cette affaire « Môh Ni Bah » ?


L'histoire se répétera certainement …


Florent YOUZAN

A lire absoluement :

Affaire Môh Ni Bah, déclaration des naissances par SMS : qui a décidé d'étouffer l'innovation ascendante en Côte d'Ivoire ?

vendredi, février 20 2015

Affaire Môh Ni Bah, déclaration des naissances par SMS : qui a décidé d'étouffer l'innovation ascendante en Côte d'Ivoire ?

mohnibah.jpg

Ce billet est un hommage que je voudrais rendre à un projet dénommé « Môh Ni Bah », une plate-forme de déclaration de naissance par SMS depuis les zones rurales de la Côte d'Ivoire, initiée par des jeunes ivoiriens. Le porteur de ce projet se nomme Jean-Delmas Ehui.

C'est en Juin 2012, alors de retour du village où il a vu, le cœur meurtri, deux (02) de ses neveux en âge d'aller à l'école et qui n'étaient pas scolarisés faute d'extrait de naissance, qu'il a pensé au projet Môh Ni Bah. La situation de ses enfants qui étaient certainement destinés à un bel avenir mais qui sont obligés de se trouver un chemin en dehors du système éducatif officiel échappait à notre attention constructive. Le mal comme une tumeur se forme et s'implante sans que cela n'interpelle !

Jean-Delmas et 3 autres de ses amis décident de mettre en place une équipe de projet afin de donner corps à cette idée qui vient de naître et dont l'articulation principale était de trouver un moyen simple et accessible de déclaration de naissance depuis les zones rurales. Dans une démarche collaborative, ils structurent très rapidement le projet qu'ils soumettent au Carrefour des Possibles Afrique 2012. Le projet est retenu parmi les 10 meilleurs projets innovants d'Afrique Subsaharienne et invité à la fête de l'innovation InnovAfrica à Dakar au Sénégal en novembre 2012.

diplome1.png

A Dakar, Jean-Delmas après avoir présenté le projet à la soirée de l'innovation devant un parterre de décideurs, d'innovateurs et d'entrepreneurs, participe à une autre conférence sur l'innovation organisée par Orange Sénégal. A cette rencontre, ils discutent avec des responsables d'Orange qui lui font savoir qu'ils travaillent sur un projet similaire à Môh Ni Bah, pour la déclaration des naissances au Sénégal. Ils avaient même proposé lors de la soirée de l'innovation du Carrefour des Possibles Afrique de faire une présentation croisée, avec des retours d'expériences du Sénégal et de la Côte d'Ivoire.

De retour en Côte d'Ivoire, Jean-Delmas, porteur du projet Môh Ni Bah de déclaration de naissance par SMS est contacté par un salarié du Technocentre d'Orange d'Abidjan, afin qu'il puisse mieux exposer son projet dans le cadre d'une éventuelle collaboration. Ils se sont même accordés plusieurs rencontres dans les locaux du Technocentre d'Orange. Et Jean-Delmas a été encouragé à soumettre le projet au Concours Orange Partner Days 2013. Môh Ni Bah a été sélectionné avec d'autres projets pour être présenté à la Direction du Technocentre d'Orange. Mais avant la présentation du projet Môh Ni Bah, le Directeur a tenu à préciser que son équipe travaillait sur le même projet de déclaration de naissance au Sénégal. Jean-Delmas EHUI s'est étonné de se voir donc convié à cette présentation alors qu'un projet pareil est en cours chez Orange Sénégal ? Il lui a été signifié qu'il y avait une possibilité de collaboration.

Des jours et des nuits s’écoulent, se succèdent et s'épuisent dans l'attente d'un premier draft de proposition de collaboration. Entre-temps, le projet Môh Ni Bah est affiné, peaufiné et se bonifie d'un prototype fonctionnel aux contours plus précis. Des contacts sont multipliés avec les autorités ivoiriennes afin de lancer une phase pilote. Devant le manque de réactivité des interlocuteurs, le projet Môh Ni Bah, initie une campagne de financement participatif sur Ulule une plate-forme française de crowdfunding.  La campagne de financement n'est malheureusement pas concluante. Un soir alors que j’épluchais des voies de financement d'une phase pilote, je perçois la pression à laquelle fait face Jean-Delmas Ehui : « Je crois avoir fait tout ce qui est humainement possible ».
« … attristé mais pas abattu », selon ses propres termes, Jean-Delmas continue de donner de la visibilité à Môh Ni Bah, qui est nominé lors du Prix de la meilleure Administration numérique dans la catégorie meilleure initiative jeune, organisé par le Ministère de la Fonction Publique et de la Planification Administrative. Môh Ni Bah a ensuite été invité à Nairobi, à Windhoek et à Dubaï lors des rencontres TIC et Développement. Le Projet Môh Ni Bah a même été présenté au siège de l'ONU;


diplome2.pngEn Novembre 2013, lors du Carrefour des Possibles Afrique 2013 qui s'est ténu à Abidjan, il a été demandé à Jean-Delmas Ehui de faire un retour d'expérience sur le succès en terme de visibilité du projet Môh Ni Bah. Dans la salle, ses contacts du Technocentre d'Orange étaient présents et l'un d'entre eux a souhaité avoir une séance de travail dans le cadre d'une éventuelle collaboration. Il a donc invité Ehui Jean-Delmas à une séance de travail au cours de laquelle il a été convenu de continuer la collaboration mais Jean-Delmas devait avoir à l'esprit que les procédures en interne au Technocentre prenaient beaucoup de temps.


C'est donc dans la patience que le Projet a reçu deux (02) autres prix:

Après la dernière distinction du projet Môh Ni Bah, il s'installe un silence au relief grotesque qui semble laisser percevoir un reflet de réalisation de promesses mais en réalité se révèle être une période d'étouffement du projet.

Ainsi, depuis le silence assourdissant, et de l’État de Côte d'Ivoire qui a distingué ce projet, à plusieurs reprises par le biais de ses institutions, et du Technocentre d'Orange qui a multiplié rencontres et démos avec le porteur de projet, l'on apprend que l’opérateur de Téléphonie Mobile Orange Côte d'Ivoire accompagne désormais l’État de Côte d'Ivoire dans la mise en place d'une solution de déclaration de naissance et de décès par SMS ( voici l’article qui en parle ). Et cette mise en place, se fait loin du projet Môh Ni Bah et sans contact avec Jean-Delmas Ehui et de toute son équipe.

Ainsi, sous nos yeux et de manière subtile, l'on tente d'étouffer cette belle et jeune initiative. Je suis profondément triste pour l'avenir technologique de la Côte d'Ivoire ! Je dénonce cette attitude et de l’État et d'Orange Côte d'Ivoire. Aujourd'hui c'est Môh Ni Bah et demain ce sera quel autre projet de jeunes ivoiriens ? A qui le tour ?

Que chacun se fasse une idée de l'avenir des projets numériques jeunes en Côte d'Ivoire ...



Florent YOUZAN


Distinctions reçues par le projet Môh Ni Bah :


Quelques articles de Presse

dimanche, février 15 2015

Innovation en Afrique : Aidons les gouvernements à faire ce qu'ils doivent faire …

3presidents.JPG

L'innovation est aussi sociale et pas que technologique comme plusieurs acteurs laissent percevoir. L'innovation touche tous les secteurs d'activités et de la vie, et ainsi, ne doit pas être portée que par une élite. L'adoption d'une approche systémique dans la mise en place d'un écosystème de l'innovation doit honnêtement être envisagée. L'innovation est trop importante pour qu'elle reste la chasse gardée des scientifiques et des techniciens.

Et le citoyen dans tout cela ?

L'innovation se conjugue au pluriel ! Nous devons comprendre que l'innovation sera aussi la transformation de chaque citoyen et par induction de notre société, en bâtissant les fondements de l'innovation sur la formation et l’Éducation d'une masse critique de jeunes africains à la notion de l’innovation.

Nous devons aider les gouvernements à faire ce qu'ils doivent faire et non ce qu'ils ont envie de faire. Cette vision est parfaitement partagée par Joaquin Chissano, ancien président du Mozambique : « nous devons encourager l'art de faire les choses différemment en Afrique ». L'innovation doit être certes encadrée et favorisée par les gouvernements mais elle reste une émanation du peuple. Nous devons demander et obtenir des dirigeants, le passage de la parole d'accompagnement à l'action. Et cette action doit se fortifier par des choix stratégiques qui proviennent de l’élaboration de politiques, sur la base de l’évidence, avec des indicateurs de mesures de performance tangibles et accessibles à tous. « Nous devons recommander aux états d'organiser des secteurs fortement tournés vers l'innovation », comme le conseille le président Joaquin Chissano. Nos dirigeants ont toujours mis en avant le manque de moyen d'accompagnement mais certains gouvernements ont réussi à faire bouger les lignes rien que par la volonté. C'est le cas du gouvernement du Rwanda comme l'explique le Président Paul Kagamé : « Lorsqu’il y a la volonté, on trouve toujours les voies et les solutions ».

L'innovation, en plus d'être aussi sociale, doit s'inscrire dans une vision à long terme tout en favorisant le dialogue et la collaboration horizontale. C'est ce que le Président Paul Kamagé du Rwanda enseigne à toute l’Afrique : « nous devons faire les choses autrement, prospecter auprès des populations pour recenser les innovations endogènes capables de conduire à la transformation de l'Afrique ».

Lorsqu'un gouvernement s'engage à favoriser l’éclosion d'un écosystème favorable à l'innovation, il doit savoir s'ouvrir et faciliter des consultations au quotidien. Il doit s'ouvrir aux propositions des communautés, des leaders et même du citoyen lambda. Ces acteurs qu'ils oublient dans leur plan stratégique, ont une forte richesse constructive à communiquer et à transmettre. Ils seront les vecteurs de l'innovation adaptée et adoptée, qui répond de manière concrète aux problèmes rencontrés. La diaspora, ce regard de l’extérieur qu'on ignore souvent, saura aussi imprimer un autre regard sur nos problèmes et besoins. Les gouvernements ne gagneront rien à être renfermés dans leurs réflexions sur l'innovation parce qu'aucun de nous n'a la science infuse. « L’innovation n'est possible si nous restons fermés ... », soutient le président Jorge Carlos Fonseca du Cap-Vert.




Florent YOUZAN

- page 4 de 10 -