mardi, décembre 27 2016

Communautés libres et open source de Côte d’Ivoire, éloignez-vous du superflu !

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Je tenais à vous faire parvenir ce billet de blog car pour moi, vous faites partie de ceux qui vont adapter l’informatique de demain à nos réalités. Je ne suis plus réellement présent sur la scène des logiciels libres en Côte d’Ivoire mais cela ne m’empêche pas de suivre avec beaucoup d’attention tout ce que vous faites. Lorsque le moment viendra, lorsque nous aurons la possibilité de vous appuyer concrètement sur des actions et des initiatives précises, nous le ferons sans réfléchir.

Gardez la flamme allumée

Continuez vos rencontres autour des logiciels libres et de l’open hardware car d’ici, je sens que la fièvre est entrain de baisser. Ensemble, nous avons parcouru les quartiers, les communes d’Abidjan aussi des villes de l’intérieur de la Côte d’Ivoire. Pour certains, nous sommes allés jusqu’au delà des frontières ivoiriennes à la rencontre des communautés africaines. La flamme ne doit pas s’éteindre. Entraidez vous sur les initiatives et les projets de chacun. N’installez jamais de compétition entre vous car cela est révolu et malsain, mais il faut garder à l’esprit que vous devez vous soutenir mutuellement. N’oubliez jamais que ce qui vous manque se trouve chez celui qui est en face de vous. C’est ainsi, ensemble et simplement, que vous allez rassembler de petites pierres pour ensuite déplacer des montages.

N’oubliez pas que l’école ne réussira jamais à tout vous apprendre. Elle se contentera de vous donner les bases et c’est à vous de mettre en relief votre amour pour la formation horizontale et alternative qui a déjà offert à bien de communautés, les talents que vous savez. Que les fablabs, les tiers lieux et autres espaces de coworking continuent de demeurer vos tanières. Partagez avec les autres ce que vous savez faire le mieux, c’est ainsi que vous valoriserez vos connaissances. C’est ainsi, que vous transformerez vos savoirs en actions !

Je sais, et j’entends des gens vous dire que le logiciel libre ne vous donnera pas du boulot, ni suffisamment d’argent demain, mais dites leur que ce sont des paroles de ceux qui veulent faire le marketing des logiciels privateurs. Cela fait plusieurs années que je fais du logiciel libre et je sais ce que cela m’a apporté, je sais quelles sont les portes que j’ai réussies à ouvrir et que je continue d’ouvrir. C’est pour cela, je souhaite vous exhorter à continuer de vous former, d’apprendre les logiciels libres et de tutoyer les applications à codes ouverts. Le moment viendra où de nombreux logiciels privateurs seront obligés de s’inspirer de ce que vous connaissez, afin de réinventer leurs structures internes. Car ne l’oubliez pas, il arrivera un temps où les logiciels privateurs ne seront plus adaptés à nos réalités, encore moins à notre vie de tous les jours. C’est donc vous qui serez bientôt en ligne de mire pour faire avancer la technologie qui s’adapte et qui s’adopte.

Ré-centrez vos actions et gardez la tête froide

Je souhaite aujourd’hui attirer votre attention sur une chose très importante. Beaucoup d’initiatives et d’activités sont entrain de se faire en Côte d’Ivoire mais, gardez la tête froide. Concentrez vous sur l’essentiel. Je vois beaucoup de choses sur les réseaux sociaux. Évitez de vous éparpiller dans votre démarche de construction de votre carrière professionnelle. Concentrez vous sur des choses concrètes, sanctuarisez vos moments de partage et de formation dans vos fablabs. Prototypez vos projets et systématisez leur expérimentation. Que chacune de vos actions, s’il vous plaît, soit sanctionnée par des résultats concrets et tangibles. Faites de cela un point d’honneur. Progressez par petits pas, et savourez de petites victoires car c’est seulement ainsi que vous ferez bouger les lignes. N’hésitez pas à mettre vos projets en phase pilote même gratuitement s’il le faut, dans des institutions, des ONG, des écoles, des universités, des collectivités, des communautés. Cela vous permettra de recueillir des données et des chiffres … ceux-ci ont de la valeur monnayable demain ! Cela est un secret que je vous livre …

Je l’ai dit plus haut, je vois beaucoup trop d’activités sur les réseaux sociaux et je le répète encore, elles ne sont pas toutes faites pour vous. Conservez vos énergies créatives et gardez surtout la tête froide. Vous n’êtes en compétition avec personne et vous n’avez aucun retard à rattraper par rapport à qui que ce soit. Ce que je sais, c’est que vous avez votre avenir à co-construire ! Évitez de vous exposer. Surtout, sachez qu’on apprend rien dans le bruit ! C’est dans la tranquillité, dans la cohésion que vous allez bâtir votre carrière professionnelle. N’oubliez pas que les arbres de la forêt grandissent dans le silence. En voulant tout faire à la fois, lorsqu’on vous retrouve dans tous les événements et que vous êtes dans toutes les activités, au bout du coup vous n’aurez réussi à rien semer de durable et de constructif.

Créez votre chemin et avancez par l’expérimentation

Nous mettrons bientôt à votre disposition, ce qu’il vous faut pour avancer mais, ne regardez pas vos limites ni les difficultés. La sagesse dit : Lorsque vous arrivez dans un lieu hostile, ne cherchez pas à emprunter les chemins déjà tracés mais, tracez vous votre propre chemin. Ainsi, lorsque des personnes viendront après vous, elles diront : ici il est passé quelqu’un qui a tracé son chemin. Aussi, s’il n’existe aucun chemin, créez le votre. On sentira que quelqu’un est passé par là ! Si vous passez le clair de votre temps à passer par les chemins tracés par les autres, parce que vous fuyez les difficultés ou les obstacles, vous n’aurez été que de simples figurants dans le film de votre propre vie. Donc, créez vous un chemin sur la base de ce que vous savez faire, et n’oubliez pas que votre force c’est ceux qui sont autour de vous. Évitez aussi de rester trop longtemps dans la théorie. La théorie c’est bien mais, elle s’apprécie mieux par la pratique et l’expérimentation. Touchez du doigt ce que vous faîtes !

Je veux lancer un appel à tous les leaders et contributeurs des fablabs et tiers-lieux : documentez tout ce que vous faites dans vos espaces. Vos travaux, vos initiatives, vos applications, vos expérimentations, rendez-les publics. Vous devez être des ressources pour tous ceux qui fréquentent vos espaces et même pour toutes les personnes qui vous regardent de loin. C’est aussi une manière très simple de contribuer à votre niveau : faîtes votre part !

Les gens viendront vous voir parce qu’il y a chez vous, de la connaissance libre à partager.

Soyez forts, soyez libres …

mardi, décembre 20 2016

Utopie de l’échec : elle cherchait son chemin …

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L'échec est notre compagnon de tous les jours. Il matérialise notre existence, symbolise notre humanité, reformule nos ambitions et conditionne notre lendemain. C'est la résultante d'une action n'ayant pas abouti au résultat escompté.

Toute la société le rejette, le craint comme une peste, le déteste, et va jusqu'à l'exclure de ses projets, alors qu'il est une partie de nous, une définition de notre vécu existentiel et une claire expression de la vie qui nous gouverne.

L'échec est tellement rejeté qu'il n'est pratiquement pas enseigné à nos enfants qui, le découvrent malheureusement à leurs dépens, au coin de la rue, pendant le parcours de leur vie. Cet échec là, méconnu mais inévitable se parque à jamais dans leur mémoire et alimente désormais de manière insidieuse une vie en couleur désespoir. A la rencontre de l'échec tout le château de cartes s'écroule laissant derrière lui un goût d'amertume ? Qui sommes-nous sans échec ? Quel est le visage réel de l'échec ?

J'ai décidé de vous raconter une histoire sur un fond sonore d'échec mais, comme une mélodie créative qui fait fleurir les talents !

C'est l'histoire de Marie-Pascale, une histoire plate comme on en rencontre des dizaines chaque petit matin dans les rues des capitales africaines. Mais l'histoire que je vais vivre avec vous à travers ces lignes, se raconte avec du relief. Une histoire qui nous permet de changer de regard sur l'échec. C'est aussi l'histoire de bien de jeunes africains qui, violentés par l'échec méconnu et incompris, et intimidés par la perception des autres, sombrent pour certains dans l'absence meurtrie ou rebondissent fièrement pour d'autres comme cela fut le cas de Marie-Pascale.

Nous l'avons connue jeune, timide et devancée par son calme. Elle pousse un samedi matin les portes d'un lieu pas comme les autres que lui avait conseillé une amie. A la recherche d'un stage, elle tutoie pour la première fois comme de nombreux jeunes qui viennent à cet espace transversal, une séance de brainstorming. Détendue par la séance de discussion et d'inspiration, Marie-Pascale découvre des moments inoubliables d'échanges. Son sourire en disait long, mais c'est lorsqu'elle sera invitée à se présenter que l'histoire commence : « Je suis Marie-Pascale Bayé, je suis étudiante en gestion commerciale. Je suis venue ici sur recommandation d'une amie,  car je cherche mon chemin », a t-elle soutenu.

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Derrière ce silence et ce calme, une jeune fille menait une lutte acharnée contre des préjugés et des ondes négatives de son environnement. En fait, Marie-pascale a eu un parcours scolaire un peu compliqué, au cours duquel elle a connu des échecs. À la recherche de son chemin, elle intègre une école de gestion commerciale après le lycée. Sa formation en gestion commerciale ne sera pas aussi linéaire. Ses échecs ont donné du relief à son parcours et voilà que ce relief va permettre à cette jeune fille de rebondir et rebondir encore vers d'autres horizons. Elle commence alors un stage dans cet espace transversal qui n'est autre qu'Ovillage, un espace d'intelligence collective et d'innovation sociale. Elle commence à rencontrer des jeunes, des adultes, des entrepreneurs, des innovateurs, et surtout d'autres personnes aux parcours atypiques qui lui montrent l'autre champ des possibles. Là où fleurissent les arbres séchés à l'oeil nu pourtant tous verts d'intérieur. Elle s'intéresse à tout ce qu'elle touche dans l'espace : le blogging, l'emarketing, le community management et même les logiciels libres sur lesquels elle travaille désormais.

Marie-pascale se découvre à la faveur des Talk des passionnés de cet espace qu'elle écoute religieusement et qu'elle tutoie au quotidien et avec qui elle échange sur tous les sujets. Petit à petit, la jeune fille se découvre à elle-même ! Elle prend de l'assurance et redéfinit son avenir. Elle est promue en quelques mois de stage au poste d'assistante puis de chef de projet sur les logiciels libres à Ovillage avant de devenir l'Office manager !

Elle a désormais pris son envol. Chez nous en Afrique, on dit que les arbres de la forêt grandissent dans le silence ! Sans fanfare ni trompette, la jeune fille fait son chemin. Elle s'offre la chance de travailler sur des projets transversaux. Pour certains, elle n'a connu que l'échec, pour d'autres elle n'était pas faite pour une vie de réussite mais, une sagesse peut être enfantée par l'échec. Loin de l'ivresse de la réussite, Marie-Pascale comprend que l'absence dans son éducation de la connaissance des vertus de l'échec a failli lui coûter un temps de vie !

Marie-pascale comme bien de jeunes africains, ne connaissait pas la définition de l'échec. Elle l'a connu à ses dépens avec un froid déconcertant et c'est ce manque de définition de l'échec qui installe la jeunesse dans le culte de la culpabilité face à l'échec.

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En portant un autre regard sur ses échecs, l'Office Manager d'Ovillage s'est vue grandir par l'échec. Elle a commencé à vivre son rêve et non le rêve de ses parents, de ses amis, de ses frères et sœurs encore moins d'autrui. N'accusez jamais votre enfant d'avoir échoué quand vous lui imposez de réaliser votre rêve à vous. C'est vous qui aurez échoué !

Marie-Pascale s'est offerte un temps d'arrêt matérialisé dans un tiers-lieu libre et Open Source ; un temps d'examen et de retour sur soi. Elle a tout simplement décidé de s'offrir la chance d'arrêter d'avancer : ce qui te manque, cherche-le dans ce que tu as !

Un an après sa rencontre avec Ovillage, elle est invitée à la 4ème édition d'Algeria 2.0 à Alger en qualité de speaker. Sa communication était intitulée « la route non prise ... », un récit émouvant de sa vie et sa rencontre avec Ovillage, un espace d'intelligence collective et d'innovation sociale. Elle se définit comme un pur produit d'un tiers-lieu éducatif. Marie-Pascale a compris que l'éducation doit subir une profonde mutation pour donner une possibilité à des jeunes comme elle qui auraient pu éclore si le dispositif éducatif actuel faisant plus attention à ces personnes au parcours atypique.

La jeune fille continue de chercher son chemin, la tête froide et le discours cohérent sur la thématique de l'éducation qui est désormais son cheval de bataille. Elle occupe aujourd'hui un poste de chef de projet digital dans une agence web et s'épanouit dans un autre poste d'animatrice radio, après avoir animé plusieurs soirées de mode. L'utopie de l'échec, elle l'a vécue et domptée, et elle veut désormais inspirer d'autres jeunes filles à saisir cette citation de John Berger : « la pire erreur n'est pas dans l'échec mais, dans l'incapacité de dominer l'échec ».

A toi Marie-pascale, je voudrais dire que tu seras toujours pour moi une source d'inspiration. Je t'ai vue t'élever comme un aigle alors que pour les personnes de ton entourage, tu n'étais qu'un oiseau de basse-cour.



Photos : Divan numérique & Algeria2.0

jeudi, décembre 15 2016

L’expérimentation en Afrique : l’agilité en partage ...

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L'Agilité, encore un autre buzzword mais, que j'ai décidé de regarder depuis ma fenêtre d'africain. Il est peut-être l'heure d'en parler sous un autre angle et avec le regard que je porte sur la question. L'Afrique reste un continent dont le potentiel continue de surprendre, avec des marchés sur lesquels les utilisateurs détournent des offres, les redéfinissent et les consomment à leur manière. Sur un tel périmètre business, lorsqu'on s'engage dans la réalisation de produits et services, cela doit s'accompagner d'une politique de conduite du changement.

Les contraintes de chaque jour, rendent les besoins changeants. Hier est différent d'aujourd'hui et sera demain une autre page à piètre allure et cela se ressent clairement et profondément dans les offres qui sont obligées de s'adapter. S'adapter, reformuler, réactualiser, écouter les besoins, appréhender les consommations, comprendre les habitudes, circonscrire les volontés insoupçonnées, ... ce sont peut-être des principes simples mais, pour vivre et exister en Afrique, il faut pousser ces principes à l'extrême.

A quoi servirait l'agilité dans une entreprise africaine ?

Pourquoi les entreprises africaines ou les entreprises installées en Afrique doivent être agiles ? La question est lâchée ! La réponse est aussi courte que précise : c’est une question d’urgence et de survie.

Sur un terrain à la fois complexe et expérimental, savoir pivoter, s'adapter et se faire adopter est une démarche hautement vitale. Cela révèle, la pertinence d'avoir une démarche frugale sur des marchés certes compétitifs mais, surtout expérimentaux, tout en accueillant positivement les changements de besoins, même lorsque cela intervient tardivement. Winston Churchill disait : «Mieux vaut prendre le changement par la main avant qu'il ne nous prenne par la gorge». C'est la capacité qu'a une entreprise à se construire des indicateurs d'appréciation et de veille stratégique que lui permettent de saisir très tôt les nouvelles orientions, de capter l'évolution des usages et des besoins et prévoir au plus tôt un plan d'actions adaptées.

Souvent, nous voulons tout planifier et tout prédire. Ne perdez pas de vue que nous ne sommes pas des charlatans et à vouloir tout prédire et planifier, nous sombrons dans l'inactivité et l'immobilisme. Vous me diriez qu'il existe des bureaux d'études et de conseils pour les planifications et la prospective. Mais combien de temps mettent -ils à produire leurs études sur l'Afrique ? Ils y mettent visible du temps, de l'énergie et engouffrent de gros budgets.

Comprendre demain par l'expérimentation ?

Seulement, au lendemain de la publication de leurs études et enquêtes, les besoins des africains ont entre temps évolués ! Je l'appelle l'effet tunnel ... et cela a un coût sur lequel tout le monde observe un silence assourdissant. Voici pourquoi il faut systématiser l'expérimentation avec des démarches et des initiatives frugales et hors du cadre !

En Afrique, on vit au rythme de l'incertitude et l'instabilité. Deux compagnons de route que nous avons appris à connaître et qui nous rappellent chaque jour que nous devons sortir des sentiers battus. On ne produira jamais rien de durable dans le confort lorsqu'on tutoie le manque de données tangibles sur un marché volatil aux contours incertains. Mettre en avant la démarche agile, c'est réconcilier l'africain, le client, l'entreprise avec la productivité au sens large. Savoir s'adapter au marché africain est un mécanisme de facilitation du changement social, une quête récurrente et sans concessions, des voies d'amélioration. C'est à juste titre qu'Épictète disait : « Tout est changement, non pas pour ne plus être, mais pour devenir ce qui n'est pas encore ».

Et si l'agilité était le cœur de chaîne du dispositif d'innovation en Afrique, dans un environnement non maîtrisé ?

mercredi, décembre 14 2016

Innov'Action : Ils écrivent les codes sources ouverts de l’innovation ascendante à Bamako

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Nous sommes le matin du jour qui précède les premiers rayons de soleil de ce qui apparaît clairement d'appeler la 1ère édition de la rencontre de l'innovation ascendante et ouverte au Mali. Nous ne sommes qu'aux premières heures et de forts rayons de soleil pointent déjà à l'horizon, annonçant une journée chaude mais surtout un ciel dégagé qui permettra d'accueillir le forum Innov'Action.

A la faveur de la conférence de presse de lancement, les idées foisonnent et les articulations de ce forum propulsé par le Donilab, se consolident avec un programme qui se conjugue désormais de manière assez claire et soutenue. Les speakers sont présentés, les délégations de la sous-région sont annoncées, les thématiques sont mises en relief. Autant d'ingrédients pour permettre aux participants d'Innov'Action de démarrer la rédaction collaborative des codes sources de l'innovation sociale.

C'est la fin de la présentation de Tidiane Ball, médecin de formation, créatif et innovateur, fondateur du portail MaliSanté, co-fondateur du Donilab et entre autre catalyst du forum Innov'Action Bamako. Il a présenté le forum et déroulé le programme.  Commence alors la mise en place de tout ce qui inspirera l'environnement de cette conduite de changement que veut propulser le forum Innov'Action.

Nous sommes à Bamako, cette belle capitale du Mali, dont la jeunesse tutoie le 3eme champ des possibles qu'elle conjugue au présent avec des actions tangibles ! Et j'aperçois une fine et imposante lueur, reflet d'un espoir permis : présenter l'innovation sociale comme moteur de développement au Mali.

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Ce forum qui a été initié par des makers, est clairement un panorama d'enjeux et de solutions portés par la jeunesse de l'Afrique de l'Ouest autour de l'innovation. Et cette innovation, les jeunes africains la veulent frugale, ascendante et durable. C'est une rencontre des innovateurs, des entrepreneurs et des leaders qui ont décidé de faire les choses par eux-mêmes et de capitaliser sur leurs expériences en les transformant en savoirs et ensuite les partager librement ! Ils sont en train d'écrire une belle histoire : transformer nos expériences en savoirs et nos savoirs en actions !

Une belle semaine au cours de laquelle ces acteurs insoupçonnés qui accompagnent la transformation numérique de l’Afrique de l’Ouest, se réuniront pour explorer les nouvelles tendances, accentuer le croisement de leurs savoirs, l’agrégation de leurs connaissances et activer les leviers de création de valeurs au Mali.

C’est exactement l’endroit où il faut être pendant les 72 prochaines heures : les 16, 17 et 18 décembre 2016 ! là où se croisent les intelligences et s’entremêlent les savoirs. Là où s’écrivent librement les codes sources de l’innovation ouverte et ascendante en Afrique !




Tout savoir sur Innov’Action Bamako : site officiel

dimanche, décembre 4 2016

Le Lab Innovation et les start-ups africaines : une pollinisation inspirée au service de la croissance partagée

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Le Lab Innovation Afrique créé en février 2016 par le Groupe Société Générale à Dakar au Sénégal et qui a pour vocation de stimuler et accélérer l’innovation au sein de ses filiales d’Afrique subsaharienne, a été invité en octobre 2016, au lancement du Concours « Start-up of the Year » à Marrakech au Maroc. Pendant cette rencontre, j’ai présenté la vision du Lab Innovation sur la nouvelle dynamique de collaboration et de co-construction entre Société Générale et les start-ups africaines dans une démarche d’intelligence collective et d’open Innovation.

L’Afrique, territoire d’expérimentation

Ancré sur le territoire africain où Société Générale exprime clairement son intime connaissance du terrain, le Lab innovation veut donner un coup d’accélérateur à une approche de croissance partagée entre les start-ups et le Groupe Société Générale en Afrique, un continent sur lequel s’écrit une nouvelle histoire.

L’Afrique n’est plus le continent sur lequel il n’y a que guerres, famines et désolations. La création du Lab Innovation et surtout sa reconnaissance au cœur de l’écosystème ouvert des start-ups, est la claire lecture, que nous voulons montrer une autre facette de ce continent. Ce visage que nous voulons présenter, je l’appelle l’Afrique des valeurs, le continent des talents.

L’Afrique vit en ce moment, une profonde mutation et une profonde transformation digitale. Aujourd’hui, les africains construisent  leurs propres espaces d’innovation à l’image du Ouagalab, cet espace transversal qui a été construit par des jeunes du Burkina-Faso, qui après une campagne de financement participatif, ont bâti leur propre laboratoire de fabrication numérique (FABLAB) de leurs mains. L’heure a sonné pour que chacun de nous change de perception sur les difficultés que vivent les africains. Ce peuple, redynamisé particulièrement par sa jeunesse entreprenante, a la capacité de créer et d’avancer sous de fortes contraintes. Nous sommes sur le continent de la résilience créative.

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Notre collaboration avec les innovateurs, les start-ups, les communautés ouvertes et ascendantes de savoirs et de savoir-faire, au cœur de l’écosystème de Jokkolabs, nous offre une réelle aisance pour parler de l’écosystème des start-ups africaines. Parler aujourd’hui d’écosystèmes africains des jeunes entrepreneurs et porteurs d’initiatives innovantes, c’est descendre dans l’audacieux monde des bâtisseurs du futur, qui tutoient la réalité du présent. Ils bâtissent avec des idées puisées de leurs quotidiens, de leurs territoires et de leurs cultures.

Comme j’aime très souvent le dire : « Chaque problème d’un africain est une idée d’entreprise ». Les jeunes africains, chaque jour, forts des réalités qu’ils vivent, arrivent à convertir l’adversité quotidienne en opportunités. L’innovation en Afrique est à la fois abordable, durable et recentrée sur un produit responsable. Dans l’urgence, nous devons apprendre de cette capacité de résilience des jeunes entreprises africaines. Cela résonne pour nous, comme une urgence et un axe stratégique de développement et d’amélioration sur un territoire aussi expérimental que l’Afrique.

Parlons de notre écosystème des start-ups

L’écosystème que nous construisons se nourrit d'échanges d'énergies et d'intelligences afin d'assurer le développement d’initiatives à fortes valeurs ajoutées mutuelles. Dev Engine Labs, une start-up spécialisée dans le développement d’applications mobiles nous accompagne au Ghana dans la co-construction d’un outil de prise de ticket à distance dans les files d’attente des agences bancaires. Techlabs28, une jeune entreprise sénégalaise, travaille en intelligence avec nos équipes au Burkina-Faso pour la mise à  disposition d’une tablette spécialisée pour les chargés d’accueil. OpenSI, une start-up basée au Bénin, va très bientôt outiller nos agences au Sénégal d’une borne interactive permettant la pré-commande des opérations de base. Deux autres start-ups nous accompagnerons très prochainement dans le développement de solutions issues d’un challenge innovation interne, avec des idées de produits et services de satisfaction client portées par nos collaborateurs des filiales africaines.

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Toutes ces initiatives sont connectées via des partages d’énergies, de connaissances et d'intelligences . Ces partages se font via des couloirs naturels d'énergie, de confiance, de bienveillance et de co-construction . Je les appelle les nouveaux vaisseaux sanguins de collaboration qui irriguent la créativité de l’écosystème afin de créer de l’innovation inspirée, soutenue et ouverte.

Repensons le modèle de croissance des start-ups en Afrique en mettant en place de nouveaux piliers dans une démarche ouverte et ascendante. Systématisons l’expérimentation, il n’y a que cela qui pourra nous édifier avec des données recueillies sur le terrain. La croissance partagée est l’avenir de la collaboration entre les grands groupes comme Société Générale et les start-ups africaines. Cette collaboration doit se faire dans l’ouverture, la co-construction et la pollinisation inspirée.

Ouverture, collaboration et bienveillance : voici les clés du succès durable de notre écosystème. Soit nous survivrons en tant qu’écosystème, soit nous disparaîtrons en tant qu’initiatives individuelles et isolées.

jeudi, décembre 1 2016

Emmabuntüs, a distro for all seasons

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Emmabuntüs is an Ubuntu (and now Debian) based distribution (distro) designed for lower-spec hardware and suitable for users of all ages. The project is based in France, where donated machines are refurbished by volunteers and sold at bargain prices to raise funds. But it’s also part of a bigger picture, being allied with all kinds of charity work around the world, particularly in Africa. We spent some time with lead developer Patrick to find out more.

Linux Format: Let’s talk about the charity side of things first, tell me about the history of the Emmaüs communities, how they’ve grown, where they are etc?

Patrick d’Emmabuntüs: The Emmaüs movement was initiated in 1949 by a catholic priest named Abbé Pierre (although the movement has no religious affiliation), who really wanted to put solidarity into action in helping “those who suffer most” and also being “the voice of those without a voice” .

You will find more historical information on the Emmaüs-International website (History Of Emmaus). The official Emmaüs France association was officially created in 1985 to regroup and somewhat unify the various flavours of the Emmaüs movement. As of today, this association federates 240 communities across the entire world, among which 115 are located in France for historical reasons. These communities are living, working and welcoming places cemented by social solidarity, and they are functioning thanks to the collecting and recycling work of the Emmaüs companions.

These people (around 4,000 in France today) are usually homeless people hosted unconditionally and for an unlimited duration. The main activity of these communities is to receive donations from individuals (furniture, clothes, ornaments, bicycles and computers etc) to repair them if necessary and resale them to the public.

LXF: How did you get involved with them?

P d’E: As far as I am concerned, I started to help as a volunteer in the computer refurbishing activity of the Emmaüs community of Neuilly-Plaisance in May 2010. I started by developing a set of scripts to handle the software installs in Windows XP, making sure we didn’t mess around with the original Windows license.

After that, I noticed that the majority of the PCs were donated without a hard drive, so I had the idea of creating a script to install free software and a Dock on a Ubuntu Distribution, in line with the scripts developed for Windows XP. I presented this work at the Ubuntu-party 10.10 in Paris; I wanted to increase the awareness of other people to the necessity of:

  • Developing and promoting a free distribution well suited for the refurbishing of the machines in the Emmaüs communities.

  • Help these communities to refurbish and sell these PCs to beginners without any previous knowledge about Linux distributions.

  • Reduce all waste generated by the over-consumption of raw materials, by extending the hardware lifetime.

During this Ubuntu-party, I had the chance to meet Gérard and Hervé. They convinced me to create an ISO image dedicated to installations without an internet connection, and they had the idea of calling it ‘Emmabuntüs’, a portmanteau obviously made of Emmaüs and Ubuntu.

After that, David Rochelet and Morgan Duarte joined the core of the actual Emmabuntüs Collective. They are responsible for publishing Emmabuntüs respectively on Sourceforge and on Freetorrent. The first version of Emmabuntüs, based on Ubuntu 10.04, was released on the March, 29 2011.

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mardi, novembre 15 2016

Free software: a springboard for digital technology in Africa?

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From the GNU Manifesto to free software

From 1983 to 1985, Dr Richard Stallman, writing in the “GNU Manifesto”, outlined his vision for developing a Unix-style operating system with an open source code.

He publicly expressed his motivations in the following terms: “I consider that the golden rule requires that if I like a program I must share it with other people who like it. Software sellers want to divide the users and conquer them, making each user agree not to share with others. I refuse to break solidarity with other users in this way. I cannot in good conscience sign a nondisclosure agreement or a software license agreement. […] So that I can continue to use computers without dishonor, I have decided to put together a sufficient body of free software so that I will be able to get along without any software that is not free.” 

Today, the free software movement has spread beyond the boundaries of Richard Stallman's city through communities of contributors whose knowledge and expertise continue to address specific problems around the world. Using software for any purpose, studying how it works, modifying it while adapting it to our usage needs and redistributing it to the entire community are the foundations of free software, which restores the central place of users in information technology.

Thus we are entering a new era, of information technology that is not imposed on users, communities or cultures. We are writing momentous chapters in the history of information technology, and digital technology in general, which is about providing profound solutions to the need for inclusive development and innovation. We are now talking about information technology which is adaptable and adoptable.


(Re)humanising our information technology for Guinea and Africa

It is now time to (re)humanise information technology and rebuild solidarity among people through digital technology, so that African issues can be solved by Africans, in Africa, with African expertise.

Everyone is asking a fundamental question. Can free software be a springboard for digital technology in Africa?

Today, the free software movement goes beyond information technology itself. We talk a lot more about freedom as an overarching concept than free software alone. This enables us to take free software out of the laboratories, hackerspaces and other “makerspaces”, to show ordinary citizens that free software and the free software movement can provide a blueprint for development in various parts of Africa, including Guinea.

In Africa, we continue to invest a lot of money into education, as this is something we remain committed to. As Nelson Mandela said, “Education is the most powerful weapon which you can use to change the world.” With this in mind, it would be pertinent to educate and train Africa's young people in a strategic way, empowering them with free knowledge that they can utilise to plan and take stronger action at their own initiative.

In order to train excellent application developers in Africa, African students must have the opportunity to access the source codes of existing software so they can study how they operate. Reviewing codes written by highly skilled developers will enable Africa's youth to gain skills and acquire expertise.

Giving Guinean youth access to free software will strengthen our continent, which suffers from a “double digital divide” when it comes to digital technology. Combining the free software movement with Guinea's youth will produce “made in Guinea” technical experts at our universities with the expertise to resolve Africa's challenges with an African perspective, combining a mix of skills, independence, openness, clarity, sharing, accessibility and collaboration.

We must not prohibit pupils and students at our African universities from sharing software source codes, making copies of software, sharing or helping one another. Unfortunately, this is what we see in many software agreements used on our campuses. African youth are taught division. They are educated to work and learn separately and individually, yet ironically, after obtaining their degrees, we ask them to work collaboratively at companies. If our society needs collective intelligence to survive, we need to teach it and make it our new currency.


African students have experienced starting from zero.

Free software that is accessible and open to all without restriction will allow us to rapidly prototype business ideas based on components of open and modifiable source codes. Let's give each young African the opportunity to create their own job!

These days, free software is everywhere in our daily lives. Spanning free digital mapping, value-added services in mobile telephony, SMS and mobile applications, collaborative platforms, collective intelligence systems, open electronic and open hadware, low-tech home automation, remote irrigation via SMS, land management through online participatory democracy platforms, telemedicine and more, nothing is beyond reach. Our vision of development needs to change now, and urgently. We need to shift our focus to digital inclusion.

Young Africans have already created applications from scratch using free software, and this should inspire us and inspire other young people in Guinea to take action.

The free software movement has given rise to horizontal training methods: learning together through experimentation. During these peer-to-peer learning sessions, participants learn to enhance their skills, but do so collectively. Each training session introduces a new aspect, so that the learner, rather than simply receiving knowledge, gets to share their experience, offer their commitment, present their skills and put them to use for the benefit of others. This is the kind of approach we need to promote and democratise in Guinea.

Another way to stimulate the development of digital technology is by making data publicly available, which will enable the free software movement to take root; in other words, Open Data. Public data must be easily and freely accessible and reusable. Not only is providing data to the public a legal obligation, it also represents a gold mine of invaluable opportunities.

Our African capitals, including Conakry, are evolving within a complex environment driven by a constant need to adapt through the improved application of technologies. And trying out new approaches, far removed from the weaknesses of the industrial model, the overconsumption of resources, the generation of waste and tools disconnected from the needs of users, is also a development focus for Africa.

dimanche, octobre 2 2016

CinetPay : souvent, des contraintes, naissent les plus belles histoires et des opportunités.

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Il était une fois CinetPay ! Souvent, des contraintes, naissent les plus belles histoires et des opportunités. CinetPay est l’histoire de deux jeunes africains, qui après avoir crée un site de vente de noms de domaine des pays africains (www.vename.ci), ont été confrontés aux problèmes d’intégration des moyens de paiement adaptés aux réalités africaines.

N’ayant pas la possibilité de créer un compte Paypal, car le pays dans lequel ils vivent, la Côte d’Ivoire, était encore sur la liste noire de Daniel Schulman, ils sollicitent l’aide d’une de leurs cousines qui vit en Suisse et qui leur crée un compte business sur PayPal. Après l’intégration du moyen de paiement par PayPal sur leur site de vente de noms de domaine, ils découvrent à leurs dépens, la triste réalité : les cartes de crédit et l’utilisation des comptes PayPal ne sont pas monnaies courantes en Afrique.

Au cœur de cette insuffisance, va naître une folle idée qui donne aux 2 jeunes entrepreneurs de percevoir un brin d’abondance dans cet inquiétant faible taux de bancarisation des africains. Là où certains se seraient limités aux difficultés de l’utilisation des cartes de crédit, ces jeunes décident de capitaliser sur le paiement mobile dont la vulgarisation est matérialisée par le grand nombre de comptes Mobile Money actifs en Afrique. Ils décident alors de mettre en place une solution de paiement mobile à base du mobile money qui agrégera l’ensemble des moyens de paiement mobile money disponibles en Afrique. Quelle audace ?

Leurs premières actions furent de rencontrer les opérateurs de téléphonie mobile en Côte d’Ivoire, avec qui, ils ont idéé, prototypé, consolidé les points de vue et les usages et enfin lancé le brief produit de ce que sera CinetPay, l’agrégateur de tous les systèmes mobile money disponibles en Afrique. C’est le début pour ces jeunes, du e-Commerce intégré et de la véritable économie numérique à l ‘africaine et en Afrique.

mob-phne-pc.pngLes concepteurs de CinetPay, ne comptent plus leurs heures de travail. Ils enchaînent des journées pleines à parfaire leur solution de paiement qui intègre aujourd’hui les 3 plus gros opérateurs mobile money en Côte d’Ivoire (Orange Money, MTN Mobile money et Moov money). Dans la capitale ivoirienne, de très grosses têtes de lice intègrent CinetPay à leurs sites marchands, e-services, magasins et boutiques. Vous l’aurez sans doute compris, CinetPay a désormais quitté le starting-block. Plus de 200 marchands, dont Afribaba.ci un site d’annonces disponible sur 7 pays africains, l’OIPSMS le carnet de santé numérique en Côte d’Ivoire, freudon.com un site de crowdfunding américain et fratmatdigital.ci la version en ligne du journal officiel de Côte d’Ivoire, éprouvent CinetPay pendant plusieurs mois avant de l’épouser. C’est le début de la reconnaissance du travail abattu par les startupers, violentés dès les premiers jours par le faible taux de bancarisation des africains. Ils ont su rebondir et présentent aujourd’hui une fière allure après avoir remporté le prix Tony Elumelu 2016 et bénéficié du sponsoring du Fonds d’intégration de Prestashop pour le développement d’un module Prestashop de paiement basé sur CinetPay.

Beau début de parcours, mais surtout toute une histoire qui se laisse raconter avec passion quand l’innovation n’est plus seulement définie par la complexité de la solution mais surtout par la simplicité et la capacité pour la solution à changer la réalité des utilisateurs. CinetPay a su rejoindre cette citation de Joahnn Wolfgang Van Goethe : « Quoi que tu rêves d’entreprendre, commence-le. L’audace a du génie, du pouvoir, de la magie ». Il fut un jour où germa l’idée de CinetPay … et un jour où le manque de ressources devint une source d’émancipation pour deux jeunes entrepreneurs.


Source
: Fonds Francophone pour l'Innovation numérique

vendredi, septembre 9 2016

Julie Owono: «L'Internet gratuit de Facebook n’est pas une aubaine pour l’Afrique»

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C'est l'un des hommes les plus influents et les plus riches du monde. La semaine dernière, Mark Zuckerberg, le PDG de Facebook, a fait sa première tournée en Afrique. Il s'est arrêté au Nigeria et au Kenya. Officiellement, il est venu à la rencontre des startup africaines. Mais en réalité, le jeune tycoon américain vise un milliard de nouveaux clients. Explications de l'avocate Julie Owono, du bureau Afrique de l'ONG «Internet sans frontières». Elle répond aux questions de RFI.

RFI : Pourquoi cette première tournée africaine de Mark Zuckerberg ?

Julie Owono : La tournée africaine de Mark Zuckerberg coïncide certainement avec son objectif et son projet actuel qui est celui de participer à la connectivité du prochain milliard d’internautes du monde à travers notamment son service, le service de sa société Free Basics qu’on appelle aussi Internet.org. L’idée de ce service est de fournir internet gratuitement aux plus démunis de la terre, ce qui parait de prime abord excellent et très louable. Pourtant nous pensons que l’enfer est pavé de bonnes intentions et dans le cas de Free Basics il y a au moins deux tromperies sur lesquelles il faut insister. La première c’est que Facebook ne propose pas un accès gratuit à internet à travers Free Basics, c’est à dire un accès à tout le savoir créé et constitué par l’humanité jusqu’à présent, mais simplement à Facebook, d’une part, et surtout à d’autres sites de base que Facebook aura présélectionné. La deuxième chose sur laquelle nous pensons qu’il y a tromperie, c’est évidemment la question de la gratuité. Il y a un adage bien connu qui dit que si un produit est gratuit, c’est que c’est vous la marchandise. Et en l’occurrence, effectivement, la question des données personnelles de ceux qui utilisent Free Basics se pose. Quand vous souscrivez ce service-là, vous acceptez que Facebook partage vos données personnelles avec des tiers. Or, on ne sait pas qui sont ces tiers. Tout ceci concourt à dire qu’évidemment, Free Basics n’est pas une bonne aubaine pour les pays africains. Et d’ailleurs, on se souvient que plus tôt cette année cette même proposition avait été refusée par le gouvernement indien, après que celui-ci ait été convaincu par une note des membres de la société civile, qui se sont tous accordée à dire qu’aussi bien sur le point de la vie privée - les données personnelles - que sur la question de la neutralité du net, c’est-à-dire le fait de ne pas choisir quel contenu sera délivré à un utilisateur d’internet, sur ces deux points-là l’entreprise Facebook ne proposait pas un service qui corresponde à l’architecture et à la philosophie d’internet.

Alors je crois que sur ce fameux produit Free Basics, qui est censé être gratuit, les produits Google comme YouTube ne sont pas gratuits. C’est ça ?

Ce qui n’est absolument pas surprenant puisque Google et Facebook se mènent une guerre commerciale en ce moment sur le continent africain, qui est effectivement le continent où l’on espère facilement connecter le prochain milliard.

Vous dites que Facebook et Mark Zuckerberg veulent obtenir les données personnelles d’un milliard de nouveaux internautes africains, sans doute de partager ces données personnelles avec des annonceurs publicitaires, mais est-ce que Facebook et Zuckerberg ne font pas déjà cela pour des centaines de millions d’Américains et d’Européens ?

Oui, mais en Europe par exemple, désormais il y a eu un règlement européen qui prévoit, qui impose à ces entreprises-là – en tout cas, ça a été l’objet de discussions – que les données personnelles des Européens soient stockées dans des serveurs qui sont situés dans l’Union européenne. C’est la première chose. Et la deuxième chose c’est que l’Union européenne impose à ces opérateurs économiques américains de respecter la législation en vigueur sur la protection des données personnelles. C’est ce même mouvement-là qui devrait être impulsé sur le continent africain et qui malheureusement n’existe pas pour l’instant puisque toutes ces entreprises-là viennent, signent des contrats, rencontrent les chefs d’Etat comme ce fut le cas de monsieur Zuckerberg avec monsieur Buhari, le président du Nigéria, sans qu’à aucun moment ces questions-là ne soient posées. Or, la question des données personnelles ce n’est pas simplement une question qui concerne l’individu. Ça concerne l’Etat dans son ensemble et ça concerne in fine des questions de souveraineté. Quand vous laissez à une entreprise privée le pouvoir de savoir ce que vos citoyens pensent, ce qu’ils mangent, où ils vont, avec qui, pourquoi… Vous imaginez bien le pouvoir que ça donne à une entreprise privée, qui de fait se retrouve beaucoup plus puissante que l’Etat.

Lire la suite sur RFI

mardi, juillet 5 2016

Montpel’libre : La Libellule de la Liberté, de l’Égalité à la Fraternité

Huit années à tisser sa toile au-delà de ses frontières, à diffuser des idées sur l’informatique, la technique, le social grâce à sa paire d’antennes ; une paire d’yeux pour percer les mystères du monde qui l’entoure afin de mieux le servir ; deux paires d’ailes pour mieux couvrir le monde grâce aux cartoparties sur l’accessibilité et l’humanitaire ; trois paires de pattes pour mieux s’agripper à ses objectifs de diffusion de l’informatique libre et pour mieux tenir prise face aux difficultés qu’elle rencontre : telle est constituée notre Libellule Montpel’libre.

En 2008, les logiciels libres connaissent une croissance exponentielle. De plus en plus de personnes, d’entreprises et d’institutions l’adoptent. De plus en plus d’évènements autour du libre voient le jour à travers le monde, dans le but de promouvoir et défendre les intérêts des logiciels libres. Car il faut le dire, les choses n’ont pas toujours été roses pour ces défenseurs.

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Afin d’asseoir une très large liberté d’emploi de ces logiciels libres, une égalité d’usage et une fraternité qui permet de mettre en lien tout le monde, l’association Montpel’libre voit le jour le 02 décembre 2008. Depuis lors, l’association qui compte 25 membres actifs, 65 membres participants et une pléiade de volontaires ne cesse de se battre pour valoriser ces biens communs que sont les logiciels libres.

Toutefois, l’association s’intéresse également à des thèmes tout aussi importants tels que l’économie sociale et solidaire, l’innovation sociale et numérique, le développement durable, d’où la grande diversité de ses adhérents : Montpel’libristes débutants, dessinateurs, juristes, randonneurs, jardiniers. Cette diversité prouve que l’association n’est pas qu’un réseau d’informaticiens et de geeks et constitue ainsi une grande richesse pour elle.

La solidarité qui se dégage entre les partisans du monde numérique en général et les Montpel’libristes en particulier se fait encore plus ressentir ces derniers jours avec le soutien inconditionnel apporté à l’un des leurs, CELLOU DIALLO, bénévole actif ayant participé à l’organisation de plusieurs évènements pour Montpel’libre et différentes associations. On a pu voir tous ces partisans du libre et du regroupement social et solidaire se mettre ensemble tel un troupeau d’antilopes pour défendre l’un des leurs, afin que ce dernier puisse sortir des mailles de la justice et que l’OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français) qui pèse sur lui soit relevée. D’ailleurs, une pétition circule afin que Cellou Diallo soit libéré et régularisé.

Lire la suite de l'article sur le Blog du Collectif Emmabuntu

vendredi, juillet 1 2016

e-Commerce : Pourquoi Cdiscount ferme au Sénégal et au Cameroun ?

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Cdiscount vient de fermer ses sites au Sénégal et au Cameroun. La nouvelle est tombée sans surprendre quelques acteurs de l’écosystème numérique africain. J’ai donc posé la question suivante : quelles ont été les erreurs de Cdiscount ? le réseau de micro-blogging Twitter m’a permis de recueillir des contributions pertinentes que j’ai décidé de consolider dans cet article de blog.

L’entreprise Cdiscount s’est positionnée sur le marché du commerce électronique en Afrique, peut-être avec la subtile conviction que l’e-commerce se consomme localement et ne saurait s’inventer de l’extérieur. Alors pourquoi et comment, est-on arrivé à la fermeture simultanée de deux sites de Cdiscount ?

Des contributeurs vous parlent …

Cdiscount n’était pas prêt en s’installant sur le marché africain. Ils n’ont pas fait une étude du marché qu’ils adressaient et ont exporté les processus occidentaux, qu’ils ont voulu imposer au marché africain. Le marché était nouveau pour eux, ils ont adopté une stratégie qui n’a pas fonctionné, et ils auraient pu s’adapter et changer rapidement leur approche. Et cela en mode agile, tout en s’adaptant continuellement au marché africain. Cdiscount dans sa stratégie n’a peut-être pas pris la peine d’éduquer les utilisateurs afin que ceux-ci deviennent des consommateurs avec une voix, des usages, des directives, des actions et des contributions sur lesquelles capitaliser. Ils n’ont pas réussi à bâtir une communauté de « consomm'acteurs », exactement comme ils ont raté l’invention du e-commerce africain en tenant compte des contraintes de bancarisation, de prepaid, de logistique. Le tout couronné d’une reproduction de ce qui a fonctionné ailleurs, sans prendre la peine de s’assurer du matching.

Le commerce électronique fait partie des services numériques qui abordent en Afrique un marché récent mais qui doivent s’inspirer des usages acquis sur un territoire identifié par ses habitudes et surtout sa culture. Voilà pourquoi il est nécessaire d’embrasser le marché africain de manière méthodologique, car il a y des étapes à respecter comme « l’éducation des utilisateurs ». C’est la difficulté du business, et le pari que prend chaque entrepreneur, et dans ce nouveau marché digital.

C’est sûr que Cdiscount a analysé le marché africain avant de se lancer, mais il faut dans ce genre de situation savoir quand et comment modifier et adapter le Business Model au plus vite. Cdiscount n’a peut-être pas percuté qu’il fallait pivoter au moment donné. Même si leur analyse s’est basée sur leurs réussites précédentes, ils auraient dû comprendre la nécessite de pivoter au plus vite. Aussi, dans la fermeture des sites de Cdiscount au Sénégal et au Cameroun, il y a aussi eu une impatience de leur part. Ces marchés prennent du temps pour être conquis.

Nous sommes sans ignorer que Cdiscount sache s’adapter mais la compétitivité du marché les a peut être contraint à fermer boutique, car il faut faire du chiffre pour se maintenir. Cela révèle du coup, la pertinence d’avoir une démarche frugale sur des marchés certes compétitifs mais surtout expérimentaux. Dans la réalité, l’adaptation de Cdiscount ne se percevait pas. Ils avaient pourtant tous les ingrédients du succès mais présentaient le symptôme des grands groupes. L’agilité n’est pas possible pour tous, en particulier les grands groupes. Pivoter, être agile, c’est bien beau, mais ce n’est pas toujours facile lorsqu’on est un grand groupe. Ces géants au pied d’argile sur les nouveaux marchés expérimentaux. Ce qu’une start-up peut faire, les grands groupes ne le peuvent pas nécessairement. Ils ont des process qui ont fait leur preuve et qu’ils trouvent plus facile de dupliquer. Mais aujourd’hui, ils se heurtent à la réalité du terrain, surtout dans les services de détails. Voilà pourquoi, ils se rapprochent des start-ups et investissent en elles, sachant qu’elles sont plus agiles et cela est une belle approche !

Dans un marché de services, si changer devient une urgence pour vous, c’est qu’il est trop tard pour votre transition.

Merci aux contributeurs qui n’épousent pas forcement certains paragraphes de cet article …


Contributeurs :

mardi, mai 24 2016

Le logiciel libre, un levier d'émergence pour le numérique en Afrique ?

Ce message, je l'avais prévu pour la jeunesse de Guinée à la faveur de la semaine du numérique qui s'est tenue du 16 au 21 mai 2016. Je n'ai pas pu en fin de compte faire le déplacement pour communier avec cette jeunesse , valeur de l'Afrique, qui est aujourd'hui en train d'inventer ses propres usages du numérique.  J'ai donc décidé de publier ce message  sur mon blog.

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Du manifeste GNU au Logiciel Libre ...

Entre 1983 et 1985, le Docteur Richard Stallman, consignait dans le manifeste du GNU, son projet de développer un système d'exploitation de type Unix, dont le code source serait ouvert.

Il a publiquement exposé ses motivations en ces termes : « Je considère comme règle d’or mon devoir de partager un programme que j’aime avec les autres gens qui l’aiment. Les éditeurs de logiciels veulent diviser et conquérir les utilisateurs, interdisant à chacun de partager avec les autres. Je refuse de rompre la solidarité. Je ne peux pas, en mon âme et conscience, signer un accord de non-divulgation ou une licence de logiciels. […] Pour continuer à utiliser les ordinateurs en accord avec ma conscience, j’ai décidé de rassembler un ensemble suffisant de logiciels libres pour me débrouiller sans logiciels non libres. »

Aujourd'hui, le mouvement du logiciel libre à dépasser les frontières de la ville de Richard Stallman, avec des communautés de contributeurs dont le savoir et les savoir-faire continuent d'adresser des problématiques spécifiques dans le monde. Utiliser le logiciel pour tous les usages, étudier son fonctionnement, le modifier tout en l'adaptant à nos usages et le redistribuer à toute la communauté sont les fondements du logiciel libre qui réinstalle l'utilisateur au cœur de l'informatique.

Nous entrons ainsi dans une nouvelle ère, celle de l'informatique qui ne s'impose pas à l'utilisateur, ni aux collectivités encore moins à la culture des peuples. Nous écrivons en lettres d'or l'histoire de l'informatique et en général du numérique qui répond de manière profonde à des besoins de développement et d'innovation inclusifs. Nous parlons désormais de l'informatique qui s'adapte et s'adopte.

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(Re)Humanisons notre informatique pour la Guinée et pour l'Afrique

Il donc temps que nous (re)humanisons l'informatique et (re)solidarisons les peuples par le numérique, afin de répondre aux questions des africains par les africains et cela en Afrique avec des compétences africaines.

Tout le monde se pose une question fondamentale. Le logiciel libre constitue t-il un levier d’émergence pour le numérique en Afrique ?

La culture du logiciel libre va aujourd’hui au-délà même de l'informatique. Nous parlons beaucoup plus du Libre plutôt que de logiciel libre. Cela nous permet de sortir le Logiciel Libre des laboratoires, des hackerspace et autres makerspace, pour  montrer au citoyen ordinaire que le Logiciel Libre et la culture du Libre donnent une certaine prédisposition pour le développement des différents territoires africains, donc de la Guinée.

En Afrique, nous continuons d’investir beaucoup d’argent dans l’éducation car nous y tenons. Comme le disait Nelson Mandela : « L’Éducation est l’arme la plus fatale pour changer le monde ». Il est donc pertinent d’éduquer et de former la jeunesse africaine de façon stratégique afin qu’elle soit détentrice d’un savoir libre, afin qu’à partir de ce savoir elle puisse prévoir pour mieux agir par elle même.

Pour former de très bons développeurs d’applications en Afrique, les étudiants africains doivent avoir la possibilité d’accéder aux codes sources des logiciels existants afin d’étudier leur fonctionnement. La relecture des codes rédigés par de très bons développeurs permettra à la jeunesse africaine de monter en compétences et d’acquérir des savoir-faire.

Le Logiciel Libre aux mains de la jeunesse guinéenne fortifiera notre continent l'Afrique qui souffre de sa double fracture numérique. La conjugaison de la culture du Libre et de la jeunesse guinéenne produira dans nos universités, des technocrates « made in Guinée » rompus à la résolution des difficultés de l’Afrique avec le regard africain dans un cocktail de compétences, d’indépendance, d’ouverture, de démystification, de partage, d’accessibilité et de collaboration.

On ne doit pas interdire aux élèves et étudiants de nos universités africaines de partager les codes sources de logiciels, de faire des copies des logiciels, de les partager et de s’entraider. C’est malheureusement ce que nous observons dans bien de contrats des logiciels utilisés sur nos campus. Les jeunes africains sont formés dans la division, ils sont éduqués à travailler et apprendre séparément dans l’individualité mais paradoxalement après leurs diplômes, on les réinvite à travailler en collaboration en entreprise. Si notre société doit survivre par l'intelligence collective, nous devons alors l'enseigner et en faire notre nouvelle monnaie.

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Des jeunes africains ont fait l’expérience de partir de zéro ...

Le Logiciel Libre accessible et ouvert à tous sans aucune restriction permet de prototyper rapidement des idées d’entreprise en se basant sur des briques de codes sources ouverts et modifiables. Donnons la possibilité à chaque jeune africain de créer son travail !

Les logiciels libres inondent aujourd'hui notre quotidien : la cartographie numérique libre, les services à valeur ajoutée dans la téléphonie mobile, les applications SMS et mobiles, les plate-formes de collaboration, les systèmes d'intelligence collective, l'électronique ouverte, la domotique low-tech, la télé-irrigation via sms, la gestion des territoires via des plate-formes de démocratie participative en ligne, la télémedecine, … rien n'est en marge. Notre vision du développement doit changer maintenant et de manière urgente. Nous devons nous tourner vers une dynamique d'inclusion numérique.

Les jeunes en Afrique ont déjà crée des applications from scratch avec l'appui des logiciels libres et cela doit nous inspirer et inspirer d'autres jeunes en Guinée à passer à l'action.

La culture du logiciel libre a développé des types de formations appelées des formations horizontales : apprendre ensemble par l'expérimentation. Pendant ces séances d'apprentissage entre pairs, les participants apprennent à monter en compétences individuellement mais ensemble. Chacune de ces formations, présente un autre aspect de l’apprentissage où l’apprenant au lieu de seulement recevoir du savoir, il partage son expérience, offre son dévouement, présente et met ses compétences au service des autres. C'est cela l'approche que nous devons favoriser et démocratiser en Guinée.

Une autre approche pour l’émergence du numérique est l'ouverture des données que rend possible la culture du logiciel libre : l'Open Data. Les données publiques doivent simplement et librement être accessibles et réutilisables, car la mise à disposition des données publiques est une obligation légale mais aussi et surtout une mine d'or et de possibilités inestimables.

Nos capitales africaines, dont Conakry, évoluent dans un environnement complexe alimenté par un besoin constant d'adaptation par une meilleure appropriation des technologies et essayer de nouvelles orientations loin des faiblesses du modèle industriel, la surconsommation de ressources et la génération de déchets et d'outils déconnectés des besoins des utilisateurs, est aussi un axe de développement de l'Afrique.

jeudi, avril 14 2016

Bonnes Pratiques pour animer un espace de Coworking

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En Janvier 2012, en marge de la rencontre des acteurs de l'internet Autrans 2012, nous avons effectué une rencontre en ligne sur les bonnes pratiques pour animer un espace de Coworking. Quatre (4) ans après, les récommandations que nous avons co-rédigées, continuent de résonner à mes oreilles comme des commandements. J'ai donc décidé ce matin de les publier à nouveau. La première version avait déjà été publiée sur le blog du réseau Afriworkers.


Recettes (accueil, règles communes, animations)

Les recettes dont les grands traits restent l'accueil, les règles communes et l'animation proprement dite, ont été le premier sujet abordé. Il ressort des échanges que les premiers ingrédients sont la convivialité, la construction collective et la bienveillance. Tout projet d'espace de coworking passe nécessairement par l'édification d'une communauté. Il faut d'abord s'occuper de la communauté avant de s'occuper de l'espace en lui-même. L'organisation des événements, des rencontres, des conférences et aussi d'excellentes compagnes publicitaires permettent de bâtir une communauté autour du projet d'espace de Coworking en identifiant les centres intérêts. Les « success stories » de quelques espaces de coworking doivent idéalement servir d'exemples pour une meilleure orientation. L'accueil des coworkers dans l'espace de coworking doit susciter une attention particulière. Ce volet pourrait même être confié à une cellule d'accueil, de prise en charge et d'orientation des nouveaux membres.

Réussites / échecs : Les trucs à éviter

C'est vrai que chaque projet d'espace de Coworking se nourrit des réalités du territoire d'accueil mais il est clairement prouvé que certaines règles restent communes. Voici quelques règles évoquées lors des échanges pour réussir son projet d'espace de Coworking :

  • Se lancer à l'eau et apprendre à nager. Il est conseillé de commencer petit et gravir les échelons en ayant en visuel les succès de quelques espaces de Coworking

  • Tout doit s'établir sur la base de proposition et non d'imposition stricte aux coworkers. Cela n'exclut pas la mise en place d'un guide du coworker renfermant les règles d'usage et les habitudes de l'espace

  • Toujours réserver un temps de partage de compétences, d'expériences pour permettre réellement à la communauté de mieux s'exprimer

  • Des litiges peuvent intervenir entre des coworkers. L'esprit communautaire exige que tous les coworkers s'impliquent dans le règlement de ce diffèrent. Chaque coworker, membre de l'espace devient un facilitateur

  • Le succès des espaces de Coworking est basé sur l'esprit de collaboration et non de compétition. On aspire plus à un partage d'expérience, de connaissance et une mutualisation des compétences.

Les échecs des espaces de Coworking proviennent du fait de ne pas se lancer. La peur d'échouer mène naturellement à l'échec. Une autre cause de l'échec est de croire qu'il est simple de collaborer et de partager. Le partage, la collaboration et la mutualisation demandent du temps, de la patience, de l'engagement et du don de soi.

Un facteur de durabilité du Coworking est la mise en place d'une politique de survie.

Les rôles des membres et intelligence collective

Le dénominateur commun de tous les espaces de coworking est la communauté. Une communauté forte et vivante bâtie sur une intelligence participative et collective. Le membre est désormais celui-là même qui concilie son propre développement et celui de sa communauté (intérêts communs, croisés et liés). En plus d'être l'ambassadeur de sa communauté en allant à la rencontre des territoires et des entreprises, le membre n'est plus un client mais une intelligence qui participe tant à la vie économique que sociale de l'espace de coworking. Ce qui fait de lui un potentiel animateur de la communauté selon son domaine de compétences, son expertise et son expérience.

C'est ainsi que l'espace de Coworking gardera pendant longtemps sa réelle valeur ajoutée.

mercredi, avril 6 2016

OceaneApps : Une plate-forme libre de révision des leçons par SMS

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Vous n'arrivez pas à suivre les révisions scolaires de votre enfant ? Vous n'êtes peut-être jamais là, mais vous voulez pouvoir offrir des Questions à Choix Multiples (QCM) à votre enfant pour l'aider à réviser ses leçons de classe ? Avez-vous déjà pensé à mettre à la disposition de vos élèves un outil numérique de révision continue et interactive de leurs leçons de classe ?

J'ai moi aussi été confronté à cette situation difficile, alors l'idée m'est venue de développer OceanceApps, un outil de suivi hebdomadaire des révisions des cours pour les élèves du primaire.

OceaneApps est un ensemble d'outils et de briques de logiciels libres qui permet aux élèves des classes du primaire de réviser leurs leçons par le biais de messages SMS. Il fonctionne avec un vieil ordinateur (idéalement un RaspBerry Pi), un téléphone 2G ( idéalement une clé 3G) qui fait office de modem GSM, une carte SIM et un peu de crédit d'appel ou un pack de SMS.

OceaneApps veut répondre à une question très simple : et si le téléphone portable devenait un outil d'apprentissage autonome pour les élèves ? Et si le téléphone se transformait en cahier de révision des leçons et notions apprises au cours de la journée ou de la semaine en classe ?

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Muni d'une carte SIM logé dans un modem GSM qui est branché à l'ordinateur de la classe ou de l'école primaire, OceaneApps peut être utilisé avec n'importe quel opérateur de téléphonie mobile local. L'élève pourra utiliser le téléphone portable de ses parents pour effectuer ses révisions quotidiennes. La révision est élaborée chaque semaine et déclenchée par l'envoi d'un mot clé START * 16 par SMS au numéro de téléphone rattaché à la carte SIM du système et qui déclenche la révision de la semaine N°16 du programme de cours de l'élève. Les questions sont à choix multiples, puisées d’une leçon et pré-enregistrées dans le système par l'enseignant ou les parents de l’élève (si le système est adopté chez vous à domicile). L'élève répond à chaque question et reçoit la réponse du système via un SMS en retour.

Le système OceaneApps lui signale automatiquement si sa réponse est correcte ou incorrecte, envoie la réponse correcte par SMS, et ainsi de suite jusqu'à ce que l'élève épuise toutes les questions retenues pour la semaine N°16. En fin d'évaluation, l'élève reçoit un message court (SMS) qui lui donne sa note et des orientations sur les notions à revoir. A n'importe quel moment, l'élève peut réviser ses leçons et autant de fois qu'il le souhaite et cela de manière autonome. L'enseignant qui modère la plate-forme peut apprécier chaque jour les évaluations effectuées par ses élèves et éventuellement suivre  leurs évolutions au fil des heures, des jours et des mois.

Ce qui est intéressant, c’est que  tout ce système fonctionne sans connexion internet et essentiellement avec des logiciels libres. Il peut être implémenté dans n'importe quelle école qui bénéficie d'une couverture GSM et d'une source d'alimentation électrique. OceaneApps n'utilise que le réseau GSM et se présente comme un outil favorable pour les zones reculées de l'Afrique qui ne bénéficient pas encore de connexion internet.

Florent YOUZAN

Crédit Photo : http://i.huffpost.com

dimanche, mars 27 2016

Hacking de l’hôtel de Paris : Société Générale expose sa stratégie de collaboration avec les startups africaines

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L’hôtel de ville de Paris a abrité le 24 mars 2016, le hacking de Hôtel de Ville qui a enregistré la participation de plusieurs startups. L'un des moments forts de cette journée dédiée à la créativité et à l'innovation était le Reverse Business Pitch.

Le concept du reverse Business Pitch est très simple : Startups et grandes entreprises inversent leurs rôles, le temps d'une session unique de pitchs inversés au cours de laquelle chaque grand groupe a eu 7 minutes pour présenter ses stratégies et objectifs de collaborations commerciales avec les jeunes entreprises.

J'ai donc eu l'honneur aux cotés de Aymeril Hoang, Directeur Innovation Groupe de Société Générale, de me prêter à cet exercice en qualité de responsable du Lab Innovation Afrique Société Générale.

Ci-dessous la teneur de mon message.

Il se passe quelque chose en Afrique ...

Les éléments d’environnements et les facteurs clés de succès présentés par Aymeril sont aussi valables en Afrique. Quelque chose est en train de se passer en Afrique. L'Afrique n'est plus le continent sur lequel il n'y a que la guerre et la famine. Hier, on parlait de transition numérique, et aujourd'hui le continent est en train de subir une transformation sociale par la technologie et le numérique.

Au cœur des difficultés qu'ils vivent chaque jour, les africains sont en train de trouver leurs propres manières de consommer la banque. Et pour ne pas se retrouver en marge de cette ascendance, il est nécessaire d'inventer une banque différente en complément de la banque traditionnelle. Le très faible taux de bancarisation en Afrique parle à l'attention créative et constructive du Groupe Société Générale.

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Les africains ont pour la plupart accédé au numérique par le mobile et il est désormais le terminal le plus accessible. Chaque jour ils tutoient des usages inspirés de besoins réels et identifiés, et bien de startups africaines adressent des usages nouveaux. D’où la nécessité pour nous de travailler avec l’écosystème des startups africaines. Cela se révèle véritablement stratégique pour le Groupe Société Générale qui a décidé en toute bienveillance et dans une démarche humble et agile de comprendre et de cerner de manière pertinente les nouveaux besoins et usages afin d’imaginer et de développer les solutions les plus appropriés.

C'est ce qui a amené le Groupe à adopter une approche résolument inclusive de l'écosystème dans sa stratégie d'innovation sur le continent.

Le Lab Innovation Afrique : un pont entre le groupe Société Générale et l'écosystème des startups africaines

Un Laboratoire d'Innovation Afrique totalement indépendant des filiales de la banque a été crée à Dakar au Sénégal. Ce laboratoire qui interagit avec toute l'Afrique subsaharienne est implanté au sein d'un tiers-lieu d'innovation reconnu sur le continent, à savoir Jokkolabs. Le pilotage du Lab est assuré par des compétences essentiellement issues de l’écosystème et externes à la banque. Une claire démonstration de notre approche s'est manifestée par l'organisation en février 2016, d'un Hackathon à l'échelle du continent sur le thème « Ensemble, réinventons l'expérience client en agence », et dont les 3 équipes gagnantes, au-delà des prix, verront leurs solutions développées au sein de 3 filiales du Groupe.

En Afrique, on dit « si tu veux aller vite, marche seul, mais si tu veux aller loin marche avec les autres ». Le groupe Société Générale a décidé d'aller loin et cela se fera avec les startups africaines.

mardi, mars 22 2016

Avec THOT, pour une solidarité 2.0

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Dans ce monde, chaque individu accède à internet et possède toutes les compétences numériques nécessaires pour avoir un fort impact sur son milieu social et économique. Chaque individu est conscient de l’impact écologique que représentent les 60 millions de tonnes annuelles de déchets électroniques pour notre planète et décide de recycler pour préserver et assainir son environnement. Dans ce monde il existe une parfaite égalité entre les riches et les pauvres et entre les “natifs numériques” et les “immigrants numériques” dans l’usage et l’accès aux TIC … Ce monde ne quittera peut-être jamais le domaine du rêve pour devenir réalité …

Mais en vérité, ce monde n’est-il qu’une utopie ?

Depuis 2011, le Collectif Emmabuntüs a mis sur pied sa distribution GNU/Linux nommée Emmabuntüs dans le but de simplifier le reconditionnement des ordinateurs usagés donnés aux associations humanitaires. Son but premier est de prolonger la durée de vie du matériel électronique afin d’en réduire considérablement le gaspillage. Pour rappel, 10% seulement des déchets sont recyclés.

Dans cette même démarche, des structures ( Trira (TRI Rhône-Alpes), OSITECH, etc)et des associations (Les PC de l’Espoir, Atelier solidaire de Saint-Ouen, Association La Ruche, Eisenia, …), réemploient des ordinateurs et les font fonctionner en partie sous Emmabuntüs, marquant ainsi leur soutien au Collectif Emmabuntüs.

En Septembre 2014, une nouvelle association dénommée THOT Cis voit le jour à Binic, dans les Côtes-d’Armor avec pour objectif principal : équiper chacun d’un ordinateur. Partant du constat que certaines couches défavorisées de la société n’ont pas facilement (voire pas du tout) accès à internet et/ou n’ont jamais touché à un ordinateur, il s’agit ici de donner l’opportunité à ceux ayant peu de moyens financiers, d’avoir du matériel informatique à leur portée pour qu’ils puissent eux aussi communiquer, s’informer et accéder au savoir. Le champ d’action de l’association s’étend à l’implantation de l’e-inclusion, la réduction de la fracture numérique et la protection de l’environnement.

Lire la suite de cet article sur le site du Collectif Emmabuntus

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